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morca

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A rebrousse-temps

Philip K. Dick


A rebrousse-temps
Traduction : Michel Deutsch
Illustration : Tibor Csernus
Titre original : Counter-clock world
Première parution : 1967

 Pour la présente édition :

Editeur : J'ai lu

   

L'histoire :
Nous sommes en 1998. Le monde est profondément modifié par l'effet Hobart (du nom du scientifique qui avait prévu l'événement) : le temps s'est inversé.
Bon d'accord, Dick ne va pas jusqu'à renverser le monde. On ne marche pas en arrière. On ne parle pas à l'envers. Seul certains mécanismes se trouvent bouleversés...
Imaginez : les morts sortent des tombes, pour vivre une vie à rebrousse-temps. Redevenant enfants, ils finiront par réintégrer une matrice. On ne mange pas on régurgite. On ne fume pas, on expire de la fumée pour reconstituer un cigare. Et, bien sûr, on dit "au revoir" en rencontrant quelqu'un et "bonjour" en le quittant.

Bien sûr, le plus étonnant ce sont ces gens qui ressuscitent.

Et d'ailleurs, c'est bientôt l'heure pour l'Anarque Peak de revenir d'entre les morts.

Qui est l'Anarque Peak ? Un des leaders religieux les plus marquants. Le créateur de l'Udi, pensée religieuse, devenue, depuis sa mort, une religion dirigée vers la communauté noire (Dick, qui écrit sous le coup des émeutes de watt en 65, anticipe un partage géo-ethnique des usa).
Le petit vitarium de Sebastian a repéré la tombe de Peak. Il s'attend, c'est son boulot, à pouvoir l'exhumer sous peu. Une bonne opération, car on vend le ressuscité au plus offrant. Et ça risque de chiffrer gros.
Quoique...
Le cas de Peak n'est pas habituel. Des problèmes moraux et éthiques entrent en compte. Et nombreux sont ceux qui risquent de tirer la couverture :
Ray Roberts, nouveau leader de l'Udi, qui pourrait bien voir très mal le retour d'un Peak prêt à l'évincer.
Une bibliothèque (dont le rôle est de désécrire le savoir, de le rendre à son statut de feuille blanche - idée marrante aussi) qui risque de mal prendre les nouvelles thèses religieuses que ne manquera pas de pondre l'Anarque.
Et que dire de Rome ?
Un beau noeud de vipères, surtout si s'ajoutent, entre protagonistes, les déboires sentimentaux.

Avis :
un traitement original du thème temporel qui aurait pu, et pourrait encore, être plus développé, tant on peut en tirer nombre de situations et de sous-thèmes.
Un livre assez classique, pourrait-on dire, à qui les qualités hallucinatoires dont sait faire preuve l'auteur font, peut-être, ici un peu défaut.
Parsemé de références bibliques ou de citations de philosophes chrétiens, Dick poursuit dans sa quête mystique, plantant, avec l'Anarque Peak, une énième mouture du sauveur, plutôt sympa celui-là (à côté d'un prédécesseur de renom : Eldritch).
Intrigue à rebondissement, cousue main.
Bref, un livre honorable, pour un Dick qui va bientôt écrire Blade Runner et Ubik...




"C'était ce qu'il aimait le moins dans son travail : les cris des morts. Il détestait ces appels qu'il avait si souvent entendus.

Nous sommes en 1998 et le sens du temps s'est inversé. Les morts les plus récents ressuscitent en premier, les autres suivront. le vieillard deviendra un adulte, l'adulte accède à l'adolescence et le bébé réintègre le sein maternel.

C'est dans cet univers dément que l'Anarque Peak va revenir à la vie. L'Anarque qui, en son temps, fut chef religieux de millions de noir américains qu'il poussa à la révolte (un peu exagéré, ça, ou j'ai raté un paragraphe...).

Son retour imminent suscite l'espoir, passion, haine, selon les cas. Pour Sebastian Hermes, directeur d'un vitarium, entreprise qui s'occupe du retour à la vie des morts, la possession du corps de l'Anarque Peak devient bientôt le début d'un cauchemar sanglant.

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Critique enregistrée le 11 octobre 2005 à 11h15     (mise à jour le 18/10/2005 à 12h51)

Science-fiction

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© Culture SF 2003 / 2009 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 13 mars 2009

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