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Olivier

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L'île de béton

James Graham Ballard


L'île de béton
Titre original : Concrete island
Première parution : 2006

 Pour la présente édition :

Editeur : Denoël

La critique du livre
Lire l'avis des internautes (1 réponses)

Deuxième volume de la trilogie de béton après le magnifique Crash !, ce court roman reprend aussi la thématique de la voiture, du moins comme étincelle allumant l'intrigue.
Maitland est un riche architecte, qui roule en jaguar et partage sa vie entre son boulot, sa femme et sa maîtresse. Il roule en jaguar sur l'autoroute, pressé de rentrer chez lui après une semaine de dur labeur. Puis l'imprévu arrive, un accident lui fait quitter la route, et il s'écrase en contrebas, sur un terrain vague. Il tente alors de remonter la pente pour aller chercher du secours, mais qui va s'arrêter sur l'autoroute pour lui porter secours ? Personne voyons donc !
Blessé suite à sa tentative de trouver du secours, il est obligé de se rabattre sur son île, d'où il tentera d'attirer l'attention en allant jusqu'à faire exploser sa voiture, dans le dérisoire espoir d'attirer l'attention sur son sort.
Devant l'échec patent de sa tentative, il comprend qu'il ne va pas s'en sortir rapidement. Il lui faut donc trouver de la nourriture et de l'eau, un abri, bref, organiser sa survie, Robinson de la modernité et de l'urbanisme concentrationnaire.
Il va découvrir qu'il n'est pas seul sur cette île, où vivent un clochard, Proctor, ainsi que la mystérieuse et sensuelle Jane. La solidarité entre ces gens, réduits au simple rôle de rebus, devient l'élément clé de leur survie. Il va donc falloir apprendre à s'apprivoiser, à se connaitre et surtout à vivre ensemble, afin que chacun puisse sinon s'en sortir, tout au moins survivre.

Si l'argument de départ parait mince (on pourrait penser qu'une nouvelle eut amplement fait l'affaire), il n'en est rien. Toute la différence tient au talent et à la subtilité de

Ballard

. Dans ce court roman, il transforme un simple terrain vague et quelques éclopés en un théâtre où s'ébat une humanité dérisoire, réduite à la subsistance au milieu de l'indifférence générale, comme une cruelle métaphore de la condition humaine urbaine. Brillant exercice de style,

Ballard

se sert de ce roman comme d'une sirène d'alarme, où il démontre comment l'ultra-urbanisme atomise l'individu et détruit tout mécanisme de solidarité, en excluant à tour de bras. La fin est à cet égard absolument grandiose, et confirme finalement ce que nous savions déjà :

Ballard

est l'écrivain de notre modernité, dont il a su saisir le sel, c'est à dire toute l'aliénation et toute l'abjection. C'est donc peu dire que ce roman, et sa Trilogie de béton restent et resteront comme son oeuvre majeure, mais surtout comme une oeuvre majeure de la sf, et de la littérature tout court.
Vivement donc, oui vivement la réédition de Vermilion Sands, hommage nécessaire à l'éclatant génie d'un auteur d'une diversité aussi surprenante que cohérante.

Ballard

est un auteur à lire, un de plus certes, mais certainement l'un des plus talentueux, incontournable dirait-on, pour lui rendre un juste hommage.

Non, la sf n'est pas morte, puisque

Ballard

est toujours vivant !




Il atteignit le remblai et agita un bras en criant en direction des voitures. Mais aucun conducteur ne pouvait le voir, ni moins encore entendre ses petits appels de coq famélique. Il s'en rendit compte et préféra se taire pour ménager ses forces. Alors, il essaya de grimper, monta d'un mètre et retomba en tas de chiffons dans la boue. Cette fois, délibérément, il tourna le dos à l'autoroute, et pour la première fois se mit à inspecter l'île. « Mon pauvre vieux, c'est le vrai naufrage. Robinson Crusoé. Si tu ne fais pas attention tu restes échoué là-dedans jusqu'à la fin de tes jours ». Il ne disait que trop vrai. Ce terrain vague oublié à la jonction de trois voies express était littéralement une île déserte.


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