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Olivier

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Unica

Elise Fontenaille


Unica
Première parution : 2007

 Pour la présente édition :

Editeur : Stock

Ce livre est noté   (3.5/5 pour 2 évaluations)


J'ai lu ce livre et je souhaite donner mon avis
La critique du livre
Lire l'avis des internautes (19 réponses)

Publié chez Stock, ce livre n’avait a priori que peu de chances d’attirer l’attention du lecteur de sf. Sachez cependant qu’Unica est la première incursion d’Elise

Fontenaille

dans le domaine qui nous intéresse. La citation mise en exergue donne d’ailleurs le ton : Flow my tears, the policeman said. Commencer un livre en citant le titre d’un des meilleurs romans de Dick est plutôt un heureux présage.
Mais venons en plutôt au livre proprement dit.
Nous sommes dans un futur relativement proche, Paris Hilton a probablement été libérée de prison. Herb Charity est un jeune flic, ancien hacker. Il travaille à Vancouver, dans la brigade chargée de réprimer la cyberpédophilie sur internet. Son passé de hacker et son présent de flic ont une seule et même explication. Sa jeune sœur a été la première victime canadienne d’un e-kidnapping. Elle n’est jamais revenue du RDV que lui avait donné un internaute. Herb s’est donc donné pour vocation de pourchasser les cyberpédophiles. Son quotidien se partage entre la surveillance des sites et l’appréhension de leurs clients, aux premières heures de la matinée.
Le livre lui, oscille entre le présent, les souvenirs et les rêves de Herb. Il capte ses rêves à l’aide d’un dreamcatcher, et les décortique ensuite avec son analyste. On ne peut s’empêcher de penser à la nouvelle de R. A. Lafferty, Configuration du Rivage du Nord [1].
Un matin comme tant d’autres, il se prépare à arrêter un cyberpédophile. Arrivé à 6 heures du matin, il trouve l’homme tétanisé devant son pc, pleurant du sang. Les médecins sont formels, l’homme est définitivement aveugle. Quand le même coup se reproduit pour l’arrestation suivante, Herb commence à se poser des questions. Il va découvrir qu’une bande de gamins a décidé de régler radicalement le problème de la cyberpédophilie en implantant des nanopuces, dans le but de mutiler définitivement les cyberpédophiles. Dès lors, Herb va se détourner de la traque des pédophiles pour se lancer aux trousses des poseurs de cette fameuse puce, UNICA.
Voici hâtivement résumé la trame de court ouvrage d’à peine 160 pages.
Loin d’être une simple traque, " Unica " est avant le portrait du jeune Herb. Traumatisé par la disparition non résolue de sa sœur, rongé par la culpabilité, il n’en reste pas moins un personnage extrêmement ambigu dans sa relation à la sexualité. Le tact et la finesse dont fait preuve l’auteur dans la psychologie du personnage principal ne sont pas les seules qualités de ce remarquable ouvrage.
Courtement chapitré, ce roman est servi par une écriture nerveuse à souhait, dépourvue de toute fioriture mais surtout admirablement maîtrisée. L’auteur va droit au but, évite toute longueur mais ne laisse jamais le lecteur sur sa faim, ce qui est suffisamment rare pour être signalé. Cerise sur le gâteau, l’auteur joue avec le lecteur en incorporant au texte quelques références de très bon goût. En tête de chapitre ou au milieu d’une phrase, vous ne pourrez passer à coté de La nuit du chasseur, du temps sur Mars ou d’un homme dont les dents…

Oscillant entre l’anticipation et le polar, tour à tour nerveux et intimiste, sensible et dérangeant, " Unica " est un livre plus que fort recommandable. En un seul roman et sans passer la case espoir, Elise

Fontenaille

se hisse au firmament de la sf francophone à la seule force du talent, au coté d’un Francis Berthelot auquel elle fait parfois penser.
Chapeau bas à Elise, et merci encore à Philippe Curval pour sa défense acharnée du livre, qui ne manqua pas d'attirer mon attention.
Vous pouvez d'ailleurs voir sa critique ici même.


[1] Que l’on peut lire dans l’excellente anthologie d’Alain Dorémieux, " Cauchemars au ralenti " ou dans " Histoire de mirages ".




J'ai attrapé le dream catcher sur ma table de nuit, je me suis assis sur le lit à côté d'Unica. Et je lui ai demandé d'enlever son bonnet. Elle l'a ôté d'un coup, ses cheveux sont tombés sur ses épaules, ils étaient blancs comme de la coke, scintillants ; jamais de ma vie je n'avais vu une crinière pareille, même chez les punks de Japantown ? J'ai posé le dream catcher sur sa tête, j'osais à peine les toucher, tellement c'était troublant, ces cheveux si blancs sur cette tête d'enfant.


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