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Jim

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17/08/2005
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Etat de rêve

Ian McDonald


Etat de rêve
Traduction : Bernard Sigaud
Illustration : Manchu
Titre original : Empire dreams
Première parution : novembre 1997

 Pour la présente édition :

Editeur : Le Livre de Poche
Collection : SF
ISBN : 2-253-07203-6

Ce livre est noté   (4/5 pour 1 évaluations)


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La critique du livre
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L'Ecossais Ian Mc Donald se fit remarquer du petit monde de la science-fiction avec son premier roman, Desolation road, chronique martienne d'emblée saluée pour la variété de ses personnages et sa qualité stylistique.
C'est la même année , 1988, que paraissait ce recueil de nouvelles, un ouvrage de haute tenue qui suggère que son auteur a plus d'un atout dans sa plume (ou dans son clavier).

Sa prose, travaillée mais toujours limpide, se fait changeante pour s'adapter aux besoins de chaque histoire, à la manière de Theodore Sturgeon en son temps.
Ses histoires sont autant de récits où l'essor des technologies va de pair avec la quête de spiritualité, où des enfants curieux et encore capables de s'émerveiller côtoient des adultes craignant les traîtrises de la folie ou l'inexorabilité de la mort, où les apparences sont souvent trompeuses.

Ce recueil comporte dix nouvelles:

Rêves impériaux (Ground Control to Major Tom) : un jeune garçon malade rêve. Il rêve qu'il file à bord d'un chasseur interstellaire pour la sauvegarde de l'Empire. A ses côtés, un père idéalisé qui lui a été enlevé trop tôt.
De la nécessité de se confronter à la dure réalité, avec des pointes de nostalgie sur le space-opera tel que seul l'enfance peut le goûter, une nouvelle très touchante.

Scènes d'un théâtre d'ombres :
Dans une Venise d'un autre monde, les intrigues ont toujours droit de cité et les masques dissimulent des secrets mortels.
Une nouvelle à l'atmosphère prenante, qui montre peu et laisse imaginer beaucoup.

Christian : tu es un petit garçon qui joue seul sur la plage, la Conserverie abandonnée est ton royaume, tu te lies d'amitié avec cet homme aux fascinants cerfs-volants.
Narrée en partie à la deuxième personne pour accentuer une proximité acquise par la chaleur humaine qui se dégage des personnages, cette nouvelle à tiroirs est à l'image de ces jouets en toile: en équilibre entre deux mondes, entre force et fragilité.

Roi du matin, Reine du jour : dans l'Angleterre du début du siècle, un astronome amateur, patriarche d'une famille respectable, observe d'étranges lumières dans le ciel et élabore des hypothèses trop audacieuses pour ses pairs. Dans le même temps, sa fille, adolescente, retrouve avec joie sa maisonnée après les contraintes d'une éducation en pensionnat, et percoit l'appel irrésistible de la Nature, vibrante de vie et de mystères.
Racontée sous forme épistolaire, mêlant ufologie avant la lettre et mythologie du petit peuple celte cher à Arthur Machen, une merveille.

La roue de Sainte-Catherine (Notre-Dame de Tharsis) :
Dans un futur indéterminé, une ingénierie de haut vol a permis la terraformation de Mars. une technologie chassant l'autre, une locomotive de légende s'apprête à faire son dernier voyage avant remplacement par des avioptères. Tout cela peut paraître extrêmement pragmatique mais même un monde neuf a besoin de croyances et de croyants, quelles que soient leurs formes.
Placée dans le décor de Desolation road, cette nouvelle (dont le texte d'une page, Le dernier Bethlehem Ares Express, présenté au début de ce volume, donne un avant-goût) fait se rencontrer le mécanique et le spirituel, et présente un personnage féminin qui pourrait être la cousine de Sundara dans L'homme stochastique.

Portrait inachevé du Roi de la Douleur, par Van Gogh : sous le chaud soleil de la Provence, Van Gogh le torturé cherche sa voix d'artiste et redoute de sombrer dans la démence. Il rencontre un personnage qui lui affirme venir du futur et qui bouleversera sa vie.
Relecture intelligente de la vie du génial Hollandais, cette nouvelle est avant tout une exploration de l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus déchirant.

L'Ile des morts : Une fois par an, sur cette île aux tons gris, les morts reçoivent les vivants. Mais communiquent-ils vraiment?
Un regard mélancolique sur le fossé entre deux mondes, si loins, si proches. Une nouvelle poignante.

Radio Marrakech : dans les milieux interlopes des médinas marocaines vivent des êtres d'exception dont l'éclat brille d'autant plus fort que leur existence est précaire.
Une histoire d'amour tragique.

En des cités singulières : des voyageurs se réunissent autour d'un feu improvisé et racontent quelles étranges villes ils ont arpenté.
Un conte philosophique sur notre humanité, nos différences et nos ressemblances.

Vivaldi : un professeur de l'Agence Spatiale Européenne suit avec passion le parcours du premier engin interstellaire expédié au delà du système solaire et qui s'apprête à frôler la zone d'influence d'un trou noir. Cet évènement jettera un éclairage nouveau sur sa vie, marquée par la mort de sa fille unique.
Réunion du spectaculaire et de l'intime, cette nouvelle est un peu comme la version adulte de Rêves impériaux; ainsi, la boucle est bouclée.

A ces récits s'ajoute la préface de Gérard Klein qui revient sur l'importance du format court dans la SF, une préface qui, pour une fois, peut sans problème se lire avant le reste du livre.

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Avec Etat de rêve, Ian Mac Donald signe un premier recueil toujours plaisant, parfois sublime.
Les amateurs de nouvelles ne peuvent qu'espérer que ce ne soit pas le dernier.




Sur ce monde, les cerfs-volants, se déplacent dans la quatrième dimension et préviennent du passade des navires interstellaires...
Dans ses rêves, un jeune garçon défend son corps contre des pirates interplanétaires.
Vaincra-t-il ainsi son cancer ?
Dans l'île des morts, les défunts reçoivent leurs proches. Un jour par an...

Dans sa préface à ce recueil de nouvelles de Ian McDonald, l'un des plus brillants jeunes auteurs britanniques, Gérard Klein analyse la place centrale de la nouvelle dans la science-fiction moderne.


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Brasyl   

Brasyl

    

Ian McDonald



Cette critique est signée machin
6 réponses y ont été apportées. Dernier message le 13/04/2010 à 16h31 par NathalieS

Science-fiction

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