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RE : Les racines du mal
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10/12/2005 à 20h36
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C'est grâce à la chronique de Zomver que j'ai lu ce livre et je l'en remercie.
Même s'il est loin d'emporter ma totale adhésion, j'ai apprécié de m'interroger sur "la nature quantique de la conscience".
Ce bougre de Dantec étant sujet à polémique (et les polémiques étant à la mode ces temps-ci), je vais tenter d'argumenter un tant soit peu mon propos.
(Je m'excuse par avance auprès de TOUKO; j'ai appris qu'il n'aimait pas les longs posts...)
Personnages
Les "gentils":
Darquandier, le héros, m'a bien plu; son impulsivité le rend attachant et évite la froideur qu'auraient pu lui conférer les hautes sphères intellectuelles dans lesquelles il gravite.
Svetlana, la belle psychiâtre russe, m'a paru bien trop en retrait, comme un faire-valoir pour le héros, et une amourette possible.
Gombrowitz, le vieux sage qui ne s'en laisse pas compter, m'a plu car, malgré son expérience et sa renommée, ce personnage n'est pas envahissant.
La neuromatrice de Darquandier. Cette Intelligence Artificielle participe à des nombreux dialogues, toujours importants, et ses variations d'"humeur" et de personnalité(s), si elles sont parfois téléphonées, sont assez variées pour en faire un personnage intéressant, et sans nul doute original dans le cadre d'un polar.
Les "méchants":
Schaltzmann, le psychopathe halluciné, promet beaucoup dans un genre dégoutant et dérangeant; mais comme il est quasi absent d'une bonne partie (centrale) de l'histoire, il m'a semblé inabouti. De plus, j'ai trouvé ses rapports avec sa mère, bigotte et persécutrice, caricaturaux.
Docteur Carbonel, le médecin totalement imbu de sa personne. Une caricature, certes, mais qu'on aime à détester.
Les autres tueurs. Tant qu'ils ne m'ont pas été montrés, ils m'ont intrigué; par la suite, l'aspect fascination/répulsion a reflué. Peut-être est-ce le lot des tueurs en série d'être moins grands qu'ils ne se rêvent (qu'on les cauchemardent?).
Le style
J'ai regretté que trop de chapitres s'ouvrent sur les sempiternelles descriptionsdu panorama ou présentation de la météo, et aussi que les fins de paragraphes du genre "Je croyais avoir vu le pire. J'étais loin du compte.", mais c'est de bonne guerre.
L'utilisation des majuscules et des tirets ne m'a paru toujours pertinente; au moins a-t-elle été plus discrete que je ne le craignai.
Pour le reste, j'ai trouvé l'écriture plutôt correcte et dynamique.
La progression de l'intrigue
J'ai eu du mal avec la première partie, que j'ai trouvé bien longue. Le genre horreur/gore a ce handicap qu'une fois les premiers directs à l'estomac encaissés on tombe dans une habituation au mordide (C'est horrible... encore...). Sans doute est-ce une sorte de mécanisme de défense.
Les deux parties suivantes, malgré quelques longueurs, m'ont plus plu car y sont introduits plus d'aspects science-fictifs.
J'ai plus peiné à lire la dernière partie (je dois avouer que ma limite "naturelle" pour un roman est de 400 pages alors 750...) qui m'est apparue plus conventionnelle sur le plan du polar malgré l'évènement final.
Les thèmes
Le chaos.
Ce qui m'a le plus intéressé, surtout par les pistes de réflexion que cela ouvrait hors-lecture.
L'intelligence artificielle.
Une touche de cyberpunk dans le polar, loin des maîtres du genre mais plaisant.
Le Mal.
Schizophrénie meurtrière. Sadisme. Snuff-movies. Fascination du nazisme.
Pris séparèment, assez convenus; ensemble, ça ne fonctionne guère mieux pour moi (il est vrai que beaucoup se recoupent.).
Au final
Le mélange de genres m'a diverti par rapport au polar traditionnel, certains aspects scientifiques ou philosophiques m'ont fait réfléchir, mais l'intrigue ne m'a pas suffisament embarqué et le final m'a un peu déçu.
Les racines du mal m'a un peu fait l'effet d'une montagne qui accouche d'une souris.
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 "Je déteste les discussions, elles vous font parfois changer d'avis."
