Forum SF
  Critiques
  Critiques BD
  A propos du site
  L'Atelier
  Remue-méninges
    Le bistrot
    Publicités et annonces
Pseudo :
Passe :
  Pas encore enregistré ?
  Mot de passe perdu ?
24 visiteurs actuellement
Derrière l'écran Richard Matheson
Derrière l'écran

par Olivier
Dagon Howard Phillips Lovecraft
Dagon

par Gui
Brantonne au Fleuve Noir Yves Frémion
Brantonne au Fleuve Noir

par Gui
Pourquoi les Japonais ont les yeux bridés Keiko Ichiguchi
Pourquoi les Japonais ont les yeux bridés

par Gui
Hypérion Dan Simmons
Hypérion

par Gui
Recevez les dernières nouvelles de Culture SF en vous abonnant à la lettre d'informations !
  
  Voir les précédentes lettres
Vous souhaitez contacter
l'équipe de Culture SF ?
C'est par ici !
Soyez les premiers informés
des dernières critiques
publiées, en vous abonnant
au flux «RSS critiques».
  Ajouter à Netvibes
  Les forums de Culture SF
vda

Inscrit le :
16/02/2006
34 critiques
1442 messages
Consulter le profil de vda
Envoyer un message privé à vda

Manuel à l'usage des apprentis détectives

Jedediah Berry


Manuel à l'usage des apprentis détectives
Traduction : Philippe Rouard
Illustration : Jefferson Rabb
Titre original : The Manual of Detection
Première parution : 05 mars 2009

 Pour la présente édition :

Editeur : Denoël
Collection : Denoël et d'Ailleurs
ISBN : 978-2-207-26106-4

   

Lecteur, tu as entre les mains le titre même de l'ouvrage, un manuel à l'usage d'apprenti détective, de détective réticent. Les dix-huit chapitres du roman renvoient aux dix-huit chapitres du manuel dont il est question, dans le roman, et sont autant d'étapes dans la maîtrise de l'art du détective que dans la maîtrise de sa vie.
Cette adéquation de la forme avec le fond, à moins que ce ne soit l'inverse, est un des charmes du roman. Elle est aussi symptomatique du texte qui évite le sérieux avec un peu trop de persévérance à mon goût. Les pirouettes ont leur lieu - la foire -, la légèreté est une qualité, mais à force de sautillements elle pourrait s'épuiser.
Ce Manuel à l'usage des apprentis détectives est en somme un roman d'apprentissage. Il a échangé le jeune homme de bonne famille flaubertien pour un vieux garçon confit dans ses rapports et ses habitudes.

Jedediah Berry navigue entre l'atmosphère d'un film noir et le roman fantastique. L'ambiance du film noir est introduite dès le départ, avec le mystère que représente la femme au manteau à carreaux, son attente quotidiennement déçue sur un quai de gare, la fascination qu'elle exerce sur le clerc-futur-promu-détective-malgré-lui, et par la suite les femmes fatales,les imperméables et la pluie. A la fois Chandler et Bogart. Quant au fantastique, il provient de l'absence de repères, que le roman se refuse à donner. Il en émane une ville, portuaire, avec des bars interlopes, une agence de détective toute puissante, un aspect retro (chapeaux de rigueur, machines à écrire plutôt qu'ordinateurs à traitement de textes, coursiers plutôt que téléphones, sms et mail, ...). Il découle aussi de cette plongée du héros dans l'inconnu et le rêve. Un peu lovecraft, un brin Sturgeon.



Roman malicieux, intelligemment construit - bien qu'un peu trop léger et long à mon goût - on passe un agréable moment en compagnie de Charles Unwin, de Mle Greenwood, des frères Rook, de la femme au manteau à carreaux, d'Emily Dopper, de cette ville tiraillée entre le chaos de la foire et l'ordre de l'agence.
Il semblerait même que les parapluies finissent par se fermer et les chaussettes par sécher.




Dans une ville autarcique noyée sous les flots incessants, Charles Unwin, clerc aux écritures à l'Agence, rédige et consigne avec un soin presque excessif les rapports du détective vedette, Travis Sivart. Réglé comme du papier à musique, son quotidien bascule dans le chaos lorsque Sivart disparaît et qu'il se voit promu, par une inexplicable aberration administrative, détective à la place du détective.
Commence alors une descente hallucinée vers un monde étrange, nourri de dangers irrationnels et de beautés empoisonnées. Du bout de son sempiternel parapluie, l'apprenti détective se surprend à pointer les falsifications d'affaires pourtant résolues ; d'ambiguïtés en révélations, Unwin, secondé par son assistante narcoleptique, se laisse entraîner bien au-delà de l'imaginable.
Coup d'essai, coup de maître, Manuel à l'usage des apprentis détectives est un premier roman sophistiqué et drôle, qui plonge le lecteur dans un labyrinthe onirique de références minutieusement orchestrées.

Jedediah Berry vit dans le Massachusetts. Il est éditeur et a régulièrement publié des nouvelles dans plusieurs revues américaines.

Envoyez cette critique à un ami         Imprimez cette critique

Critique enregistrée le 21 août 2010 à 23h45     (mise à jour le 21/08/2010 à 23h47)

Science-fiction

,

fantastique

, fantasy : Culture SF, toutes les littératures de l'imaginaire

© Culture SF 2003 / 2009 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 13 mars 2009

Partagez ou mettez en favori !