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Première parution : 1998
Pour la présente édition :
Editeur : Flammarion
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Lire la critique
L'avis des internautes (62 réponses)
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RE : Les particules élémentaires
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18/09/2006 à 16h56
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<Spoiler>
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La néo humanité annoncée dans Les particules élémentaires ? Sans doute. |
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Je corrige cette inexactitude.
J'ai relu hier soir l’épilogue de Les particules élémentaires. La néohumanité y est asexuée mais non privée du plaisir sexuel. Celle de La possibilité d’une île est sexuée mais ne ressent plus le désir ni le plaisir sexuel.
Comme le dit Cyril, Les particules élémentaires terminent sur une fin presque optimisme, celle où l’homme a oeuvré à son propre dépassement. Quant à celui de La possibilité d’une île, il mène à tout autre chose…
<Fin du spoiler>
Mais oui, Cyril, lis ce roman et dis-moi ton avis. Je suis si partagée à son propos que je n’arrive pas à en finir la fiche de lecture. J’ai évoqué plus haut ce qui m’a plu mais j’ai fait abstraction de ce qui m’a agacée à savoir cette idée que je caricaturerais ainsi :
On ne voit bien qu’avec le cul. L’essentiel est bien visible sous le string.
J'ai un peu honte d'avoir inventé cette phrase car c’est la parodie d’une phrase magnifique que vous avez sans doute reconnue. Elle est moche et agaçante, cette parodie. Elle est même révoltante parce qu’elle salit ce qui est beau. J’ai fait exprès car voyez-vous, je trouve aussi que, quelque part , Houellebecq salit.
Bref, je m’interroge donc encore sur ce livre… car entre les inévitables scènes de sexe et les phrases provocantes que toutes les critiques ont reprises à l’unisson, il y en a d’autres qui sont d’autant plus impressionnantes de beauté que les premières sont répétitives et lassantes mais peut-être finalement ... nécessaires.
Une espèce de loi du clair obscur qui se jouerait du lecteur.
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 "Mes doigts sont verts et quelquefois ils tombent." (Le troupeau aveugle – John Brunner)
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dernière édition : 18/09/2006 à 17h08
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RE : Les particules élémentaires
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18/09/2006 à 21h03
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Permettez-moi, Zomver, de corriger à mon tour votre correction. L'épilogue des Particules présente non pas une post-humanité "non privée de plaisir sexuel", mais, la nuance est de taille, des post-humains dont le corps est couvert de ces fameux "corpuscules de Krause", qui délocalisent le plaisir sexuel, en l'étendant au reste du corps. Les contacts sont asexués, mais entièrement voués au plaisir. Quelques esprits étroits vont encore ricaner, mais voici un extrait de ma critique de La possibilité d'une île, qui aborde précisément cette évolution de la vision de Houellebecq :
"Dans les particules élémentaires, l'humanité était déjà vouée à disparaître, « devait donner naissance à une nouvelle espèce, asexuée et immortelle, ayant dépassé l'individualité, la séparation et le devenir ». Comme dans L'évangile du Serpent de Pierre Bordage, le New Age « manifestait une réelle volonté de rupture avec le XXe siècle, son immoralisme, son individualisme, son aspect libertaire et antisocial, il témoignait d'une conscience angoissée qu'aucune société n'est viable sans l'axe fédérateur d'une religion quelconque ; il constituait en réalité un puissant appel à un changement de paradigme ». Mais les clones de La possibilité sont dépourvus des fameux « corpuscules de Krause » qui, dans l'épilogue des Particules, étendaient le plaisir sexuel à l'ensemble du corps. Toute sexualité est étrangère aux néo-humains ; tout plaisir, toute émotion. Michel Houellebecq évoquait encore, dans Les particules, « cette espèce [...] qui, pour la première fois de l'histoire du monde, sut envisager la possibilité de son propre dépassement ; et qui, quelques années plus tard, sut mettre ce dépassement en pratique ». ... Ce qui est nouveau, dans La possibilité, c'est que ce dépassement ne signifie rien d'autre, en fin de compte, qu'une annihilation pure et simple de l'humanité."
A la post-humanité bienheureuse (mais où l'individu n'était rien) des Particules élémentaires, succède donc la post--humanité toujours-déjà morte, des individus sans histoire, de La possibilité d'une île. Autrement dit, rien d'humain ne saurait succéder à l'humain (c'est encore le sujet, pour nous en tenir aux écrivains actuels, des derniers romans de Maurice G. Dantec, et de plusieurs livres de Jean-Michel Truong).
Revenons aussi à cette "possibilité" : que désigne-t-elle ? Le bonheur, comme l'un des intervenants l'a affirmé ? Sans doute, mais pas seulement. Comme l'indiquent les poèmes de Daniel, c'est aussi, et surtout, la possibilité de la poésie, de la littérature - c'est-à-dire ce sans quoi Michel Houellebecq, l'homme, n'aurait peut-être pas survécu. Quelque chose qui ne soit pas de l'émotion pure, quelque chose qui soit issu de la raison, mais quelque chose de transcendant.
