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RE : Les racines du mal
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21/08/2005 à 21h14
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Méfiez-vous de zomver. Quand elle dit, elle fait.
Ahahaha ! skizophrène. J'adore. A Courchevel ou Avoriaz ( quoique vu le sujet, un ex-festival du film fantastique, c'est le lieu idéal ) ?
Bon, plus sérieusement, sinon tu vas m'en vouloir à mort zomver ( et pis, je suis un gentil débonnaire ), plus le temps passe et les lectures s'accumulent ( dernièrement un Truong ) et plus je trouve que Les racines du mal, c'est un pétard mouillé. Et pourtant, j'avais apprécié au départ.
Il y a des lectures qui vieillissent mal, hélas.
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RE : Les racines du mal
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21/08/2005 à 22h55
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| | | | | | LeGaidol :
Ahahaha ! skizophrène. J'adore. |
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J’avoue ne pas être spécialiste en "troubles mentaux" et avoir cru reconnaître dans Schaltzman un comportement skizophrénique. J’aurais peut-être dû m’en tenir au terme de "psychotique". Pour moi, cela ne change rien à l’intérêt de l’histoire.
| | | | | | LeGaidol :
Il y a des lectures qui vieillissent mal, hélas. |
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Cela fait deux ans que j’ai lu ce bouquin. Je l’ai juste refeuilleté pour faire cette fiche et me remettre en tête certains passages. Pour moi, la lecture est donc récente et je n’ai pas vu le phénomène "vieillissement" à l’œuvre.
| | | | | | LeGaidol :
Bon, plus sérieusement, sinon tu vas m'en vouloir à mort zomver |
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Menfin ! Pourquoi t’en voudrais-je ? ;)
Tu penses bien que je ne suis pas étonnée de voir des réactions aussi critiques que la tienne. Olivier ne peut pas encadrer Dantec, non plus et il va peut-être venir me mitrailler impitoyablement. ;P
D’ailleurs, je ne sais pas s’il va se trouver un seul forumeur pour dire : "Moi, j’ai apprécié". Le but de cette fiche est justement de faire un peu contre-poids à ce qui s’est dit sur le forum: je ne crie pas au chef d’œuvre mais je trouve à ce roman des qualités certaines et je tiens à le dire. Je pense aussi que l’idée du "noyau de chaos actif" dans l’IA est valable. Franchement, elle m’a plu même si, comme je le dis au-dessus, elle peut prêter à sourire. Après tout, Dantec a écrit de la science-fiction, rien d’autre.
J’ai également une interprétation personnelle de ces racines du mal qu’évoque Dantec. Toutefois, je ne l’ai guère développée car elle rejoint très exactement celle donnée par Sylvie Denis dans sa critique de cette œuvre sur NooSfère.
Je n’ai pas trouvé une façon aussi magistrale qu’elle pour l’exprimer et ça aurait viré au plagiat ! ;D
Si je me suis contentée d’évoquer dans ma fiche la réflexion suscitée par une plongée dans le gouffre du mal, c’est en effet que je n’ai pas su dire ce que Sylvie Denis exprime si bien et que je me permets de citer ci-dessous :
" …les racines du mal sont les nôtres, elles nous sont consubstantielles — où, comme dirait Edgar Morin, l'homme est un « sapiens-demens ». Autrement dit l'homme n'est pas capable du meilleur (l'intelligence, l'altruisme, la création) en dépit du pire (la violence, la folie, l'agressivité, la guerre, la destruction) mais parce que il est en aussi capable. « L'extrême consignée de sapiens côtoie, risque, brave, plonge dans le délire et la folie. La démence est la rançon de la sapience."
Superbe !
Une réflexion que je partage en tout point mais que je ne sais hélas que recopier. Dommage qu'elle ne passe pas dire ça ici, j'aurais répondu "+1" ! ;)
Je te sais vraiment gré (mais le contraire m’eût étonnée) de ne pas avoir fait dans ta critique un amalgame entre l’auteur et le roman.
PS : Truong, tu dis ? Là, tu connais mon point faible: tapis rouge pour l'auteur de Le successeur de pierre !
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 "Mes doigts sont verts et quelquefois ils tombent." (Le troupeau aveugle – John Brunner)
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RE : Les racines du mal
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22/08/2005 à 11h30
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| | | | | | Citation :
J’avoue ne pas être spécialiste en "troubles mentaux" et avoir cru reconnaître dans Schaltzman un comportement skizophrénique. J’aurais peut-être dû m’en tenir au terme de "psychotique". Pour moi, cela ne change rien à l’intérêt de l’histoire. |
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Je ne le suis pas non plus. C'est juste que skizophrène ( au lieu de schizophrène ), ça fait davantage piste noire que black list. Mais, j'ai souvent la tournure d'humour contournée, ahah !
Par contre, si tu cites Sylvie Denis, là je m'incline.
PS : Le successeur de pierre ! Mazette, quelles idées ! J'en suis tout chamboulé encore, surtout depuis que j'ai appris que les enchères inversées commençaient à devenir une pratique courante.