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RE : Les racines du mal
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11/12/2005 à 16h23
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Merci pour cet avis fort intéressant, Jim.
| | | | | | Jim :
J'ai regretté que trop de chapitres s'ouvrent sur les sempiternelles descriptionsdu panorama ou présentation de la météo |
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Grâce à toi, j’ai réouvert ce livre.
J’ai relu une description de panorama que j’avais oubliée et que j’aime beaucoup. Je vais la mettre dans le thread "Ces phrases qui vous ont plu". N’y vois pas une provocation, c’est juste que j’aime vraiment.
C’est vrai que la météo est très présente. Elle participe à l’ambiance, non ? Je ne peux m’empêcher de penser à certaine considération sur la couleur du ciel que l’on trouve dans la première phrase d’une des œuvres maîtresses du cyberpunk et qui a fait le bonheur de lecture de bien des amateurs de SF (ou presque). ;)
Pour moi,
S’il était une météo à coller à l’ambiance cyberpunk, ce serait bien une météo froide et pluvieuse.
S’il était une odeur, ce serait une odeur de friture qui sortirait d’un bouge où se feraient de sordides transactions.
S’il était un métal, il serait rouillé.
S’il était une couleur, elle serait froide.
S’il était une lumière, ce serait un néon.
S’il était un espoir...
… mais non, on parle de cyberpunk, là. On n’est pas chez les premiers communiants.
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 "Mes doigts sont verts et quelquefois ils tombent." (Le troupeau aveugle – John Brunner)
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RE : Les racines du mal
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11/01/2006 à 14h55
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Pas encore fini, mais déjà envie de relire la chronique et les posts précédents, au lieu de continuer ma lecture. Envie d'un bol d'air, en somme ;-) !
Ce à quoi j'ai personnellement été très sensible, c'est que j'ai trouvé une description très fine de la souffrance de Schaltzmann. J'ai trouvé habile que l'auteur sache me la faire sentir, sans donner pour cela "des excuses" à son personnage, qu'il nous présente aussi comme un meurtrier, assez horrible de surcroît.
Par ailleurs, > Jim, je ne mettrais pas Darquandier dans les "gentils". D'abord son surnom, Dark, lui va bien, et je le trouve pour le moins ambivalent... ce que montre bien l'évolution de l'IA dans la dernière partie. Je n'en dirai pas plus pour éviter de spoiler, mais cette espèce d'hybridation de l'IA me donne des frissons dans le dos. Quant à la mère de Schaltzmann, c'est sûr qu'on aimerait échapper de temps en temps à de telles caricatures... Cela dit, dans les "méchants", je mettrais le père aussi, parce que je le trouve tout aussi "gratiné" et caricatural, qq part, que sa femme. Et encore, je dis "caricature", mais malheureusement, des gens comme ça existent "en vrai".
Par ailleurs, je n'ai pas eu l'impression d'une telle fascination pour le nazisme. Pas pour l'instant, et dans ce roman-là en tout cas. Cela peut apparaître ailleurs dans l'oeuvre de Dantec, peut-être. Ou alors, ce serait dans les effets du nazisme, sur les survivants, par exemple (le perso de Gombrowicz, et il n'est pas le seul juif du roman).
Enfin, je n'avais jamais entendu parler de Dantec, ni de ce roman, avant de lire la chronique de zomver, et vraiment je suis très contente que ladite chronique, et les réactions qu'elle a suscitées, m'ait donné envie de le lire.
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RE : Les racines du mal
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12/01/2006 à 10h24
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C'est moi dont le froid paralyse les méninges, ou les Culturesfeux font dans le sibyllin, en ce moment ? Ou c'était LE post court de l'année visé par zomver ? Bref, quelques développements du post précédent me feraient plaisir...
A part ça, ayé, fini le roman. Je trouve la fin un peu faible, ou pour mieux dire un peu convenue. Par ailleurs, étant donné que Dantec se fait l'écho (dans tout le roman, mais surtout, quand même, à la fin) des angoisses très répandues au moment du passage à l'an 2000, avec le recul, pour moi ça fait flop, et j'ai le sentiment que le bouquin est très "daté", alors qu'il n'a que 10 ans. Et une grosse interrogation : que faut-il penser de l'épilogue ? Qu'ai-je raté ?
Avec ces quelques bémols, je reste cependant sur ma (très) bonne impression d'un roman original, et que j'aurai sans doute envie de relire.
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