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morca

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Au bout du labyrinthe

Philip K. Dick


Au bout du labyrinthe
Traduction : Alain Dorémieux
Illustration : Tibor Csernus
Titre original : A maze of death
Première parution : 1970

 Pour la présente édition :

Editeur : J'ai lu
ISBN : 2-277-11774-9

   

Avec ce livre de 1970, Dick enfonce un peu plus le clou du mysticisme. Et pour poursuivre l'image, on sait qu'il finira par s'y crucifier. On ne peut pas dire de "Au bout du labyrinthe" qu'il s'agisse d'un des meilleurs Dick... Certes, l'auteur est inégal, on le sait. Oui, dans chaque roman Dickien, il y a des passages mémorables, des inventions délirantes. Celui-ci ne fait pas exception. Mais cependant, en fait de délire, Dick n'est sans doute pas au mieux de sa forme. Il se questionne beaucoup dans ses années sur son écriture. Dick veut faire autre chose. Cette interrogation lui avait permis d'écrire Ubik, sur lequel il jette pourtant un regard critique. Elle lui a fait commettre deux romans de moindre importance coup sur coup : "Message de Frolix-8" et "Au bout du labyrinthe".
Comme l'annonce le quatrième de couverture, des scientifiques sont appelés en mission sur Delmak-O. Planète étrange, changeante, habité par des créatures organiques et/ou électroniques, où un batiment apparaît, disparaît et paraît engendrer des duplicatas miniatures de lui-même, Delmak-O est un monde bien Dickien où vous ne savez pas si le sol va se dérober à chaque pas supplémentaire. Le groupe ne sait pas pourquoi il est là, et, qui plus est, il ne peut pas repartir. Sale situation, donc, d'autant que ce groupe n'est pas des plus soudés... Ce qui ne va rien arranger lorsque les membres vont disparaître un à un...

Dressons un bilan mitigé :
- "Au bout du labyrinthe" convoque les thèmes Dickiens, tout comme Ubik le faisait. Mais avec nettement moins de brio. Je ne dis pas avec une médiocrité totale, n'exagérons pas ! Dick met cependant le doigt sur le versant religieux, par l'intermédiaire d'une religion "inventée", qui sent quand même le collage de religions bien réelles celles-ci. J'avoue avoir autant de mal avec les crises mystiques qu'avec les crises hystériques (qui peuvent se confondre d'ailleurs ;). L'idée de dieux quasiment prouvés scientifiquement, à qui l'on adresse des prières avec technologies appropriées a des côtés exotiques, mais aurait pu connaître un meilleur traitement. Il n'en reste pas moins que ce parti pris renforce beaucoup l'impression d'étrangeté qui règne sur la planète changeante qu'est Delmak-O.
Et puis, Dick, finalement, va conclure de manière ambigue. Comme si, en matière de religion, il hésitait encore à s'y noyer complètement.
- "Au bout du labyrinthe" dresse un monde qui par en morceaux. Et encore une fois, Dick nous emmène dans un cauchemar de plus en plus sombre. Bien moins réussi que Ubik, il n'en reste pas moins que j'ai lu le roman d'une traite, sans tenter de m'y soustraire. Il y a des pages apocalyptiques. Il y a des idées que je n'oublierais pas, comme ces coccinelles armées de caméras vidéos. Alors, non pas que le roman soit totalement raté, mais peut-être que, parce que c'est Dick, se sent-on le droit d'en demander beaucoup plus.
- La fin me parait totalement artificielle. Certes, après coup, on revalorise tout le roman depuis le départ. On comprend mieux pourquoi ce monde était si bancal, pourquoi c'était un groupe de scientifiques, pourquoi il ne pouvait pas repartir... Mais la pirouette est un peu grossière... Cher Dick, en travaillant un peu plus, tu aurais presque pu tomber au niveau de "je me suis réveillé, ce n'était qu'un rêve...". Bon, j'exagère un max, mais... mais il y a aussi le coup de théâtre dans le coup de théâtre, la chute qui renverse la chute qui renversait le roman, et là, avec le mysticisme en sus, je dis non...

Alors, jetterais-je ce livre à la poubelle... ??? Jamais de la vie...!!! Pourquoi :
- Parce que Dick est autant (voire plus) l'auteur d'une oeuvre complète que l'auteur d'un livre en particulier. Et que celui-ci est un jalon sur le chemin Dickien.
- Parce que ce roman recelle quelques bons moments, et qu'il garde une atmosphere dickienne, un parfum de cauchemar que je veux pouvoir humer de temps à autres (je veux dire, un vrai cauchemar, pas celui qu'on peut faire en regardant les actualités... :)




Après huit ans d'attente, Seth Morley reçoit son autorisation de transfert sur la planète Delmak-O. Il s'y retrouve en compagnie d'une douzaine d'autres personnes originaires de tous les points de la galaxie. Chacune représente une discipline scientifique différente mais nul n'est là pour les recevoir ni pour leur dire quel genre de travail on attend d'eux.
Qui plus est, la planète est changeante et le paysage se déforme sans arrêt. Les colons aperçoivent parfois un édifice qui, à d'autres moments, s'évanouit. Ailleurs, ils croisent de grosses coccinelles portant des caméras sur leur dos !
Mais la situation devient véritablement dramatique lorsqu'une sorte de folie homicide s'empare de certains membres de la communauté. N'ont-ils été envoyés sur Delmak-O que pour y périr... ?



La critique de 73 de Dorémieux, le traducteur himself : youpi !
http://www.noosfere.com/heberg/Le_ParaDick/articles/critiqueAD0373.html

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Critique enregistrée le 21 décembre 2004 à 12h43

Science-fiction

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fantastique

, fantasy : Culture SF, toutes les littératures de l'imaginaire

© Culture SF 2003 / 2009 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 13 mars 2009

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