|
Au contraire d'Oman, je n'ai trouvé aucun optimisme dans ce livre de Silverberg. Sur la qualité du livre lui-même, je suis d'accord, mais pas sur l'espoir.
C'est une image bien négative de l'humanité qui est présentée au lecteur. Un homme brisé, par son orgueil, et par l'attitude de "ses frères" qui devant sa blessure se sont détournés de lui, l'obligeant (lui "qui aimaient les hommes") à les épargner en se réfugiant au coeur d'un labyrinthe piégé. La blessure de Muller n'est pas visible, est-ce même une blessure ? Muller émet son humanité. Et cette humanité est pour ceux qui l'approchent une blessure.
L'homme est manipulé. L'individu doit s'effacer pour le bien du groupe. Et dans cette idée, chacun manipule et est manipulé, par les autres (bouh, le méchant Boardman), mais pas seulement. Si Ned Rawlings joue le jeu de Boardman, ce n'est pas en toute innocence. Si Muller finit par faire ce qu'il fait, c'est aussi en toute conscience, et parce qu'au final, il en a besoin (vengeance ou désir de reconnaissance, peu importe, le besoin est là).
Le labyrinthe est mortel, mais L'homme dans le labyrinthe est abyssal. Un roman d'une grande simplicité, comme épuré. Un grand roman.
Après ces considérations, une drôle de coquille s'est glissée dans l'édition J'ai lu 3e trimestre 1973 p. 143
"Les poissons sécrétés par son métabolisme bouillaient dans son corps".
|
|