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LacroutOman

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12/02/2007
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La Jungle Hormone

Robert Reed


La Jungle Hormone
Traduction : Henri Best
Titre original : The Hormone Jungle
Première parution : 1987

 Pour la présente édition :

Editeur : Robert Laffont
ISBN : 1-55611-066-9

La critique du livre
Lire l'avis des internautes (7 réponses)

"Je suis allé sur Kross, notre planète la plus centrale, et j'ai vu les immenses mines à ciel ouvert, les cités fantastiques et les princes et princesses de Kross, dont les plus pauvres étaient plus riches que cent individus comme moi..."

Brulé est une ville au passé glorieux mais qui abrite maintenant une faune cosmopolite de gens.
Il y a d'abord Steward, originaire de Yellowknife, l'un des territoires autonomes où le sport national est la résistance à la souffrance.
Il y a Dirk, le malfrat millionnaire qui vient de s'installer dans cette ville, avec son garde du corps Minius, un molosse à la chevelure multicolore.
Il y a Gabbro le cyborg, l'homme nouveau, l'homme composé d'hyperfibre.
Il y a Toby, originaire de Jardin, la planète quasi océanique et pacifique.
Et enfin Chiffon Melba, la Fleur.

Destins croisés et chassés croisés, Brulé va connaître des moments forts ces prochains jours...

OMAN : As-tu remarqué, Lacroute, que l’univers dans lequel on est plongé, est typiquement cyberpunk ?

LACROUTE : Oui, Oman, et à ce titre, le roman n'aurait du guère m'intéresser au rythme des cocktails informaticohumains récurrents dans ce genre de récit. Mais, pourtant, j'y ai trouvé de l'intérêt. Car les héros de

Reed

sont, ici et avant tout, des hommes et des femmes enfermés dans une intrigue avant tout humaine. Et ici digne d'un polar. La magie me semble provenir de la démesure technologique encerclant un banal fait divers. La vamp a fui son mac..!

OMAN : Vamp, Vamp, elle n’est pas si mauvaise, au fond.
Comme dans Schismatrice de Sterling, les hommes s’affranchissent de leur condition humaine en repoussant les limites de la génétique : l’hyperfibre (comme une nouvelle peau) permet aux hommes d’aller dans les entrailles des planètes, par exemple. Ne crois tu pas dans ce cas, que l’homme perd de son humanité ?

LACROUTE : Affranchissement certes, mais peut-être uniquement physique alors..! L'âme humaine de base et ses instincts premiers gigotent sous l'épaisse couenne d'hyperfibre. Gabbro, armuré super-héros style Hulk, s'éprend d'une frêle jeune fille impressionnée par la carrure de l'être et voit son humanité révélée au cours d'une péripétie digne du "Père Noël est une ordure": sortez et aiguisez ciseaux et haches..! Sous l'hyperfibre: un squelette de muscles. Autre exemple: Chiffon Melba s'habille de phéromones ciblées sexe, poupée putain-mante religieuse achetant sa survie au rythme de ses charmes de biolaboratoire..! Mais j'avoue ici m'être laissé prendre à ses fards et frétillements calculés..! Oui, je l'ai aimé cette peu humaine Chiffon: elle est si fragile..! T'as t'elle laissé indifférent..?

OMAN : Elle a le défaut d’être matérialiste et vénale, elle est versatile. Saura-t-elle changer pour cet homme qu’elle a pris dans ses filets comme une proie de plus à vampiriser puis à jeter telle une coquille vide ? La réponse est dans le livre.
Et que penses tu de ces " fantômes ", encore un thème développé par Bruce Sterling, Walter Jon Williams ou bien le cyberpape William Gibson ?

LACROUTE : Brrrrrrrr..! Froid dans le dos j'ai encore à l'évocation d'une telle idée..! Ces fantômes là, je les ai entrevu comme un mercantilisme de plus dans une société déjà foisonnante. La mort fait vivre richement le croque-mort. Ici le "Fantôme" vient de perdre tout banalement la vie. Il ne doit qu'à ses richesses accumulées la possibilité d'une existence intermédiaire entre vie et mort, une non-zone de plate mortvivance. En résumé

Reed

imagine des vivants, des presque morts riches, des morts comateux sans plus guère de sous au fond des poches, et des morts tout courts..! Compliqué..? Mais non, pas du tout..! Tant que vous n'avez pas encore compris qui est réellement Chiffon Melba..!

OMAN : Je t’en pris, tu peux me tutoyer.
En y réfléchissant bien, c’est un concept très Dickien. Ne penses tu pas que jamais on ne pourra numériser suffisamment un cerveau humain, pour le stocker sur un support siliconé ? Alors que sont ces pâles copies d’un homme ou d’une femme ?

