Cadavres exquis
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Lettres à un frère
un cadavre exquis proposé par stealrige

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stealrigeE-Traym


Lettres à un frère

Chapitre 2 proposé par E-Traym
Ce texte a été déposé le 10/11/2006


     Au matin du 72ème jour de la 397ème année des Mines des collines tombées du ciel...

     Qu'il est bon mon cher frère d'avoir de tes nouvelles ! Et par le duvet de mes fils, bonnes !

     Que d'aventures comparé à moi, pauvre nain vilain et volé, qui dans les champs d'herbes hautes, rêve tout bas de ma mine perdue. Car voilà, ton «brise-bras» de 3ème fils de notre tendre mère s'est fait occire sa belle mine ! Adieu magnifiques veines ! Je pleure dans le maïs mon bel et bon minerai.

     C'est arrivé peu avant l'hiver, un matin froid ou, d'un ciel horriblement bas, tombaient morts des corbeaux maigres. Goutte, notre esquimau de compagnie, envisagea le présage comme fort mauvais, chaussa ses moignons, vestiges de ses pieds dévorés par le gel, et s'enfuit. Nous ne l'avons jamais revu l'immonde lâche ! Peut-être est-ce lui qui nous a trahis ! Qui sait ?

     Dès le midi, alors que tes neveux, pioche en main, s'apprêtaient à livrer un dur et nouveau combat avec la roche et que je me lissais la barbe en songeant au «moignonneux», il se mit à goutter une pluie marron et drue comme si la terre avait empli le ciel et que mouillée, elle s'écoulait en boue.

     «Par l'immonde fiente de Troll !» m'époumonai-je, «Qu'est-ce donc que cette sorcellerie ?»

     Et là, devant moi, ils apparurent : des Elfes de la pire espèce, des empêcheurs de forger... les Elfes noirs, les fêlons ! Comptés, ils étaient 50. Mais ils valaient 50000 par leurs artifices goétiques. Ah ! Maudite magie noire !

     Ils m'ont ordonné à moi, ton frère, de partir avec mes fils, loin, ici, d'où je t'écris. Ils sont entrés dans ma mine, ma bonne et belle mine et n'en sont pas ressortis.

     Leur chef, Araichliir, la plus mauvaise et machiavélique femme-elfe qu'il m'ait été donné de voir depuis plus loin que je me souvienne jusque ce jour immonde et boueux, est entrée la dernière. Puis l'ouverture s'est effacée comme l'empreinte d'une mouche dans un miel liquide. Mes fils duveteux voulaient se battre et il a fallu toute ma force pour les empêcher d'aller se faire massacrer. La magie de ces fêlons étaient d'une puissance telle que mille nains vigoureux et résistants n'auraient pas suffi à arracher un seul cheveu blanc d'un seul de ces ténébreux. La peste !

     Ah, si toi, mon cher frère, tu avais été là ! Je suis sûr que jamais ces elfes exilés n'auraient osé se présenter devant ma mine. Ils auraient rebroussé chemin, la peur au ventre. Oui ! Ils auraient fui, les lâches, comme l'esquimau ! Ils s'en seraient pris à Goutte ! Sacrifice ! Oui, ils l'auraient sacrifié, le traître ! Maudit soit ce moignonneux et que finissent de geler toutes ses extrémités !

     Mais je m'emporte. Toute cette colère est maintenant bien inutile. Je suis dans un champ semé de blé, de maïs et de mauvaises herbes avec mes 3 fils qui me boudent. Nous sommes vivants mais nos mines sont tristes et blafardes. Nous reviendrons chez nous. Je le promets !

     Sur notre route, nous avons croisé le marteau avec un gnome puant du nom de Mossiklinn mais plutôt que de le massacrer, nous l'avons emmené avec nous. Il ne cesse de coasser des âneries mais il nous divertit plutôt bien. Il remplace avantageusement cette mauvaise graine de Goutte. Et c'est grâce à lui que nous avons mis la main sur le prospecteur à qui tu avais confié ta lettre. Je lui remettrai ma réponse et te le renvoie. De toute façon, nous n'avons plus de mine alors de prospecteur, je n'ai cure. Qu'il soit donc notre facteur !

     D'après ses dires nous ne sommes pas si loin l'un de l'autre. Sache que si tu as besoin de barbes drues et de duvets en devenir de barbe, nous sommes tes nains !

     J'aurais plaisir à en découdre tout en sifflant et surtout en ta compagnie. J'ai décidé de continuer ma route vers la vallée des «gouttières» car je ne désespère pas de loger ma hache dans le crâne de ce satané esquimau puis j'attendrai de tes nouvelles au village des hommes.

     Un certain Awaiirk dont j'ai oublié le misérable nom de famille avait rencontré notre vieux frère aîné avant qu'il ne se fasse occire par ce troll des forêts il y a déjà fort longtemps. Je vais le voir pour en connaître davantage sur son trépas et venger la mémoire de Thyrian en retrouvant cet écervelé de grand benêt. J'ai besoin de jouer de la hache et montrer à mes fils que leur père n'a pas volé sa barbe ! Par le marteau ! Nous reviendrons dans notre mine et briserons les os de ces drows, ces fêlons, à commencer par Arraichliir cette peste !

     Puisses-tu lisser ta barbe encore bien des lustres mon frère !



Ton frère            



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stealrigeE-Traym

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