Et si Houellebcq "salit" quoi que ce soit, ce ne peut être que les mensonges naïfs de ceux qui refusent de voir le Monde qui les entoure. Les scènes de sexe (magnifiques) ne sont pas gratuites : elles sont ce qui, pour Daniel, s'approche le plus du bonheur ; mais elles annoncent le pire, car avec l'âge, le sexe décline, tandis que la maladie, la laideur, gagnent du terrain, avant que la Mort ne vous emporte.
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RE : Les particules élémentaires
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19/09/2006 à 12h37
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| | | | | | Transhumain :
Permettez-moi, Zomver, de corriger à mon tour votre correction. |
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Je le permets d’autant plus facilement que j’y vois plus une précision (d’importance, il est vrai) qu’une réelle correction.
| | | | | | Transhumain :
Revenons aussi à cette "possibilité" : que désigne-t-elle ? Le bonheur, comme l'un des intervenants l'a affirmé ? Sans doute, mais pas seulement. Comme l'indiquent les poèmes de Daniel, c'est aussi, et surtout, la possibilité de la poésie, de la littérature - c'est-à-dire ce sans quoi Michel Houellebecq, l'homme, n'aurait peut-être pas survécu. Quelque chose qui ne soit pas de l'émotion pure, quelque chose qui soit issu de la raison, mais quelque chose de transcendant. |
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Ma foi, pourquoi pas ?
L’île en question peut sans doute revêtir autant d’aspects qu’il y a d’hommes car chaque homme a son île. La vôtre s’appelle "poésie et littérature".
| | | | | | Transhumain :
Et si Houellebcq "salit" quoi que ce soit, ce ne peut être que les mensonges naïfs de ceux qui refusent de voir le Monde qui les entoure. Les scènes de sexe (magnifiques) ne sont pas gratuites : elles sont ce qui, pour Daniel, s'approche le plus du bonheur ; mais elles annoncent le pire, car avec l'âge, le sexe décline, tandis que la maladie, la laideur, gagnent du terrain, avant que la Mort ne vous emporte. |
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En réalité, je crois que ce que Houellebecq "salit" chez moi, c’est ma vision de l’Homme. :-]
Pas plus que le Bruno de Les particules élémentaires, Daniel n’est l’Homme: il n’en est qu’un des aspects.
Réduire l’Homme à un être totalement assujetti à la satisfaction de sa libido me paraît être une vision étriquée de la condition humaine qui selon moi a quand même sa grandeur, n’en déplaise à ceux qui se repaissent de son côté tragique. (Vous l’aurez compris : je n’ai pas du monde, la vision de Schopenhauer).
Alors même que la perspective de la mort devrait rendre vaine toute prétention humaine à fonder quoi que ce soit, l’Homme construit, crée, invente. Est-ce mensonge que de le dire ? Est-ce à ce point naïf de le constater ?
La condition humaine, pour moi, ce n’est pas seulement un Daniel qui crève de ne plus baiser ou une Isabelle qui refuse ses rides, c’est aussi un Gisors [*] et sa passion de comprendre ou un Kyo [*] et sa passion d’agir..
Certes, comme le disait Malraux, la condition humaine, c’est "la dégradation des grandes formes de l’espoir, toujours renaissant, des hommes" mais dans cette phrase, il y a "espoir" et "renaissant", deux mots que j’aime assez pour aimer la vie (moi qui ai la prétention de croire que la mienne ne s’est pas arrêtée à quarante ans).
Non, je ne suis pas béatement optimiste mais je refuse le pessimisme total et passif car il est inutile et ne fait pas progresser.
L’œuvre de Houellebecq est bienvenue car elle fait réfléchir, c’est bien là ce que l’on attend de la "production" d'un intellectuel. Reste à ceux qui la lisent de la confronter à d'autres afin d’en tirer un enseignement personnel leur permettant d'agir à leur niveau, même modeste.
Sur ce, je vais me sustenter. ;D
[*] La condition humaine – André Malraux.
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 "Mes doigts sont verts et quelquefois ils tombent." (Le troupeau aveugle – John Brunner)
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dernière édition : 19/09/2006 à 12h43
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RE : Les particules élémentaires
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19/09/2006 à 14h17
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ATTENTION SPOILER
A vous lire, il me semble que vous omettez une dimension fondamentale -- et à mon sens unique -- que j'ai cru discerné dans les particules : le côté néo darwiniste du livre.
Houellebecq y décrit une humanité inféodée à ses gènes, ou plutôt dominée par un pool génique dont l'évolution au hasard de la sélection naturelle entraine certaines carrences ou instabilités, cicatrices des accidents évolutionnaire qui ont mené un mammifère primitif vers l'homme contemporain. Du coup, la sexualité centrale et omniprésente du bouquin, je la vois comme un symptôme de cette vassalité au génome.
D'ailleurs, une fois le génotype réorganisé de manière plus cartésienne, surgit cette posthumanité, pour la première fois totalement libérée des aléas de l'évolution et donc de la Nature. Elle se retrouve du coup plus maître d'elle-même et prête à réinventer le monde. Elle est plus sereine car sa vie est devant elle, elle a à s'inventer sa place, son futur là où nous autres nous retrouvons en bout de course. Elle n'a pas encore comme cet homme du XXe siècle cette sensation diffuse d'avoir fait le tour de ce que notre humanité homo sapiens sapiens pouvait apporter.
L'avenir lui appartient.
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