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RE : Les racines du mal
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22/08/2005 à 21h59
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Pourquoi je n'ai pas apprécié le roman :
1 - La fameuse première partie : Dantec ne fait que reprendre les délires d'un authentique serial killer. Il n'invente rien, il romance une réalité en nous mettant à l'intérieur de la tête d'un tueur.
A choisir, je lui préfère sans la moindre hésitation De sang froid de Capote.
2 - Personnages oscillant du ridicule au caricatural. Avec les grands sujets de fascination de Dantec : la femme intelligente et dominatrice.
Et bien sûr, la mise en scène de l'auteur comme justicier-redresseur de tort, façon Gilles Novak de Guieu.
3 - Obsession ridicule et grand-guignol pour le nazisme, qui nous donne de véritables caricatures ridicules, à commencer par le masque au zyklon B sur le fauteuil de dentiste. D'autant que les serial killers ne sont pas particulièrement politisés, et n'agissent pas pour des raisons politiques (sauf peut-être de râres exceptions, où la politique n'est jamais qu'un prétexte à l'assouvissement de pulsions).
4 - Délires mystiques sans intérêt pour l'intrigue, donc pour le lecteur. L'auteur eut mieux fait de les garder pour son journal intime.
Au final, un livre sans grand intérêt, AMHA sur les serial killers. Je vous recommande d'avantage Un tueur sur la route d'Ellroy (étudié par tous les élèves du FBI), ou si vous avez le coeur bien accroché, Le corps exquis de Poppy Z Brite.
Quant au mélange polar-sf, nous avons eu de bien meilleurs ouvrages, à commencer par Bester et Asimov, ou bien Roland Wagner et la sf de Westlake.
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 "Un monde nouveau va naître, un monde dans lequel il n'aura pas sa place. Il est trop clairvoyant pour lutter contre lui ; mais il ne feindra pas de l'aimer." George Orwell
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RE : Les racines du mal
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23/08/2005 à 22h10
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Merci pour ton commentaire argumenté, Olivier. :)
Je suis un peu en difficulté pour en saisir toute la substance car je n’ai lu ni Capote, ni Guieu, ni Ellroy, ni Poppy Z Brite , ni Donald Westlake. :(
En revanche, j’ai lu du Bester, de l’Asimov et depuis peu du Wagner. Ces auteurs ont certes écrit dans la catégorie "Polar/SF", mais comparer leurs romans (car c’est bien ce que tu fais en les qualifiant de "meilleurs") à ceux de Dantec te paraît-il réellement possible ? Fondé ? Intéressant ? Ama, ça ne l'est pas vraiment. C’est comme comparer du rock à des chants grégoriens. Le point commun est que cela relève de la musique. Quant aux approches, elles sont tellement différentes que la comparaison ne peut être poussée plus avant.
Que Dantec reprenne les délires d’un authentique tueur ne me choque pas. Pourquoi ne le ferait-il pas ? Pour moi qui ne lis ni polar ni faits divers, c’était une première et j’ai trouvé que nous faire voir le monde avec les yeux du tueur était vraiment une excellente idée. La première phrase du roman est déjà incroyablement accrocheuse :
"Andreas Schaltzmann s’est mis à tuer parce que son estomac pourrissait".
Personnellement, ça m’a donné envie d’aller plus loin pour comprendre.
Pour la femme "intelligente et dominatrice", je ne vois pas ce qui te choque… ;D Bon je rigole, hein ? En réalité, je suis passée complètement à côté de ça !
Quant aux allusions au nazisme faites dans le livre, elles m’ont plutôt paru servir le propos en créant justement un malaise profond. Cela ne me dérange pas que l’on associe le nazisme à la démence et à la plongée dans le Mal car c’est très exactement l’idée que j’en ai. Pour moi, le nazisme est bien un des symboles de l’horreur.
Dantec aurait pu choisir une autre forme d’horreur, peu importe. A Darquandier qui lui demande si les tueurs sont des adorateurs de Satan, Doctor Schizzo ne réplique t-il pas : "Evidemment ! […] Quelle que soit la forme que prend le rituel, cela va sans dire… Leurs racines sont coupées, Dark. Les racines qui les reliaient à la Vie, à la Beauté et à l’Unité. A la place ont germé les racines de l’Arbre de Mort. Les Racines du Mal." ?
Il me semble d’ailleurs que Dantec joue habilement des symboles. D’un côté, la fête du nouvel an et un changement de millénaire qui devrait être porteur d’espoir (!), de l’autre, l’horreur. D’un côté, les guirlandes lumineuses souhaitent une "Bonne année 2000", de l’autre, des cinglés torturent. Cette mise en parallèle m’a paru signifier : "Nous changeons de millénaire mais nous sommes toujours aussi mauvais". C’est peut-être simpliste à tes yeux mais moi j’ai trouvé percutante la façon de laisser cheminer cette idée dans l’esprit du lecteur.
Voilà.
