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Traduction : Jean-Michel Jasienko Titre original : Solaris Première parution : 10 avril 2002
Pour la présente édition :
Editeur : Gallimard ISBN : 2070422399
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RE : Solaris
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08/02/2013 à 16h03
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Hé bien je ne serai pas aussi laudatif.
Tout d’abord, l’auteur nous assène -que dis-je ?- nous assomme de descriptions, jusqu’aux baguettes métalliques dont on se fout royalement. Nous sommes vraiment aux antipodes des meilleures descriptions balzaciennes, qui nous laissent deviner les personnages à travers leurs objets.
Les personnages justement ! Peut-on les qualifier d’inexistants ? Je comprends que l’on soit traumatisé par ces illusions, mais tout de même. Je passe sur les descriptions, là encore très laborieuses, mais au niveau de la psychologie, on est bien loin de Benjamin Constant, et de Dashiell Hammett pour ce qui est du comportement. Autrement dit, ils apportent eux aussi leur généreuse obole à l’ennui général.
Mais ce n’est pas tout, puisque le pire est à venir.
Le pire, c’est le style (ou la traduction : je ne parle pas un traitre mot de polonais, je me garde donc bien de comparer à l’original). Même Houellebecq n’a pas un style aussi plat. C’est bien simple, on en arriverait presque à Christine Angot, pour ce qui est de la platitude.
Je n’ai rien contre un style froid et détaché, bien au contraire (Jean-Patrick Manchette ou Morgan Sportès font ça très bien, celui-ci ajoutant en sus de mémorables descriptions). Mais là, non, rien. Rien du tout : on a une espèce de bouillie, l’impression de lire le premier jet d’un tâcheron, qui s’attache à bien nous décrire tout ce que voit son héros (mais alors vraiment tout, et en plus, il a une vue d’aigle), des hublots au physique des personnages. On retrouve là tous les clichés descriptifs qu’évoquait Poppy Z Brite dans Coupable, où elle indiquait comment les contourner.
A cela s’ajoute une grande confusion. On a vraiment l’impression que l’auteur court à travers plusieurs lièvres, et qu’il a vraiment été trop ambitieux. Entre huis-clos, premier contact, problèmes de communication, tragédie intimiste, on ne choisit jamais, et l’on passe sans cesse de l’un à l’autre, chacun se mélangeant aussi bien au tout que l’eau et l’huile.
Au final, on se retrouve avec de bonnes idées, compilées mais sans jamais être pleinement exploitée. Cela peut donner des romans corrects (le premier roman de Varley, bien inférieur au développement des idées dans Persistance de la vision et Dans le palais des rois martiens, repris en un seul volume chez Folio sf).
Au final, mieux vaut lire Stalker des Strougatski, remise en cause tout aussi profonde du positivisme léniniste et lénifiant en vigueur chez Jdanov : les auteurs ont préféré mené à bien une idée forte car, aussi bonnes soient-elles, les idées peuvent parfois être trop nombreuses dans les romans, et être bêtement gâchées.
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 "Un monde nouveau va naître, un monde dans lequel il n'aura pas sa place. Il est trop clairvoyant pour lutter contre lui ; mais il ne feindra pas de l'aimer." George Orwell
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