Dans ce roman, Brunner s'essaie au fantastique. Je dirais même au réalisme magique puisque ce roman -- modulo quelques éléments de magie vaudou -- est plus proche de la littérature blanche que de l'imaginaire. Nous y suivons le parcours de Mark, de retour à Londres en quête de sens, et confronté par maladresse à des manipulations politico-racistes entre pro et anti apartheid.
Du coup, ce petit roman recoupe un peu des thématiques de L'orbite déchiquetée (pour les conséquenses du racisme chez les bourreaux comme chez ses victimes et des modes de pensées qu'il imprime chez les deux) ; mais néanmoins, plus dans la veine de La ville est un échiquier, en moins fouillis cependant (les complots, les luttes de communautés...) ; où comploteurs et magies noire et blanche se mêlent allègrement. D'ailleurs, côté ambiance et style littéraire, ce roman se rapproche beaucoup du Jeu de la possession dont il reprend l'idée d'un enchantement du monde discret seulement perceptible par des initiés.
Un Brunner mineur, très agréable à lire, et aussi intéressant par sa réflexion sur la manière dont ont certains de profiter de la crédulité populaire en utilisant le surnaturel -- réel ou fantasmé -- comme levier de pourvoir et de domination.
Je ne peux que le conseiller.












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