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LeGaidol

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12/05/2005
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L'ultime rivage

Ursula Le Guin


L'ultime rivage
Traduction : Françoise Maillet, Michel Lee Landa
Illustration : Wojtek Siudmak
Première parution : 1968

 Pour la présente édition :

Editeur : Presses Pocket
ISBN : 2-266-02348-9

   

De plusieurs lieux différents parviennent à Roke des rumeurs inquiétantes. A l’Ouest, les dragons semblent avoir oublié le langage sacré et s’entretuent. Du lointain sud et du Nord-ouest, on colporte la nouvelle que la magie s’est perdue et que les habitants vivent dépourvus de toute joie de vivre. Pour l’Archimage Ged, le temps est venu de faire face à son destin quitte à l’accomplir jusqu’aux portes de la mort. Il est accompagné par le porteur de mauvaises nouvelles, un jeune homme nommé Arren, dans lequel il perçoit un grand destin.



Apprendre à mourir.
« Ecoute-moi Arren. Tu mourras. Tu ne vivras pas toujours ; ni toi, ni personne, ni aucune chose. Rien n’est immortel. Mais il n’y a qu’à nous qu’il est donné de savoir que nous devons mourir. Et c’est un don précieux : c’est la chance d’être soi-même. Car nous ne possédons que ce que nous savons que nous devons perdre, ce que nous acceptons de perdre. »
Avec ce troisième livre le lecteur fait un bond d’une quinzaine d’année dans le temps. Ged est désormais Archimage, le plus important personnage de Terremer. Cependant, une fois de plus, Ursula Le Guin déplace le point de vue en plaçant au centre du récit un jeune homme, Arren, appelé à jouer un grand rôle. Une fois de plus, c’est l’équilibre de l’univers qui est menacé, équilibre entre les vivants et les morts cette fois-ci. En effet, il semble qu’un mage, utilisant la sapience des sorciers de Paln* , ait bouleversé l’harmonie de Terremer. Seule solution pour rétablir l’équilibre : s’aventurer au-delà de l’ultime rivage, celui de la vie, situé à l’extrême ouest, afin de pénétrer dans la contrée aride, le pays des ténèbres, résidence des défunts pour l’éternité.

Les enfants de la Mer ouverte.
Les pérégrinations de Ged et de son jeune compagnon les amènent à rencontrer un peuple singulier de Terremer. Dans notre contexte on serait tenté de parler de peuple premier puisque les enfants de la Mer ouverte vivent en symbiose complète avec le milieu marin. Vivant hors de l’Histoire, ce peuple laisse les courants maritimes décider de son destin. Il ignore la magie des mots, tire l’essentiel de sa subsistance de l’océan et ne débarque que très rarement afin de couper les arbres nécessaires à la construction de ses radeaux. Ged les qualifie d’innocents c’est-à-dire d’étrangers au mal. Cependant s’il ne les condamne pas, il n’envie pas pour autant leur situation car même si il y a dans l’innocence de la force pour le bien, il n’y en a pas contre le mal. Leur vie est plaisante, si l’on apprécie le poisson cru, mais non dépourvu de risque. Le séjour des deux amis en la compagnie de ce peuple constitue juste une pause réconfortante non un idéal enviable.


La terre aride.
Reprenant leur traque du péril menaçant l’équilibre du monde, Ged et Arren se rendent ensuite à l’extrême ouest et au cours de leur cheminement ils constatent que les dragons sont également touchés. Le dragon et le langage du dragon ne font qu’un. Ceux-ci savent le Vrai Langage dès leur naissance. La perte des vrais mots est donc un désastre. En conséquence Orm Embar, un des plus puissants dragons, s’allie aux deux hommes afin de détruire leur ennemi commun, un mage dévoyé du nom de Cygne qui finit par se dévoiler sur la dernière île de l’Ouest, Selidor*. Le sacrifice d’Orm Embar permet à Ged et Arren de s’aventurer au-delà de l’ultime rivage dans la contrée des morts.
Cette terre ténébreuse est l’exact contraire de Terremer. Aride et désolée, elle est délimitée par un mur arrivant aux genoux qu’il suffit d’enjamber pour y pénétrer. Seul un mage peut le faire en esprit car nul ne peut revenir vivant de cette contrée. L’herbe y est desséchée, la poussière étouffante car aucun vent ne souffle, et l’obscurité, à peine atténuée par des étoiles immobiles, est implacable. Dans les villes silencieuses, les ombres des morts errent sans se parler délivrées de la peur, de la souffrance, de la colère et du désir mais dépourvues également d’espoir et d’amour. Ici la mort n’est pas l’oubli, la corruption des chairs ou le paradis. C’est la non-vie.
C’est en ce lieu que s’est réfugié le mage Cygne qui usant de la sapience de Paln a ouvert une voie vers l’immortalité. Mais en se privant de la mort, Cygne s’est privé de la vie. Il a ouvert un néant qui menace de tout engloutir. L’équilibre doit être impérativement rétablit.

Notes :
* Paln : La sapience de Paln tire son nom d’une île sur laquelle des magiciens ont à la fois usé du pouvoir des puissances anciennes, pouvoir considéré comme ténébreux, et de la magie du Vrai Langage afin de conquérir l’immortalité.
*Selidor : île sur laquelle le héros Erreth-Akbe affronta jadis un autre dragon.


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Critique enregistrée le 16 décembre 2005 à 10h18

Science-fiction

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