Vol 714 pour Sydney est un Tintin bien particulier pour plusieurs raisons.
1 - La notion "méchant/gentil" y est délibérément ambiguë. Cela reste exceptionnel dans la production tintinesque.
Des exemples :
Carreidas (qui n’est pas du côté des "méchants") est tellement odieux qu’on est parfois du "côté" de Spalding ( qui est un "méchant") par exemple, lorsque ce dernier traite Carreidas de "vieux singe". On remarquera également que lors la scène du sérum de vérité, Carreidas s’avère aussi malfaisant si ce n’est plus que Rastapopoulos !
2 -.
Hergé disait (*) en parlant de cet album :
" …j’y ai placé en fait deux interrogations : y aurait-il d’autres mondes habités ? Y aurait-il des « initiés » qui le savent ? D’où l’apparition de Bergier-Ezdanitoff ".
Concernant la première interrogation, nous n’avons pas plus de certitudes aujourd’hui. Quant à la deuxième, le sujet en est fort délicat et générateur fatal de controverses.
La fin du livre se devait donc d'être prudente.
Hergé reconnaissait également avoir lu
Robert Charroux. Cette couverture devrait rappeler quelque chose aux lecteurs de
Vol 714 pour Sydney...
Bref,
Charroux,
Bergier… des références qui en enthousiasmeront certains et en feront frémir d’autres.
Hergé n’était d’ailleurs pas satisfait de la fin de son album. A
Numa Sadoul lui avouant que la fin l'avait laissé perplexe, il répondait (*) :
"La manière dont j’ai conclu ne me satisfait pas non plus : il y en a trop ou pas assez ! Mais il était difficile de terminer autrement que par un point d’interrogation.".
Personnellement, j’ai trouvé que la séquence télévisée finale était très bonne et permettait une conclusion qui laissait planer les doutes.
En conclusion,
Vol 714 pour Sydney est un bon album mais le thème insolite voire dérangeant en fait une œuvre totalement à part dans la production de
Hergé.
(*) Extrait de
Entretiens avec Hergé -
Numa Sadoul