LACROUTE : Parle pas de malheurs..! J'espère qu'elles ne seront rien d'autre que des idées issues de l'imagination d'un écrivain..! Cette horreur ne servira pas l'humanité..!

Reed

semble désapprouver, enfonce le clou de sa conviction, atiffant un "fantôme" d'un amour non partagé pour un vivant..!

OMAN : Peut on malgré tout considérer cette oeuvre comme véritablement cyberpunk ? A mon avis, je ne crois pas.

LACROUTE : Boula..! Le cyberpunk-spécialiste c'est toi..! En général j'évite ce sous-genre: il me donne les chocottes, m'effraie par ces avenirs qui seront peut être les nôtres. A toi de répondre à la question..!

OMAN : En y réfléchissant bien, il est difficile de se prononcer, car le background est bien là. Or on y parle beaucoup de l'individu. J'ai trouvé que "La Jungle Hormone" était un roman centré sur la nature humaine. Le fait est que personne n'est capable de sonder l'esprit de chacun d'entre nous, à la manière d'un David Selig, qui a le don de pénétrer les couches profondes de notre moi le plus profond. C'est le problème des différents protagonistes ici.

LACROUTE :

Reed

, AMHA, ne pouvait accorder le don de télépathie à aucun de ses héros, puisque l'essentiel de son propos m'a semblé de décrire leur isolement moral dans un univers hypersophistiqué..!

OMAN : Le non-dit. Ne crois tu pas que c'est le thème central de l'oeuvre de Robert

Reed

? Si l'on reprend "La Voie Terrestre" avec l'imposture du jeune Kyle, et dans "Le Voile de l'Espace/Béantes Portes de l'Espace" avec dans un premier temps le travail secret du jeune Cornell, et dans un deuxième temps la vraie nature de la famille de Mercedes. Tout n'est qu'apparences. La vérité est souvent cruelle, parfois trop difficile à accepter comme telle. Ou bien à dire telle qu’elle est.

LACROUTE : Boula..! Impossible de répondre par méconnaissance du reste de l'oeuvre..! Je n'avais jamais lu

Reed

..! Il est sorti des cartons de la cave pour le plaisir de faire cette double chronique en ta compagnie..! J'ai découvert l'auteur. Il m'a enthousiasmé. La "Voie Terrestre" est entrée dans ma PAL..!

OMAN : Content de voir que tu es devenu un

Reed

ophile ! A confirmer avec ta prochaine lecture de cet auteur.
De manière générale, sur le rythme de l'oeuvre, on a cette cassure si spécifique à

Reed

: tout se passe de telle manière, même si ce n'est pas la meilleure, et puis tout bascule tout à coup. Pour le meilleur ou pour le pire.

LACROUTE : En effet..! Je vais prendre une analogie musicale pour illustrer ton propos.

Reed

me semble être le Jimmy Page de la SF. Au sein des morceaux de LED ZEP son entrée en solo guitare était très souvent inattendue, abrupte et violente. La rythmique, première lame du rasoir qui agresse le tympan laisse subitement place, sans prévenir, à la seconde à l'occasion du solo. De la même manière

Reed

décape lors de son final..!

OMAN : Dernier point: j'ai trouvé que ce melting pot de vies entrecroisées me faisait penser à ce film de Robert Altman, "Short Cuts". Car il s'agit bel et bien de vies qui vont entrer les unes dans les autres de manière erratique - prenons l'exemple de Chiffon et de Steward-. A la manière d'un Silverberg dans "Les Monades Urbaines", Robert

Reed

s'est créé sa petite communauté.
Au final, ce roman est riche et extrêmement agréable à lire, dont le rythme nous laisse sans un sentiment de lassitude.

LACROUTE : Dis, si tu as d'autres auteurs comme

Reed

à me faire connaître, faut pas hésiter, je suis preneur..!




Une Fleur ressemble à une femme. Parfaite. Une fleur est une androïde, l'objet intelligent synthétique le plus érotique jamais fabriqué.
Mais à durée de vie limitée.
Melba Chiffon n'a pas envie de mourir. Elle n'est d'ailleurs pas ce qu'elle parait. Au fond d'elle même, de sa personnalité artificielle, il y a quelqu'un d'autre qui aspire à survivre.
Et elle a un plan. Il lui faut deux choses. Beaucoup d'argent. Celui par exemple de Dirk, son propriétaire, baron du crime en train de s'empâter. Et un héros, un guerrier, qu'elle menera par le bout du nez.
A coups d'hormones.
Quelqu'un comme Stewart, qui n'est pas non plus ce qu'il semble et qui n'est pas né de la dernière pluie.
La "Jungle hormone", qui est aussi une dérive à travers la jungle urbaine de l'avenir, est le second roman de Robert Reed et un thriller étonnant situé dans un futur à la fois crédible et inquiétant, entre "Blade Runner" et "Tous à Zanzibar"
Suspense garanti


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