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vda

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Nova

Samuel Delany


Nova
Traduction : Michel Deutsch
Illustration : Christopher Foss
Première parution : 1968

 Pour la présente édition :

Editeur : J'ai lu

   

Sur Enfer3, le Capitaine Lorq Von Ray, que défigure une spectaculaire cicatrice, recrute au pied levé un équipage fait de bric et de broc avec des navigants présents à ce moment-là sur les quais. Ces hommes et femme viennent de régions de l’espace différentes. La Souris, ce très jeune homme toujours accompagné de sa syringe, tout comme Katin, futur romancier, sont issus du Dragon, espace originel de l’espèce humaine. L’un est né sur la Terre, l’autre sur la Lune. Les jumeaux Lynceos et Idas viennent des Colonies Extérieures. L’un est noir de peau, l’autre sans pigmentation. Leurs mots s’entremêlent jusqu’à former une parole unie. Le capitaine, Sebastian et sa compagne Tyÿ; ont vu le jour dans les Pléïades, lesquelles se sont défaites de la tutelle du Dragon.
Il est étrange, inquiétant, ce capitaine qui recrute tout un équipage comme on lance une paire de dés. Ses expressions faciales sont illisibles, brouillées par la balafre récoltée à une fête parisienne. Son but est énigmatique, monstrueux, plonger au cœur d’une étoile, mais dans quelle fin ?
Ses ennemis ne sont pas moins monstrueux. Ce Prince Red, riche au-delà des lois, auteur de la cicatrice, marqué lui aussi dans sa chair. Ruby, la sœur de Prince Red, belle et dévouée à son infirme de frère. Ils incarnent la puissance du Dragon, peut-être aussi une certaine décadence, tout comme Lorq, rejeton d’une des plus importantes familles des Pléïades, est l’image du mouvement.

Les lignes de force du roman sont imbriquées les unes aux autres avec maestria. La démesure de Lorq et de Prince Red vue par les yeux des autres personnages est le soleil qui éclaire la civilisation humaine éployée à travers mille étoiles et planètes. Cette humanité qui a essaimé dans l’espace est unie par sa maîtrise des machines, une maîtrise qui fait de la machine un prolongement de l’homme. Principaux ou secondaires, les personnages que fait évoluer Samuel Delany sont soumis à leurs obsessions intimes, lesquelles soutendent leurs actions et réactions, des courants marins sous la surface des êtres.
Le roman dans le roman est introduit par le personnage de Katin. Cet amoureux des lunes ne se déplace jamais sans son enregistreur . Les quelques notes préparatoires auquel le lecteur de Nova a accès, sur plusieurs centaines, dévoilent, par bribes et de manière incomplète, la complexité de l’univers dans lequel Delany à placé son intrigue façon western. La complexité d’un monde et une forme propre au mythe mis en abyme par un roman en préparation, dont le sujet non arrêté évolue en fonction des évolutions de l’intrigue.
Du très grand roman de science-fiction. De ceux dont on sait à la lecture, qu’il faudra y revenir. Pour le plaisir de la relecture, pour le plaisir de nouvelles découvertes.

Le foisonnement de Nova ne se prête pas à l'énumération, et c'est une des qualités du roman que de ne pas se donner au lecteur. Ce sont des éclairs d’informations qui permettent d'appréhender les rites et les rythmes d’un monde étranger où l’homme demeure. C’est un voyage au sens baudelairien.

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rhythme de la lame
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns joyeux de fuir une patrie infâme ;
D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,
La Circée tyrannique aux dangereux parfums.




Samuel Delany est né le 1er avril 1942 à Harlem. Très tôt il écrivit des poèmes et des nouvelles, puis, à 19 ans, son premier roman. Il a épousé la poétesse Marilyn Hacker. C’est un des plus doués des jeunes écrivains de sa génération.

Lorsqu’une étoile explose, elle devient une nova. Une prodigieuse alchimie élabore en son cœur un métal dense, l’illyrion, indispensable à la propulsion des astronefs.
Autrefois, l’illyrion se fabriquait artificiellement ; maintenant, au XXXe siècle, les étoiles jeunes, qui recèlent de l’illyrion en quantité infimes, sont transformées en Colonies Extérieures. Aussi Lorq Von Ray, héritier des Pléïades, projette-t-il de plonger dans une nova au moment de son explosion. La quantité prodigieuse d’illyrion qu’il pourrait ramener déciderait de la suprématie économique et politique des Pléïades face à la Terre.
Mais ne désire-t-il pas surtout conquérir la trop belle Ruby, sœur de Prince Red ?
Entre Lorq Von Ray et Prince Red, magnat de la Terre, s’engage une lutte à mort.

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Critique enregistrée le 20 avril 2007 à 23h47     (mise à jour le 23/04/2007 à 18h53)

Science-fiction

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