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oman

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Le diable l'emporte

René Barjavel


Le diable l'emporte
Illustration : Fotogram - Stone images
Première parution : 04 avril 2001

 Pour la présente édition :

Editeur : Gallimard
ISBN : 2070417328

   

Entrée en matière :

« Mme Collignot entra la première. Sa poitrine, puis son nez, franchirent la porte. Derrière elle apparut Irène, sa fille aînée, ronde et dorée. Après ce fut Aline, la plus jeune, maigre, noire, inquiète, et M. Collignot entra le dernier.
Mme Collignot s’assit sur la banquette et fit asseoir Aline à côté d’elle. Irène et M. Collignot prirent place de l’autre côté de la table, sur des chaises. La salle à manger était pleine.
Mme Collignot déplia sa serviette, regarda son mari et dit :
- Quelles vacances !… »


L’histoire :

Paris, après la GM2 (la guerre de 1939-1945), le monde sort traumatisé par l’avènement de la puissance dévastatrice de la bombe nucléaire sur Hiroshima, mais en même temps, cette formidable puissance peut être canalisée pour être utilisée dans la vie de tous les jours. C’est ainsi que l’énergie nucléaire entre dans les foyers du monde entier et que la technologie se développe vitesse grand V.
C’est dans ce Paris que vit la famille de Irène et Aline, pendant que M. Gé, multimilliardaire sent une autre menace se profiler à l’horizon, un horrible pressentiment…

Le traumatisme.
Barjavel, qui écrit ce roman en 1948-1949, sort de la grande guerre, celle de toutes les horreurs : les camps, la bombe atomique, on n’était jamais allé aussi loin dans la culture du mal, jusqu’à ce moment là.
L’énergie atomique est vraiment effrayante : elle peut tuer 100.000 hommes à elle seule. Alors imaginer de développer des bombes plus puissantes permettrait à l’homme de rayer toute vie sur Terre en un claquement de doigts.
A l’instar de Ravage, Barjavel soutient que la vie, la vraie, n’est pas dans la technologie, qui risque de perdre l’homme. Il a foi en l’homme terre à terre, ayant une vue certes plus simple mais plus saine : le paysan. Ce dernier est vraiment l’homme qui a la tête aux choses essentielles : cultiver la terre, se marier, avoir des enfants, et ne pas se soucier, de rêver à aller dans les étoiles, ou créer des armes technologiques. Le travail, source de satisfaction.
C’est sa vision, un retour aux choses plus terre à terre, difficiles à concevoir aujourd’hui, avec toute la technologie qui nous entoure, le fait que vous puissiez lire ce texte, alors que plusieurs milliers de kilomètres nous séparent.
Mais il a vécu la guerre, il a vu ce que les hommes sont capables de faire, du mal qu’ils peuvent s’infliger pour conquérir une parcelle de terre. Une vision bien pessimiste.

Le visionnaire.
J’ai été bien surpris que l’auteur ait imaginé tant d’applications technologiques, du seul fait de l’énergie nucléaire et la notion de pile atomique. Notamment : la recherche génétique et les OGM. Toujours dans un soucis de se rapporter à l’agriculture, j’ai trouvé très réaliste les cultures de légumes modifiés pour arriver à maturité en quelques jours, la modification des animaux pour une croissance accélérée.

L’homme.
Pessimiste, Barjavel nous rappelle qu’il ne faut pas jouer à Dieu, que l’on est plus proche du Diable à jouer ainsi avec la génétique, le nucléaire, la technologie, sans vision éthique à long terme. N’a t-on pas cloné une brebis ? Les OGM sont ils vraiment propres à la consommation ? Aujourd’hui encore, l’homme joue.
Malgré tout, Barjavel nous raconte, comme dans Ravage, Le voyageur imprudent, La nuit des temps, le grand secret, que l’amour sera peut-être le remède à tout.
Avec poésie, il nous raconte une belle histoire d’amour, que lui seul sait raconter, une histoire impossible, un déchirement parfois, mais qui saura vaincre tous les obstacles, même la mort.

Un beau roman, parfois un témoignage déguisé, sur la vie, la mort d’un petit être né il y a quelques centaines de milliers d’années : l’homme.

Extraits :

« La deuxième guerre mondiale – la GM2 comme on devait la nommer plus tard – s’était terminée par un bouquet. Une fleur à Hiroshima, une fleur à Nagasaki. Jamais si belles fleurs de feu, d’enfer, de ciel, de lumière, de cendres, jamais si belles fleurs sur notre pauvre Terre. Fleurs de soleil, calices, ciboires où trempe le doigt de Dieu. Cent mille morts incandescents sous leurs pétales, cent mille âmes purifiées. Bénis soient les pieux guerriers. Que les savants soient sanctifiés. Que leur règne vienne. Amen »


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Critique enregistrée le 05 mai 2005 à 12h12

Science-fiction

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fantastique

, fantasy : Culture SF, toutes les littératures de l'imaginaire

© Culture SF 2003 / 2009 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 13 mars 2009

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