Lisbei, je joins ici ma critique finale:
J’ai fini ce roman depuis quelques mois maintenant et j’ai retardé la mise en route de cette fiche tellement ce roman était riche de thèmes. C’est à mon avis un des plus riches que j’ai eu à lire jusqu’à présent. C’est pourquoi il m’a fallu le digérer, et comprendre toutes les implications de ce roman. Et il fort probable que je passe à côté d’une bonne partie d’ailleurs.
Mais d’abord quelques rappels simplifiés dans les grandes lignes sur les théories dont parle
Egan.
La théorie du tout.
Un peu de physique des particules.
Nous sommes entourés de particules sur lesquelles s’exercent des forces de différente nature. Les
interactions (forces) sont :
- l’interaction faible qui est responsable de la radioactivité
- l’interaction forte qui « maintient » les protons et neutrons dans le noyau atomique
- l’interaction électromagnétique qui est responsable des répulsions des charges + et –
- l’interaction gravitationnelle qui fait que la Terre tourne autour du soleil.
La difficulté réside dans le fait que l’on cherche une théorie vérifiable par l’observation qui englobe toutes ces interactions.
La théorie des champs unifiés de Heisenberg a permis de lier les interactions aux particules.
Le modèle standard permet de décrire le comportement des particules avec les 3 premières interactions (faible, forte et électromagnétique) et, important, on peut le vérifier par l’observation. Par contre, elle ne permet pas de vérifier la gravitation.
Ce modèle standard repose intègre les théories relativiste et quantique. En gros, la théorie relativiste décrit la physique macroscopique (de la bille jusqu’à la galaxie) et la théorie quantique reste au niveau de la particule.
Donc, ce modèle est incomplet puisqu’il n’inclut pas la gravitation.
C’est pourquoi on cherche
une théorie du tout, qui serait la solution et qui permettrait d’expliquer l’ensemble de la physique, que ce soit au niveau des particules ou au niveau des planètes.
La théorie de l’information.
Cette théorie est en quelque sorte statistique, probabiliste. Elle fait intervenir la notion d’
entropie, c’est à dire la quantification de désordre, ou ici, le manque d’information.
L’information est la probabilité qu’un événement arrive parmi d’autres. La théorie de l’information fait intervenir la notion de
communication entre un émetteur et un récepteur. Ce récepteur doit lire l’information que lui envoie l’émetteur et renvoie une autre information.
Par exemple, si l’information est de type booléen (oui /non), les applications en sont l’informatique (on parle de bit)
L’intérêt de cette théorie est surtout dans ses applications pour servir au mieux la société. Encore une fois, c’est une façon de modéliser les événements en fonction de probabilités, du type d’information et de l’entropie ambiante à l’événement.
L’idée de Egan.
Non seulement
Egan s’attaque à une théorie sur laquelle le monde physique se creuse la tête depuis un siècle, mais il nous décrit une théorie du tout qui engloberait également la théorie de l’information. Sa TDT est incroyable car elle expliquerait les mystères de l’univers. Un truc de fou, en gros.
Bien entendu, ce roman n’est pas une description de cette théorie, ce n’est pas du tout un verbiage pompeux théorique, physique, quantique ou autre mot en « ique ». Non, ce roman se met au niveau du lecteur moyen pour qui la physique n’est pas sa tasse de thé.
Vision sociale et philosophique.
En effet,
Egan fait un état des lieux de notre époque également. Il fait le point sur l’intégrisme religieux ou sectaire, par exemple, en mettant en place des sectes qui adulent telle ou telle vision de la TDT. Il nous parle de ces sectes de manière juste, décrit les mouvements radicaux et modérés au sein d’une même secte et les luttes de pouvoir, nous montrant à quel point les choses ne sont pas si simples pour réformer, incliner un groupe de fanatiques.
Il nous parle de sexe, ou plutôt des sexes. Notre société déjà aujourd’hui n’est plus constituée de deux sexes : les hétérosexuels males et femelles, les homosexuels males et femelles. Soient 4 genres.
A ceci il ajoute d’autres genres : les ultra males et ultra femelles, versions hard des hétéros, et les asexes.
Ce dernier genre est le plus intéressant, car au delà du fait que les attributs sont éliminés et réduits au minimum fonctionnel, l’état d’asexe est aussi spirituel : élimination de la libido, le sexe ne signifie plus rien, les relations ne veulent plus rien dire.
Ecologie, politique, génétique: il y a autant à développer sur ces thèmes.
Egan et ses univers.
Comme dans
isolation,
Egan nous dresse un futur (très proche) où les hommes sont dotés de mods pour la recherche, ou bien les journalistes ont des caméras directement implantées dans le corps, reliées au nerf optique. L’information passera de manière surprenante…
Encore une fois écrit à la façon d’un polar, ce roman ravira tout type de lecteur de SF, pour des raisons parfois complètement différentes.
En conclusion, ce roman est impressionnant et visionnaire. Un beau chef d’œuvre. Beaucoup d'autres thèmes sont à découvrir par vous-mêmes.
Liens :
A lire pour plus de détails sur la physique des particules :
http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier532-1.php
http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier176-1.php