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Tank-Girl

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07/12/2005
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Le gout de l'immortalité

Catherine Dufour


Le gout de l'immortalité
Illustration : Philippe Caza
Première parution : octobre 2005

 Pour la présente édition :

Editeur : Mnémos

   

Catherine DUFOUR était jusqu'à présent considérée comme un sorte de PRATCHETT à la française. Ces trois précédents romans, du cycle " Quand les Dieux buvaient " avaient, en effet, ravis les amateurs de fantasy humoristique ainsi que ceux qui aiment tout simplement rigoler un bon coup.
Changement de programme, revirement de situation, mutation radicale...

Je me demande vraiment quelles têtes feront les lecteurs qui découvriront, une fois installés chez eux, qu’il ne s’agit pas, et de loin, d’une petite histoire guillerette bourrée d’ironie et de calembours.
Dans "Le goût de l’immortalité", il y a "de l’enfant mort, de la femme étranglée, de l’homme assassiné et de la veuve inconsolable, des cadavres en morceaux, divers poisons, d’horribles trafics humains, une épidémie sanglante, des spectres et des sorcières, plus une quête sans espoir, une putain, deux guerriers magnifiques dont un démon nymphomane et une, non, deux belles amitiés brisées par un sort funeste, comme si le sort pouvait être autre chose." [p. 10]

2304, une vielle dame revient sur sa jeunesse à travers une lettre. Elle y évoque des événements qui ont marqués sont existence, qui ont fait d’elle ce qu’elle est. On découvre alors, le parcours des personnes qui ont croisé son chemin durant cette période.
Cmatic, brillant entomologiste, envoyés en urgence en Polynésie pour y mener une enquête sur trois cas de paludisme, maladie éradiquée depuis un siècle.
Cheng, jeune paumée des bas fond au destin chaotique.
Iasmitine la mystérieuse guérisseuse du 42e étage.

Une grande partie de l’action se déroule à Ha Rebin, sorte de mégalopole tentaculaire aux grattes-ciel jouant avec les nuages jaunis par la pollution. Tout comme dans les monades urbaines de SILVERBERG, le niveau social des habitants est directement proportionnel à l’étage dans lequel ils vivent. Les plus démunis étant bien sur ceux qui ne peuvent même pas espérer voir la lumière du jour dans les niveaux inférieurs.

Une magnifique claque.

Cela faisait bien longtemps qu’un livre aussi noir n’avait pas fait son apparition dans les rayons SF de nos libraires. Mais ce manque est à présent comblé. Catherine DUFOUR nous offre avec "Le goût de l’immortalité" une plongée en apnée dans le glauque. C’est noir, très noir, mais c’est un régal.
Alors certes, il n’est pas évident de rentrer dans le livre instantanément. La forme du roman - une longue confession à la première personne, sans dialogues et avec peu d’action – ne facilite pas l’accroche et demande une attention soutenue. Mais on se laisse, finalement, prendre au jeu, on suit les confessions de cette vielle femme qui nous raconte son monde et son histoire avec un intérêt qui ne cesse de s’accroître.

La vie est une drogue terrible.

La trame de cette histoire tourne bien évidement autour du thème de l’immortalité. Jusqu’où sommes-nous prêt à aller pour vivre éternellement ? La vie éternelle peut-elle se bâtir sur la mort des autres ? A quoi ressemblera une société de vieux croulants aux physiques de jeunots ?
Si le thème, lui, n’est pas très original. La façon dont l’auteur aiguille la réflexion de son lecteur au travers du regard de la narratrice est pour le moins enthousiasmante.

Catherine DUFOUR vient de taper fort, très fort. Mais moi je suis maso, alors j’en redemande.





Mandchourie, an 2113.
La ville de Ha Rebin dresse ses tours de huit kilomètres dans un ciel jaune de toxines. Sous ses fondations grouille la multitude des damnés, tout autour s'étendent les plaines défoliées de la Chine.
Le brillant Cmatic est mandaté par une transnationale pour enquêter sur trois nouveaux cas d'une maladie qu'on croyait éradiquée depuis un siècle. Ses recherches le mènent à Ha Rebin, où il rencontre une adolescente étrange. Avec elle, il va tenter de mener à bien sa mission dans un monde qui s'affole : décadence américaine, pandémie sanglante, massacres génétiques, conquêtes planétaires et montée de l'extrémisme vaudou. Et affronter le rêve le plus fou de l'humanité : l'immortalité, ou ce qui y ressemble...

Combien d'entre nous sont vraiment assez sages pour souhaiter échapper à la grande roue ? La vie est une drogue terrible.

Catherine Dufour est née à Paris en 1966. Elle signe avec le Goût de l'immortalité une œuvre au noir futuriste hors normes. Une lecture âpre et lumineuse, par un des auteurs les plus surprenants de l'imaginaire actuel français.

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Critique enregistrée le 20 avril 2006 à 09h36     (mise à jour le 20/04/2006 à 09h38)

Science-fiction

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© Culture SF 2003 / 2009 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 13 mars 2009

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