Forum SF
  Critiques
  Critiques BD
  A propos du site
  L'Atelier
  Remue-méninges
    Le bistrot
    Annonces (une dédicace ? vous venez de publier un livre ?)
Pseudo :
Passe :
  Pas encore enregistré ?
  Mot de passe oublié ?
80 visiteurs actuellement
  Les forums de Culture SF
vda

Inscrit le :
16/02/2006
34 critiques
1528 messages
Consulter le profil de vda
Envoyer un message privé à vda

Il est difficile d'être un dieu

Boris Strougatski

,

Arkadi Strougatski


Il est difficile d'être un dieu
Traduction : Bernadette du Crest
Illustration : Pascal Moret
Titre original : Daliokaïa radouga
Première parution : 1964

 Pour la présente édition :

Editeur : Denoël
Collection : Présence du futur

Lire la critique
L'avis des internautes (2 réponses)
  Répondre  |   page 1 / 1   |  
mijo

Inscrit le :
20/08/2006
583 messages
RE : il est difficile d'être un dieu 08/10/2006 à 10h48  
Dommage que ce livre soit difficile à trouver actuellement …
mais ta chronique m’a donné l’envie de le lire
même s’il est à réserver sans doute pour quand on a le moral
(la littérature russe étant en général déprimante…)
   Consulter le profil de mijo  Envoyer un message privé à mijo  
Olivier

Inscrit le :
02/09/2004
9944 messages
RE : Il est difficile d'être un dieu 28/07/2020 à 14h58  
Si j’en crois Noosfere, nous sommes plus dans le début de l’œuvre des frangins, que dans la pleine maturité.
Cela explique peut-être ce qui m’a dérangé dans cet excellent roman, qui manque de peu le statut de chef-d’œuvre, comme Stalker, qui reste pour moi un chef-d’œuvre.

Sur le fond, ce roman est tout simplement vertigineux.
Son cadre est magnifique, parfaitement bien posé, et son intrigue ouvre la voie à de fructueuses réflexions.
Elle montre les limites de l’analogie, et ce n’est pas parce que l’époque s’y prête qu’émerge un Richelieu (faut-il y voir une critique du césarisme, de l’homme providentiel et de sa version la plus radicale, le culte de la personnalité ?). Tant historique que politique, ce fond est d’une finesse et d’une richesse peu communes, y compris dans la sf de l’époque.
Les réflexions sur les limites et les impasses du volontarisme du despotisme éclairé porté par les bolcheviks en 1917 est saisissant, et autrement plus profond que les tartines d’un Soljenistyne (rebus littéraire de la Guerre froide, qui fit bien plus pour sa notoriété que son œuvre, AMHA. Une œuvre limitée à laquelle s’ajoutent ses opinions abjectes, qui expliquent pourquoi Poutine l’honore et le révère).

Bien plus fascinant que Fondation ou les romans politiques de Heinlein (notamment son utopie libertarienne… assez léniniste comme le remarquait Manchette dans son Journal), le roman des frangins est certainement l’un des plus politiques de la sf.
Non pas politique pour ses idées, mais pour ses réflexions et sa lucidité sur le totalitarisme, ainsi que la vision mécaniste spécifique au bolchevisme([url=https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1939-09-la-lutte-contre-le-fascisme-commence-par-la-lutte-contre-le-bolchevisme-ruhle/]Tout cela ayant été analysé par Otto Rühle)
Sans doute cela vient-il aussi du vécu et du pays des auteurs, qui ont connu la Terreur stalinienne, et dont les parents ont probablement connu la Guerre civile et ses atrocités blanches et bolchéviques. Sans oublier la campagne contre Pasternak, cloué au pilori et obligé de refuser le Nobel… pour un roman censuré.
Les limites de la déstalinisation avaient déjà été fixée clairement (Mur de Berlin, écrasement des ouvriers polonais, est-allemands et surtout hongrois), et le roman se révèle à cet égard assez impitoyable pour peu que l’on lise entre les lignes.

Bref, tout cela est magistral.

Mais il y a, à mon avis, un tout petit point négatif.

SPOILER
Je trouve que la révolution de palais est très hâtive, et tranche avec la beauté contemplative qui plonge le lecteur abruptement dans ce monde étrange, ainsi que sur l’identité des protagonistes qui sont plus que des nobles féodaux (le fascisme était vu comme une réaction féodale par les staliniens). Comme si les frangins avaient un nombre limité de pages, et devaient s’y tenir. Refusant de sacrifier tant la belle littérature des pages précédentes, que les vertigineuses réflexions politiques, j’ai eu l’impression qu’ils ont hâté le dénouement, histoire de s’en tenir au nombre de pages convenues.

A moins qu’il ne s’agisse d’une erreur, celle d’auteurs encore débutants (il a fallu de nombreux romans pour que Philip deviennent Dick, et des vraiment pas glorieux !), auquel cas je passe l’éponge sans hésiter.

Quoiqu’il en soit, je recommande sans hésiter ce roman qui, si l’on tient compte de la sf de l’époque, est certainement l’un des plus stimulants. Un très grand roman, voire un chef-d’œuvre (et ça se prononce pareil en russe !).
Signature de Olivier "Un monde nouveau va naître, un monde dans lequel il n'aura pas sa place. Il est trop clairvoyant pour lutter contre lui ; mais il ne feindra pas de l'aimer." George Orwell
dernière édition : 28/07/2020 à 14h59   Consulter le profil de Olivier  Envoyer un message privé à Olivier  Visiter le site de Olivier  
   Répondre  |   page 1 / 1   |  
Lire la critique
L'avis des internautes (2 réponses)

Science-fiction

, fantastique, fantasy : Culture SF, toutes les littératures de l'imaginaire

© Culture SF 2003 / 2014 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 08 juin 2014

nos autres sites : APIE People : rencontres surdoués - Traces d'Histoire