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Olivier

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Tirez sur l'ambulance !

Colin Thibert


Tirez sur l'ambulance !
 Pour la présente édition :

Editeur : Thierry magnier

   

Dédiée à Pierre Pelot et Stephen King, Le clou, qui clôt ce recueil tranche singulièrement. C'est en effet le seul texte dépourvu de tout humour noir, où l'on sent une sensibilité à fleur de peau. 4 potes ados dans un village ruiné par la désindustrialisation, qui n'a laissé que des usines à l'abandon et des familles sans emploi ni ressources. Les vacances d'été se limitent à des matchs de foot derrière l'église, parce que le terrain est assez plat et vaste. Jusqu'au jour où nos 4 amis décident d'aller faire un pique-nique, et d'en profiter pour explorer les friches de la désindustrialisation.
Les voici donc dans l'usine, à casser les quelques vitres encore intactes, et autres conneries d'ados. Puis vient la mauvaise blague : enfermer le plus téméraire dans la pièce où il vient d'entrer. Ou comment apprendre qu'il a une peur panique du noir, et ne simule pas sa peur. Mais heureusement, ce collectionneur maniaque a trouvé un clou. Un clou qui sera le premier de son cercueil. C'est ici un foisonnement de thèmes très peloto-kingiens : l'amitié, les vacances d'été, la perte de l'innocence. Traités avec finesse et sans pathos, alors que tous les autres textes sont à hurler de rire, celui-ci fait presque pleurer, à ceci près qu'ici l'on ne rit plus. Plus du tout.
Mais venons-en plutôt aux autres textes, et commençons en fanfare avec Défense d'inhumer. Un mari est affalé devant le match de foot quand sa femme vient le voir, et lui apprend que le chat vient de mourir. Manque de bol, il est mort la veille de l'anniversaire du gamin ! Que faire donc, sinon se débarrasser du cadavre, qui va vite se révéler plus encombrant que prévu.
Avec ou sans chauffeur mériterait de figurer dans toute anthologie défendant l'humour le plus noir, et le mauvais goût le plus assumé. Un couple fasciné par l'Asie décide de faire la Birmanie cet été. Appareil photo en bandoulière, camescope en bande molletiere, voici notre couple parti. Après le Viêt-Nam, la Thaïlande et le Cambodge, voici venir la Birmanie, qui a l'avantage d'être encore peu ouverte au tourisme. Et quelle n'est pas la surprise de nos tourtereaux quand ils apprennent que louer une voiture sans chauffeur est exorbitant. Les voici donc embarqués avec un chauffeur qui baragouine à peine l'anglais, mais surtout qui ne dépasse pas les 50 km/h ! Tout cela parce que les habitants des villages, dans l'espoir de gagner quelques sous, simulent des accidents : un enfant tape sur la voiture et se fait passer pour un cadavre. Qu'à cela ne tienne, notre malin mari va faire boire le chauffeur qui, gueule de bois aidant, leur laissera la voiture. Aussi, quand ils entendent un coup en traversant un village, ils ne s'arrêtent point et accélèrent même... mais vers les emmerdes.
Ah, et cette irascible nonagénaire Mme Hautcoq, quelle chance que d'avoir en Mme Lepage une voisine dévouée, qui lui fait ses courses. Mais comme l'intérêt est la chose la mieux partagée, et que Mme Hautcoq n'a pas de famille, il y a peut-être un héritage à capter. Certes, elle n'a pas de retraite, sa maison est une ruine, mais elle a bien de l'argent à gauche : des louis d'or ou des lingots quelque part. Sauf que quand Mme Lepage a un problème de santé, et qu'il n'y a personne pour faire les courses, on finit par se rendre compte qu'il vaut mieux ouvrir son courrier, au lieu de l'entasser. Car sinon, c'est la guerre...
Et Sardanapale, le chat, pas le tyran ! Un couple de jeunes cadres dynamiques qui investit une ancienne banlieue ouvrière. La vieille voisine est tellement gentille : elle ne dit même rien quand le camion des ouvriers lui bouche sa porte d'entrée. Elle pourra donc bien s'occuper de Sardanapale quand notre couple dynamique partira skier à Megève. Sauf que quand elle ne répond pas au téléphone, on peut s'inquiéter. Surtout quand il y a cette odeur quand on retourne chez soi. La femme de ménage s'en chargera, d'autant que Sardanapale a été très bien nourri. Mais qu'a-t-il vraiment mangé ?!
Ah, et ce couple qui a un accident, parce qu'on leur a refusé la priorité. Et pensez donc, le chauffard se révèle être un colosse africain. Certainement drogué ou alcoolisé pour être aussi agressif, au point d'insulter la police. La garde à vue n'en est que plus justifiée, ainsi que la plainte : il n'y a pas de raison de faire un cadeau à un chauffard. Mais si le chauffard se servait du vaudou ou des maraboutages pour prendre sa revanche ? Car comment expliquer la dégradation de la santé de monsieur, qui maigrit et perd ses cheveux par poignées ? La santé n'a pas de prix. Ou presque...
Voici donc un aperçu de quelques-unes des 10 nouvelles du recueil. Ca se lit vite, on rit à gorge déployée sur les 9 premières, à condition d'aimer l'humour vraiment noir. Et puis la 10e, petit bijou d'émotion et de finesse, qui est la cerise sur le gâteau, un texte détonnant parmi ce torrent de méchanceté et d'humour. Un recueil que l'on situera donc dans la droite lignée des polars de Colin Thibert, et qui est au moins tout aussi indispensable que ses romans. Au court comme au long, c'est avec jubilation et sourire goguenard qu'on lit Colin Thibert. Et qu'on ne l'oublie pas.




Peut-on rire de tout ? Si vous hésitez encore sur la réponse à donner à cette question, le livre que vous tenez entre les mains va vous ôter vos derniers doutes. Les touristes, les vieux, les ados, les acteurs, les chiens, les riches, les pauvres... Dans Tirez sur l'ambulance ! chacun en prend pour son grade. Derrière leur humour noir, les dix nouvelles qui composent ce recueil sont une charge implacable (et désopilante) contre les travers de notre société.

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Critique enregistrée le 10 janvier 2010 à 23h10

Science-fiction

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fantastique

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© Culture SF 2003 / 2009 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 13 mars 2009

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