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Illustration : Arnaud Cremet Première parution : 05 mars 2009
Pour la présente édition :
Editeur : Les Moutons Electriques Collection : La bibliothèque voltaïque ISBN : 2915793646
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RE : Gagner la Guerre
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01/09/2009 à 20h27
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Bien écrit, bien pensé, certainement. Riche en personnages et en vocabulaire. Portrait d'une ville et de ses habitants maîtrisé. Alors, pourquoi Gagner la guerre a-t-il été une lecture poussive pour moi ?
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Car oui, Don Benvenuto est un personnage fantastique, d’une complexité rare et d’un charisme redoutable. On se surprend plus d’une fois à aduler ce personnage, à la fois fripouille odieuse et fin tacticien lorsqu’il s’agit d’appréhender les intrigues politiques |
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Ben non, tout comme Bull, le personnage odieux ne m'a pas permis de m'attacher à ses malheurs et par conséquent au roman. Son vocabulaire entre préciosité et grossièreté est une réussite, mais pas suffisante pour entraîner mon adhésion. En quoi est-il fantastique alors qu'il avoue lui-même que sa relation est manipulée, quel crédit lui accorder ? Et la perpétuelle logorrhée de ce héros a été pénible à suivre, avec ces cadences qui se succèdent inlassablement, sans qu'aucune rupture de rythme intervienne dans la narration. J'avais souvent l'impression de me perdre dans des vagues successives de descriptions qui parfois frôlaient le ridicule (style, je m'enfuis par les toits du palais curial où si l'on me rattrape je connaitrai la torture puis la mort, les poursuivants sont sur mes talons, mais baste, je ne perds pas le merveilleux et inédit point de vue sur Cuidalia qui s'offre à mes mirettes, ouaaais c'est ça). Enfin, tout comme les clifhanger m'irritent, les annonces ont le même effet sur moi, débuter un chapitre en annonçant qu'il va se dérouler un événement auquel on ne s'attend pas, ça me fatigue par avance.
Toutefois, je reconnais que Jaworski a l'audace de montrer, et de montrer encore la saleté, les miasmes, le cynisme que notre société tendant à l'aseptisé cherche à dissimuler. Certaines de ses images sont très bien saisies (notamment l'incipit du roman pour moi très bédéesque). J'ai beaucoup apprécié la façon dont l'auteur a su créer un univers riche en diversité, en territoires, en histoire(s), tout en cohérence, rappelant et reprenant en cela les nouvelles du recueil Janua Vera. Mais il est un peu trop complaisant avec son narrateur selon moi, et son récit bien agencé aurait mérité d'être resserré.
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RE : Gagner la Guerre
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02/04/2010 à 17h06
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Je ne suis pas enthousiaste non plus.
Entendons-nous : ça m'a plu, aucun doute, mais de là à crier au chef-d'oeuvre, il y a un fossé. J'ai dit par ailleurs combien je peux être exaspérée de voir une écriture aussi inventive, riche, charnue, émaillée de fautes grossières (dont celle que je ne peux supporter : "je vous serais gré" SIIIIIIIIIICCCCCCC). Par ailleurs, autant je suis touchée par le lien entre Benvenuto (et, d'ailleurs, Ducatore, dont il n'est guère que le double, Leporello digne de ce Don Juan) et la ville de Ciudalia, autant le personnage lui-même ne me touche guère que par instants.
J'ai bien aimé les elfes très particuliers de Jaworski, et j'ai regretté de ne pas passer plus de temps avec Melanchter, et j'en apprendrais volontiers un peu plus sur les différentes magies, comme d'ailleurs sur le mystérieux Sassanos.
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RE : Gagner la Guerre
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20/08/2012 à 14h45
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Ben moi J'ai bien aimé le personnage.
J'ai connu quelqu'un qui frappait ses chiens enfermés dans un sac pour qu'ils deviennent méchants (si si un tendre j'vous dis). Qui était le plus dangereux et le plus détestable, le chien ou le maitre ?
Le chien, lui, pouvait vous mordre, vous sauter à la gorge et il faisait peur à tout le monde alors que le maitre n'inspirait de la haine qu'à ceux qui connaissaient ses horribles pratiques.
Jaworski nous conte l'histoire d'un de ces chiens (clébard dirait Don Benvenuto) que l'on a traité contre la bonté dès la plus tendre enfance.
Clairement Don Benvenuto n'est qu'un pion manipulé par le pouvoir mais avec en plus l'horrible avantage d'en être tout à fait conscient. Ce qui ne lui laisse aucune échappatoire, quand on en est là on ne peut plus changer. Seule la mort peut vous libérer et on le sent plusieurs fois prêt à franchir le pas sans remord ni regret, reprendre une vie normale n'est pas envisageable car même si on lui laissait la possibilité de réaliser cette marche arrière (ce dont il doute fort et pour cause) cette nouvelle vie ne serait qu'un enchevêtrement de remords de peurs et de visions horribles.
J'ai adoré ce livre.
Jaworski nous y brosse un tableau très coloré d'un monde très sombre reflet à peine caricaturale de notre société ou les "enfoirés" sont les rois.
J'y ai pourtant trouvé quelques longueurs je me souviens de l’avoir dit, mais je ne sais plus où, elles ont disparus de ma mémoire pour n’y laisser que l’image d’une grande fresque parfois très vivante comme une magnifique BD dans les moments les plus épiques et parfois triste et mélancolique comme une œuvre de William Turner.
J'ai adoré ce livre.
Cela ne trompe pas, dès le dernier mot lu je tourne et retourne le livre entre mes mains, à la recherche de je ne sais quelle prolongation hypothétique.
Mais quand y’en a plus, y’en a plus.
Merci de m’avoir permis cette découverte et comme dirait l’ami Lacroute (si vous le permettez) :
« Heureux ceux qui ne l’ont pas encore lu ».
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 le réel !! voulez-vous que je vous dise ce que c’est le réel ? Le réel, c’est ce qui cloche
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