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Zaroff

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08/06/2009
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L'échiquier du mal

Dan Simmons


L'échiquier du mal
Traduction : Jean-Daniel Brèque
Illustration : Guillaume Sorel
Titre original : Carrion Comfort
Première parution : 1989

 Pour la présente édition :

Editeur : Denoël
Collection : Lunes d'encre
Date de parution : juin 2003
ISBN : 2-207-25441-0

Ce livre est noté   (3.5/5 pour 2 évaluations)


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La critique du livre
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Des personnes possèdent le Talent. Ils peuvent prendre le contrôle total de votre cerveau et vous faire commettre les pires bassesses.
Saul Larski a été « pénétré mentalement» par un Oberst durant sa détention à Chelmno, le tristement célèbre camp d’extermination nazi. Devenu psychiatre, il va retrouver son ancien bourreau et tenter d’annihiler tous ces vampires du psychisme, responsables des maux du vingtième siècle.
Assassinats politiques, guerres, homicides, viols… un groupe de deux femmes et un homme se retrouve à Charleston. Ils comparent leurs Festins communs (l’assassin de Kennedy, Charles Manson…) et le macabre commence ! Ils s’entretuent et la guerre de position s’installe. C’est tout un univers qui se met en place sur l’échiquier mondial : FBI, police, show-business pornographique, nazisme, politiciens véreux sur fond de crimes et de violences sexuelles.

Des flash-back sur l’Holocauste remontent à la surface, notamment la cruelle partie d’échecs avec des prisonniers. L’ensemble est glauque, morbide, horrifique, violent et surtout palpitant. Ce roman est un thriller d’espionnage fantastique, un mixage de Grisham et de Thomas Harris. C’est noir comme du polar, rouge comme de l’épouvante et efficace comme du John Le Carré. Composé d'un prologue, de trois livres divisés en 78 chapitres et d'un épilogue, c’est un roman fleuve écrit avec maestria. Le Talent permet aux personnages du roman qui en sont dotés de s'insinuer dans l'esprit d'une personne, de la contrôler, de la conditionner et de la manipuler. Le Talent donne alors un pouvoir absolu sur autrui.

Roman très ambitieux.
Construction des chapitres irréprochable.
Alternance des personnages et des lieux, trames, meurtres sous contrôles mentaux, alliances diverses, mensonges, trahisons, sexe… l’ensemble forme une farandole infernale et notre esprit se repaît de ces intrigues où Saul Laski est le rouage central.
Le conflit israélo-palestinien est sous-jacent et ce sont des cultures qui s’affrontent : le déclin capitaliste de l’Amérique, la vieille Europe traditionnelle et la nation combattante israélite. Mossad contre FBI. FBI contre police. Hommes de l’ombre qui se partagent l’échiquier mondial du Pouvoir sous forme de Jeu.
Cruauté des interrogatoires et méthodes expéditives vous donnent la nausée.

Simmons

ne plaisante pas avec le lecteur. Vous devenez un pion et c’est sans doute le but recherché. L’auteur nous trimballe en Europe, à Israël, au Mexique, aux Etats-Unis ; nous faisons connaissance avec les armes utilisées, les méthodes « liquidatrices », les milieux intégrites religieux… bref c’est tout un univers qui enfle au fil des 1100 pages et qui se gangrène par l’action des personnages sur différents plans : Laski et Preston d’un côté et les Barent, Harod, Borden, Fuller, Sutter et Kepler de l’autre.

Nous visualisons les situations par attaques simultanées et temporelles de 1980 à 1981. Le scénario peut ressembler à Jackie Brown de Tarantino car le texte est vivace et le suspens d’une ampleur rare. La violence s’insinue parmi les protagonistes, les combinaisons se mettent en place. L’agent du FBI Haines ne lâche rien et traque ses proies pour le compte du milliardaire Barent. Laski et Preston tiennent Harod de leur côté.

Mais ce sont les épisodes finaux à Dolmann Island les plus envoûtants. Des plans des Chasses du comte Zaroff me reviennent en mémoire ainsi que certains paragraphes du Son du Cor de Sarban.




"Ils ont le talent. Ils ont la capacité de pénétrer mentalement dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversions et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les ficelles de l'Histoire. Sans eux le nazisme n'aurait peut-être pas été cette monstruosité dont nous avons du mal à nous remettre, Lee Harvey Oswald n'aurait peut-être pas été abattu par Jack Ruby, John Lennon n'aurait pas été assassiné devant chez lui, les fanatismes de tous ordres ne se réveilleraient pas de façon aussi systématique et nombre de flambées de violence, tueries, accidents inexpliqués, n'auraient peut-être pas ensanglanté notre époque. Car ils se livrent aussi entre eux, par « pions » interposés, à une guerre sans merci. A qui appartiendra l'omnipotence ? Sans doute à celui qui aura le plus soif de pouvoir."

Né en 1948, Dan Simmons est l'auteur du vaste cycle d'Hypérion, qui lui a valu un succès mondial, et de plusieurs autres romans, comme L'Homme nu, Les Larmes d'Icare. L'Echiquier du mal est son chef-d'oeuvre.


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