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oman

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11/02/2005
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Double étoile

Robert Heinlein


Double étoile
Traduction : Michel Chrestien
Illustration : Wojtek Siudmak
Titre original : Double Star
Première parution : 1986

 Pour la présente édition :

Editeur : J'ai lu
ISBN : 2277115894

   

Entrée en matière :

« Si quelqu’un fait son entrée, vêtu comme un cul-terreux et qu’il se conduit comme si la maison lui appartenait, pas de doute, c’est un astronavigateur. Obligatoire ! Le métier fait croire qu’on est le maître de la création. Et quand un « navigateur » pose le pied sur le plancher des vaches, c’est comme s’il rendait visite chez les paysans… »

L'histoire :

Smythe est un acteur, un bon acteur, mais il est également au chômage. Tout vient à qui sait attendre et il est emballé puis terrifié lorsqu’on lui propose non pas un rôle mais le rôle de sa vie. Le seul soucis est qu’il doit se faire passer – doubler – l’une des plus grandes figures politique du système solaire, le porte parole de l’opposition au gouvernement actuel : Bonforte. Pourquoi ? Mystère, on ne lui en dit pas plus. Recruté par l’équipe qui l’entoure, on lui annonce que le politicien doit se faire doubler pour son intronisation auprès du peuple martien…

Encore un roman récompensé par un Hugo par le grand et controversé Heinlein, ce qui m’a intrigué. J’avoue avoir pris le roman sans savoir de quoi il retournait.

Le monde politique.
En effet, il s’agit d’une histoire simple, à la base, qui met en scène un acteur qui va devoir remplacer un politicien de grande importance. Mais il s’agit de démonter un peu tous les rouages de la politique, à savoir qu’un homme public politique n’est rien sans son équipe. Il ne représente que la partie émergée de l’iceberg, l’interface entre le public et les vrais décideurs. Et c’est là que se joue le vrai pouvoir : dans ce bouillon des conseillers. C’est là que la bataille peut faire rage, pour infléchir le courant dans tel ou tel sens. Ça me rappelle ce film les hommes du président , où les hommes de l’ombre tirent toutes les ficelles du pouvoir. Certaines personnes n’aspirent qu’à cette facette du pouvoir et leur évitent un contact direct avec le public. D’autres personnes s’accommodent plus de la facette relation publique, grâce à leur sens de la communication, de la répartie, et un certain charisme. Mais qui nous gouverne vraiment ?

Dans ce nid de vipères, Heinlein y implante un ingénu, un enfant ventriloque prodige dans ce monde si particulier. Une grosse farce, si grosse ! Le mensonge sera t-il découvert ? Où est le vrai Bonforte ?

Sur un ton sarcastique, Heinlein nous conte une belle imposture. Le message et les convictions politiques de l’auteur sont à peine voilées et ne prennent pas le pas sur l’histoire. Du moins, elles ne m’ont pas du tout choquées. Bien écrit, bien mené, quelques rebondissements même si un peu prévisible, un beau roman.

Extraits :

« Je ne suis pas un pacifiste. Le pacifisme est une doctrine équivoque qui permet à un homme d’accepter les avantages d’un groupe social sans être prêt à les payer jamais, et qui par un surcroît prétend donner droit à une auréole, en échange d’une malhonnêteté. »

« Prenez parti ! Prenez parti, toujours ! Vous vous tromperez quelquefois, mais celui qui ne prend jamais parti a toujours tort. Dieu nous garde des poltrons qui refusent de choisir. Levons nous et comptons-nous… »


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Critique enregistrée le 21 novembre 2005 à 16h57

Science-fiction

,

fantastique

, fantasy : Culture SF, toutes les littératures de l'imaginaire

© Culture SF 2003 / 2009 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 13 mars 2009

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