Forum SF
  Critiques
  Critiques BD
  A propos du site
  L'Atelier
  Remue-méninges
    Le bistrot
    Annonces (une dédicace ? vous venez de publier un livre ?)
Pseudo :
Passe :
  Pas encore enregistré ?
  Mot de passe oublié ?
15 visiteurs actuellement
  Les forums de Culture SF
lacroute

Inscrit le :
13/03/2005
12 critiques
6467 messages
Consulter le profil de lacroute
Envoyer un message privé à lacroute

Au carrefour des étoiles

Clifford D. Simak


Au carrefour des étoiles
Titre original : way station
Première parution : 3ème trimestre 1963

 Pour la présente édition :

Editeur : J'ai lu
Collection : Science-fiction
Date de parution : 1er trimestre 1978
ISBN : 2-277-11847-8

La critique du livre
Lire l'avis des internautes (3 réponses)

Ce roman, daté en VO de 1963, est de ceux qui pourraient plaire aux lecteurs qui détestent la SF ; et les pousser à explorer plus avant un genre en mal de reconnaissance. C’est tout ce que je leur souhaite.

« Au carrefour des étoiles » est un roman SF signé Clifford D.

Simak

, auteur américain majeur de l’Age d’Or US. C’est l’un de ses deux (allez trois.. !) chef-d’œuvres, aux côtés de « Demain les chiens » et, à un moindre niveau, « Dans le torrent des siècles ».

Début des années 60, Millville, un petit village du Wisconsin profond. On ne s’y mêle que peu des affaires d’autrui. Pourtant, Enoch Wallace s’y montre un drôle de paroissien. De ce que l’on sait, comprend ou suspecte, son cas interpelle. Ne serait ‘il pas immortel ? Des détails tendraient à le prouver … presque des certitudes. Les villageois s’inquiètent, l’ostracisent, murmurent, chuchotent, à tel point que les Services Spéciaux, en discrète surveillance … peu à peu découvrent un pot aux roses étonnant.

« Il était le seul espoir qu'avait l'humanité d'accéder un jour à une place parmi la vaste confrérie galactique. Mais appartenait-il encore à la race humaine ? »

L’état civil lui donne 124 ans alors qu’il parait à peine la trentaine. Les registres municipaux le recensent soldat unioniste pendant la Guerre de Sécession (le prologue traitant de Gettysburg est particulièrement prenant). Un siècle plus tard, il est toujours là, jeune, vif et alerte. Quasi reclus dans sa demeure isolée que personne ne se vante d’avoir jamais visitée. On ne le croise que peu, sans jamais lui adresser la parole, invariablement méfiants et craintifs. Il vit en quasi autarcie. Ses seuls contacts : le facteur, par qui transitent son courrier, un peu de nourriture, des revues scientifiques auxquelles il est abonné, hors de compréhension du commun des mortels, de grands registres vierges et des litres d’encre noire ; le banquier chez qui il troque périodiquement d’inattendues pierres précieuses contre espèces sonnantes et trébuchantes ; Lucy, une jeune fille du voisinage, une sauvageonne sourde et muette, un tantinet guérisseuse qui va se montrer un « Chainon manquant » crédible et émouvant… Mary, cette jolie demoiselle du Sud en crinoline et ombrelle avec qui il va vivre une bien belle, triste, émouvante mais impossible histoire d’amour … ou comment s’éprendre d’un hologramme-cadeau d’origine E.T. pas si indifférent que çà. … la suite appartient au récit. Sortez les mouchoirs.

Derrière la façade aux fenêtres aveugles de sa maison, le cas Wallace dévoile une troublante réalité, empreint d’humanisme et de bienveillance. La maison d’Enoch est une station-relais spatiale par laquelle transitent incognito les visiteurs de l’Espace. Wallace en est le gardien, le veilleur et le dispatcheur. Ses bons services de chef de gare en échange de l’immortalité … et de cadeaux étranges dont il ne parvient pas à comprendre le fonctionnement.

En parallèle au roman, le contexte géopolitique ambiant, quoique diffus, n’est pourtant pas sans importance. Alors que s’agitent jusqu’au paroxysme les soubresauts de la Guerre Froide et que, sur un coup de dés, sur un coup de folie, l’embrasement nucléaire est à portée de bouton rouge, s’inscrit l’histoire édifiante et déterminante d’un enfant de la Terre : Enoch Wallace. Le rapport à l’Atome guerrier n’est pas innocent, il s’insère dans une logique SF historique qui chercha, Hiroshima et Nagasaki aidant, à tirer les sonnettes d’alarme sur sa potentielle utilisation guerrière et ses conséquences induites. Une semblable évocation à minima apparait dans « Demain les chiens » en prélude à un changement d’importance pour l’humanité ; son usage en filigrane accentue le message véhiculé : l’Homme doit changer, mûrir, pour simplement éviter le pire, survivre, grandir. En parallèle, une confraternité extra-terrestre, dont la Terre ignore l’existence, étudie l‘Homme, acceptera ou refusera sa candidature … C’est mal barré… et pourtant.

S’il est, lecture close, un qualificatif retenir, c’est « bienveillance ». Plus omniprésent encore que dans « Demain les chiens », le terme cerne un auteur attaché aux traditions, au bon sens campagnard, aux beaux sentiments, à l’entraide communautaire. En sus de son humanisme, de son bucolisme … tout concoure vers un auteur à part, auquel s’attacher, sur lequel veiller pour que ses messages ne s’émiettent pas. Merci Monsieur

Simak

.

PS : un satisfecit particulier pour le travail graphique de Caza en une de couv. L’illustrateur a très souvent frappé cœur de cible et ici, plus particulièrement. On y retrouve le cœur du roman, l’ET chauve et arc-en ciel, la maison d’Enoch en sommet de falaise, la constellation étoilée qui, de là-haut, surveille.



Vous aimez ce livre ou cette critique ? Faites-en part à vos amis !   
  



Lire l'avis des internautes (3 réponses)

Peut-être aimerez-vous aussi ces livres du même auteur ?
Les Epaves de Tycho   

Les Epaves de Tycho

    

Clifford D. Simak



Cette critique est signée Trevize
5 réponses y ont été apportées. Dernier message le 10/02/2016 à 19h18 par Butch

Demain les Chiens   

Demain les Chiens

    

Clifford D. Simak



Cette critique est signée lacroute
29 réponses y ont été apportées. Dernier message le 29/10/2020 à 10h30 par lacroute

A chacun ses Dieux   

A chacun ses Dieux

    

Clifford D. Simak



Cette critique est signée Jekub
2 réponses y ont été apportées. Dernier message le 07/08/2009 à 13h09 par Olivier

Voisins d'ailleurs   

Voisins d'ailleurs

    

Clifford D. Simak, Pierre-paul Durastanti



Cette critique est signée Olivier
13 réponses y ont été apportées. Dernier message le 05/01/2021 à 16h27 par Olivier

Au carrefour des étoiles   

Au carrefour des étoiles

    

Clifford D. Simak



Cette critique est signée Olivier
2 réponses y ont été apportées. Dernier message le 29/07/2021 à 21h14 par Olivier

Science-fiction

, fantastique, fantasy : Culture SF, toutes les littératures de l'imaginaire

© Culture SF 2003 / 2014 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 08 juin 2014

nos autres sites : APIE People : rencontres surdoués - Traces d'Histoire