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Gui

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Croisière sans escale

Brian Aldiss


Croisière sans escale
Traduction : André-François Ruaud
Illustration : Sparth
Titre original : Non-Stop
Première parution : 1958

 Pour la présente édition :

Editeur : Gallimard
Collection : Folio SF
Date de parution : septembre 2007
ISBN : 978-2-07-034472-7

Ce livre est noté   (3.5/5 pour 2 évaluations)


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La critique du livre
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Si Croisière sans escale compte parmi les classiques de la science-fiction, ce n’est pas pour son thème – battu et rebattu maintes fois – mais pour l’inversion qu’il en propose : ici, le vaisseau générationnel n’est pas l’espoir d’un futur nouveau sur un monde lointain où le plus beau reste à venir, mais au contraire le point de départ d’un cercle vicieux dont aucun des occupants du navire ne peut s’échapper. D’où le titre original, Non-Stop, qui traduit très bien l’esprit de spirale descendante caractéristique d’une idée époustouflante en théorie mais en fait bien fragile en pratique.

Ce qui est somme toute assez attendu. D’abord sur le plan du pur réalisme technique : le vaisseau générationnel ne pouvant dépasser la vitesse de la lumière, son voyage vers une autre étoile représente une expédition de plusieurs générations ; d’où le nom de ce type de navire, et la nécessité pour son équipage de compter plusieurs milliers de personnes au moins afin de coloniser la planète de destination en une seule traversée dont seuls verront la fin les descendants du personnel initial du vaisseau. Un tel projet tient bien sûr d’une certaine folie compte tenu des dangers que recèle le périple – astéroïdes errants, pannes du système de survie, hostilité des autochtones du monde ciblé, etc.

Ensuite, sur le plan strictement littéraire : en cette fin des années 50, l’optimisme techno-scientifique de l’« Âge d’Or » s’essouffle et de nouvelles inspirations – plus sombres en apparence mais surtout plus contestataires sur le fond – apparaissent et revisitent les thèmes classiques avec une certaine désillusion – signe de pessimisme, certes, mais aussi d’une forme de maturité : la science n’apparaît plus uniquement comme un moyen de progrès et l’incertitude des passions humaines, sel de tous récits, reprend ses droits.

Sans compter qu’il y avait tout de même quelque chose de profondément inhumain dans l’idée d’envoyer dans l’espace l’équivalent de la population d’une petite ville dans l’espoir qu’elle y trouve un havre de paix où bâtir les bases d’une nouvelle civilisation : même en dehors des dangers potentiels du voyage lui-même, la condamnation est sans appel pour ces générations futures qui ne demandaient peut-être pas un tel honneur ; le plus simplement du monde, c’est leur liberté qu’on prend en otage en embarquant dans un tel voyage – tout à fait le genre d’évidence qui échappe aux rationalisations extrêmes des esprits trop scientifiques.

Mais ce n’est pas le sujet qu’a choisi Brian

Aldiss

comme base de ce roman : à y regarder de près il ne s’agit que d’une autre expression du thème de la vaste machine d’autant plus sophistiquée que les conséquences de la moindre de ses pannes peuvent vite s’avérer catastrophiques pour un modèle de société tout entier – ce qui néanmoins correspond tout à fait à une certaine définition de la science-fiction.

Et voilà comment Croisière sans escale acquiert un statut d’œuvre classique : non en révolutionnant le genre auquel il appartient mais au contraire en s’y conformant, avec toutefois une pointe d’originalité aux accents nettement iconoclastes…




Roy Complain est un chasseur de la tribu Greene. Il arpente le monde envahi par la jungle des poniques et survit tant bien que mal grâce à ce qu'on lui donne en échange de son gibier. Jusqu'au jour où Gwenny, sa compagne, est enlevée dans des circonstances étranges. Il part alors, en compagnie de Marapper, le prêtre, et de trois autres membres de la tribu, à la découverte de secteurs inexplorés du monde où subsistent les traces d'une civilisation gigantesque et disparue.
Les croyances et les certitudes de Complain vont, petit à petit, voler en éclats.

Dès Croisière sans escale, son premier roman de science-fiction, Brian Aldiss faisait preuve d'une originalité et d'une imagination qui l'ont placé d'emblée parmi les plus grands créateurs du genre.

Né en Angleterre en 1925, Brian Aldiss est l'auteur de plus de trois cents nouvelles, de plusieurs ouvrages sur l'histoire de la science-fiction et d'une trentaine de romans qui lui ont valu de nombreux prix parmi les plus prestigieux. Croisière sans escale, Le monde vert ou la trilogie d'Helliconia sont devenus des classiques.


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