Cadavres exquis
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Lettres à un frère
un cadavre exquis proposé par stealrige

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stealrigeE-Traym


Lettres à un frère

Chapitre 1 proposé par stealrige
Ce texte a été déposé le 28/04/2006


     En ce 34ème jour de la 397ème année des Mines des collines tombées du ciel, mon cher frère je te donne de mes nouvelles.

     J’espère que depuis mon dernier courrier ta mine s’est agrandie et que tu as découvert de nombreuses veines de minerai. Pour ma part l’ennui et la monotonie du voyage sont les rares choses dont je suis resté dans l’ignorance. Et si je t’écris d’un chariot en route pour Laelith la légendaire, ma situation n’a pas toujours été aussi confortable. J’ai tout perdu fors l’honneur. Je n’ai donc rien perdu, car ce qui a été forgé peut l’être de nouveau. Par où commencer ? Mes souvenirs se bousculent comme des gobelins en déroute. Heureusement, comme une mine, une histoire a toujours une entrée. Je t’invite à y pénétrer en ma compagnie.

     Une vaste plaine, j’y chemine de nombreux jours. L’hiver arrive alors que je traverse de belles et hautes montagnes. Notre peuple y réside en nombre. Malheureusement, coup de grisou, ces terres appartiennent à un roi humain qui ne nous prise guère. Aussi vite que la terre envahit une galerie mal étayée ses sbires me capturent traîtreusement et m'enferment dans une cage suspendue. J’y suis nu avec deux compagnons d’infortune : une humaine et un autre porteur de barbe.

     Deux jours, trois, se passent. L’endroit semble peu fréquenté. Deux cavaliers arrivent ; un guerrier humain et Popi Bandersnatch, un prêtre de la forge. Ils nous délivrent. Mais la chance doit être fille de gnome. Un dragon nous attaque, de la pire espèce, un noir. Mon compagnon de captivité, certainement encore ankylosé, se prend le souffle de plein fouet. Il ne reste que ses os, sans aucun poil. J’ai néanmoins ma part d’acide. Je ne laisse jamais une offense impunie, tu le sais. Je grimpe à un arbre et bondis sur le dragon à un de ses passages. Surpris, celui-ci en perd la maîtrise des airs. Pendant ce temps le guerrier humain, j’ai appris depuis qu’il se nomme Estregal, décoche flèche sur flèche. Dès lors il ne nous faut que peu de temps pour que le crache-feu s’enfuit, piaillant comme un elfe.

     Bien que nous ayons subi la cage, nos sauveurs ne semblent pas mieux lotis que nous. Le dragon leur a tout détruit, ou presque. Il ne leur reste plus que de l’or. La part assez conséquente d’un de leurs compagnons décédés, qu’ils doivent apporter à son frère, forgeron au village de Greyhawk. Nous subissons le froid et la neige. Un temple ; ses prêtres l’appellent une église et y adorent un dieu unique. Quelle idiotie. Enfin, ils nous accordent asile. Dans la nuit un autre voyageur nous rejoint : un gnome. Au matin nous sommes dévotement jetés à la porte. Nous reprenons notre route, chargés du long-nez.

     Nous arrivons à Greyhawk. Estregal et Popi remettent sa fortune à l’héritier. Celui-ci nous remercie en nous rééquipant. La hache est bonne, mais l’armure moyenne. L’argent va lui permettre de quitter le village. Il nous propose de l’accompagner. La forge s’éteindra demain. Dans la soirée Il nous narre l’histoire du village. Il y a trente ans, un chevalier conquérait le cœur et la vertu de la fille du bourgmestre. Il fut lapidé pour sa faute. La gourgandine est désormais une vieille folle qui vit dans les bois. J’aurais plutôt lapidé ce père qui n’a pas su préserver l’honneur de sa fille. Mœurs d’humains. Mais récemment une malédiction a surgi, comme une veine de minerai longtemps cherchée. Un dragon noir est leur némésis.

     Ayant appris notre présence le bourgmestre, ce père dénaturé, nous propose de l’or pour détruire la bête. Quelques recherches corroborent les liens avec l’ancien drame. Le porte-écailles semble être le chevalier réincarné. Nous l’affrontons près du logis de son ancienne amante. Le monstre est puissant. Dans la bataille le gnome est vaporisé ; nonobstant son nez il ne l’avait pas senti venir. Mais même une poutre maîtresse peut être dévorée par les termites. Nous tuons le dragon. La vieille folle qui fut son aimée se suicide sur son corps. Les amants sont enfin réunis. La malédiction est levée. Avec Popi Bandersnatch nous demandons aux autres de respecter le couple maudit et interdisons le pillage. Au village l’heure du départ approche ; le forgeron nous attend. Nous sommes payés avec réticences. Estregal distribue l’or aux villageois. J’ai connu des granits qui éprouvaient plus de regrets et de remords que ce bourgmestre. Je me retiens de lui aérer la cervelle à coup de hache.

     Nous partons avec le forgeron sans un regard en arrière. Les jours passent ; les barbes poussent. C’est de son chariot que je t’écris. Je confierai ce courrier à un prospecteur qui rentre chez nous. Puis j’irai de l’avant, ma mine attendra. J’ai décidé d’accompagner le prêtre ; il est tellement rare qu’un adulte à la barbe fournie continue de croire aux contes de mémé Tranche-Orc. Les dieux n’existent pas. Mais comme Père le disait : ils ne le savent pas, alors évitons de les contrarier .

     Que les duvets de tes fils, mes neveux, se transforment en barbes drues.



Ton frère            



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stealrigeE-Traym

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