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Je vous trouve très dur avec le livre. Peut-être la trad était-elle épouvantable et/ou étiez-vous trop marqués par le film.
Pour ma part, j'ai revu le film il y a peu et, comment dire ? Ca a pris un sacré coup de vieux !
Et en plus, ça n'a vraiment rien à voir avec le livre.
Sans parler de chef-d'oeuvre, j'ai beaucoup apprécié le roman.
Tout d'abord, le mélange parfaitement dosé de polar pour la forme, et de sf pour le decorum. Pas de quincaillerie, d'empires interstellaires, de robots par centaines... Juste une vision pessimiste d'un avenir surpeuplé, dont les symptômes ne sont pas sans évoquer notre époque : épisodes climatiques extrêmes, raréfaction voire épuisement des ressources, extinction massive des espèces, pénuries en eau (regardez la Californie !), pusillanimité, aveuglement et démagogie des politiques, systèmes sociaux défaillants... Tout y est !
Ensuite, les personnages sont vraiment intéressants, notamment la relation entre les deux principaux.
Quant aux enfants, le vrai problème est bel et bien celui de la surpopulation, traité ici sous l'angle de la promiscuité.
Partager un petit appartement à deux personnes, passe encore.
Mais partager ce même appartement avec une famille nombreuse, et des parents dépassés par leurs enfants, n'importe qui comprendra que cela s'avère difficile.
Au final, je trouve que ce roman est vraiment réussi sur le plan littéraire. Outre les qualités dont j'ai déjà parlé, je le trouve surtout réussi comme anticipation du néo-polar.
C'est même certainement l'un des meilleurs exemples de mélange de polar et de sf. Je reprends ici polar au sens de Manchette : "roman noir violent". L'intrigue n'est pas celle d'un Agatha Christie, où l'enquêteur cherche les indices qui le mèneront au coupable. Ici, le crime sert à mettre en lumière une réalité déliquescente, dans laquelle surnage les personnages, qui vont tenter de s'en tirer tant bien que mal en sachant qu'ils ne pourront rien changer.
Bref, un roman qui vaut vraiment le coup d'être redécouvert pour ce qu'il est vraiment.
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