Ah ! J’oubliais… Circonstance aggravante, Votre Honneur, j’avoue avoir apprécié le style Dantec dans ce bouquin. Exemple d’un extrait qui me parle : lorsque le narrateur s’arrête la nuit sur le parking d’une station-service de l’A7. Orange n’est pas loin :
" La chimie unique des lumières de néon et du Coca était tout à fait adaptée à l’atmosphère du lieu. N’importe où, planète Nulle Part. Espace purement objectal, robotisé, démocratique, international, technique. Autoroute-ville. Kilomètre sept cent cinquante. Orange Junction."
Des associations inattendues de mots, des phrases purement nominales, courtes voire lapidaires. Tout cela impacte l’esprit et crée amha, l’impression juste. En deux lignes, on capte une ambiance. J'aime beaucoup.
Non vrai, plus j’en parle et plus je trouve ce bouquin réussi mais que beaucoup pensent autrement et le disent, c'est justement l’intérêt des forums ! :)
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RE : Les racines du mal
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26/08/2005 à 17h20
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| | | | | | Citation :
Pour la femme "intelligente et dominatrice", je ne vois pas ce qui te choque… ;D Bon je rigole, hein ? En réalité, je suis passée complètement à côté de ça ! |
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Ca ne choque pas, mais c'est juste un thème qui revient régulièrement.
Quant au nazisme, je trouve la comparaison hors de propos.
Le nazisme est en effet à mes yeux tout sauf une folie. En particulier pour ce qui est du génocide (car le nazisme ne se limite pas aux camps).
Il y avait en effet une telle machine industrielle et adminstritative, que cela ne me parait pas être une folie mais au contraire quelque chose de terriblement rationnel, pensé, planifié et soigneusement organisé, voire avec zèle si l'on peut oser le dire. Un peu comme le Cambodge des Khmers rouges, très rationnel aussi.
La comparaison avec le Rwanda m'eut paru plus judicieuse, ou à la rigueur avec la Révolution culturelle (qui fit aussi pas mal de victimes), qui apparaissent bien plus comme des manifestations de fanatisme (organisées en haut lieu), mais s'appuyant sur l'émotion -la pulsion- plus que sur la raison. Or, les tueurs en série agissent surtout sur des pulsions prédatrices.
Ce qui me gène surtout, c'est que ce roman est à mes yeux -et comme son auteur- très largement surestimé.
Si je ne devais te conseiller qu'un livre sur les tueurs en série, ce serait Un tueur sur la route de James Ellroy.
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RE : Les racines du mal
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27/08/2005 à 01h30
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Olivier, je comprends ce que tu veux dire et je respecte ton avis.
J’aurais pas mal de choses à répondre sur ta vision de la folie (même si ayant écrit skizophrène avec un k…, j’ai sans doute terriblement perdu en crédibilité sur le sujet ;D ! ) mais je crois que cela sortirait un peu de notre propos. Je crois surtout que nous n’avons pas appréhendé ce livre de la même façon.
Au cas où je n’aurais pas été assez claire dans mes posts précédents, je récapitule ce qui m’a essentiellement plu dans ce livre :
- Voir le monde avec les yeux d’un fou comme dans la 1ère partie. Je veux bien te croire quand tu dis qu’il y a mieux ailleurs mais ça ne change rien au fait que j’ai trouvé ça assez dingue.
- L’IA
- La vision du Mal comme inéluctable corollaire de l’avancée de l’Homme et dont Sylvie Denis a si bien parlé (Cf. plus haut). Les délires mystiques de l’IA m’ont un peu saoulée, il est vrai mais tout ne prête pas à rire pourtant. Une phrase telle que:
" …la faute dont l’Homme s’est rendu coupable, ce n’est pas tant d’avoir voulu acquérir la pomme de la connaissance […] c’est de s’approprier la connaissance en se détachant de […] l’Ethique… "
mérite qu’on y réfléchisse même si, j’en conviens, l’idée n’est pas nouvelle.
Pour autant, n’allez pas croire que Dantec est mon gourou ! Pas de blague, hein ? :/
- L’écriture Dantec (Cf. plus haut).
| | | | | | Olivier :
Ce qui me gène surtout, c'est que ce roman est à mes yeux -et comme son auteur- très largement surestimé. |
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Ca, c’est fort possible et je crois effectivement que, comme tu le dis, c’est surtout ça qui te gêne. Tu noteras que si je clame haut et fort que ce roman m’a beaucoup plu, je n’ai écrit nulle part que c’était un chef d’œuvre.
Ce qui de mon côté me gêne, c’est qu’on voue tout le roman aux gémonies car il vaut bien mieux que ça, amha. C’est la raison pour laquelle, je cherche à faire contrepoids face à des détracteurs aussi calés et virulents que toi. :)
PS Merci à kgb203 d’avoir corrigé dans la fiche ma grosse faute d’orthographe : skizophrène au lieu de schizophrène. (LeGaidol, j’espère que tu ne m’en voudras pas d’avoir demandé à kgb de la laisser quand même dans les réponses bien qu' elle arrache les yeux. La supprimer aurait nui à la compréhension des échanges et surtout nous aurait privé de ton trait d’humour. :D ! )
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