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Première parution : 1986
Pour la présente édition :
Editeur : Denoël Collection : Présence du futur
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L'avis des internautes (3 réponses)
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RE : Rituel du mépris, variante Moldscher
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21/08/2006 à 11h33
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Volodine n'est pas un auteur facile d'accès, ma première expérience avec lui il y a une vingtaine d'années (des enfers fabuleux) s'était soldé par un grand courroux et un rejet total de l'auteur que j'ai redécouvert cet été à travers l'omnibus de Denoel reprenant les 4 premiers romans de l'auteur: Biographie comparée de Jorian Murgrave- Un navire de Nulle part - Rituel du mépris- Des enfers fabuleux-.
Be careful, spoilers multiples dans ce qui suit!
J'ai trouvé beaucoup de consanguinité entre le Moldscher du Rituel et le Murgrave de la Biographie: en fait Volodine a repris les mêmes thèmes pour les explorer plus en avant: l'évolution du personnage à travers une jeunesse pleine de douleur (d'ailleurs la douleur est un des thèmes phare de l'oeuvre de Volodine et le pivot central des enfers fabuleux) et surtout cet étranger qui n'en est pas vraiment un, mais plutôt le miroir des ombres et des horreurs qui sommeillent dans l'âme humaine.
Comme le décrit si bien Olivier, l'auteur ne donne que peu ou pas d'indice sur les personnages ou le monde dans lequel ils évoluent, uniquement l'ambiance. Toutefois certains indices physiques (les pattes, la meute, les poils, les crocs, la salive qui soigne, la morsure quasi lycanthropique) font penser à des loups de manière allégorique et nous ramène à ce bon vieux proverbe: homo homini lupus .
D'autres descriptions à base de toiles tissées, de nombre multiple de membre, d'oeufs incubés à l'intérieur d'une victime font immanquablement penser à des araignées...
Quoiqu'il en soit on a l'impression d'une caractérisation des cauchemars de l'imaginaire humain, tout en rendant particulièrement humains en terme d'émotions les monstres suggerés...
Un des autres aspect marquant du livre est la complicité quasi inexorable entre le tortionnaire et son prisonnier qui ne peut évidemment manquer de rappeler les derniers chapitres de 1984 ou le zéro et l'infini de Koesstler. Celà dit, on ne peut s'empêcher de se poser la question qui utilise l'autre? à la fin surprenante et d'une concision brutale de l'ouvrage.
En bref, c'est un livre plein d'images violentes, de métaphores brulantes et douloureuses qui consacre le talent très particulier de Volodine. Pour moi, son meilleur bouquin, trop dur pour qu'on en sorte indemne. Heureusement, il est très loin de pouvoir plaire à un lectorat étendu, sinon il y aurait du dégât. A lire absolument pour les furieux et les curieux, le rituel du mépris ne laisse surtout pas indifférent.
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 C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases...
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RE : Rituel du mépris, variante Moldscher
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03/03/2017 à 15h05
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Bouquin tout à fait étrange et intriguant ! On est réduit parfois à des hypothèses mais les éléments fragmentaires du récit donnent finalement une image assez nette, mais surement très subjective, du récit du narrateur. Cela m’a fait un tout petit peu penser au Goût de l’immortalité de Catherine Dufour. Ici le narrateur, Moldscher, fait des aveux à une cellule contre-espionnage et passe ses nuits à noircir des feuilles dans sa geôle de prison tel un somnambule ou un insomniaque. C’est bien le récit de ses souvenirs d’enfance qui font tout le sel de l’histoire, et dessinent un tableau étrange, mystérieux et terrible. Au final, cela sera surement pour moi une lecture marquante car le texte mobilise entièrement l’imagination et l’écriture de Volodine transmet des impressions visuelles prégnantes.
« Mes certitudes se sont élaborées à partir d'allusions fragmentaires : une construction intellectuelle qui s'appuie sur le sable du non-dit. »
Ce qui suit spolie un peu le côté découverte du roman. Ce résumé est en tout cas le fruit de mes déductions, de mes interprétations et des découvertes qui jalonnent le récit du narrateur, sans jamais toutefois prendre un caractère certain. Il est peut-être même trompeur. Cela étant dit, vous pouvez ou non lire la suite pour avoir une idée plus précise de l’histoire.
C'est un récit post-apocalyptique après une guerre totale et radioactive au cours de laquelle humains et extraterrestres se sont affrontés. Une fausse humanité, mélange de mutants ou d’extraterrestres, s’est installée dans les villes ravagées. Les adultes se voient contraint d’élever leur progéniture - génération d'après-guerre - dans un environnement mortifère. Certains se battent encore pour leur survie contre les retombées radioactives les plus intenses. D’autres plus à l’abris tentent de trouver un domicile et de feindre une existence humaine. Le lecteur va faire l’expérience de tout cela et découvrir par touche impressionniste ce décor déroutant en se mêlant aux souvenirs d’enfance de Moldscher.
« Ma mère ne répondait pas à mes questions sur l'origine et la nature de ce qui voletait autour de nous pendant de si longues heures. Il devait y avoir là quelque chose d'abominable qu'elle ne voulait pas me communiquer, des histoires de marécages où l'on envoyait s'embourber les prisonniers de guerre, ou bien de populations déportées depuis le front. J'en étais réduit à des hypothèses. Je l'ai déjà fait remarquer, je me taisais. J'essayais de résoudre les mystères du monde où il me faudrait un jour être adulte, pour de bon. »
Orphelin de père, élevée par sa mère, Moldscher lorsqu’il était enfant rendait parfois visite à des oncles et des tantes aux comportements bizarres et aux pouvoirs étranges. On apprendra qu’il fait partie d'une tribu extraterrestre, les Feuhl, qui ont la capacité d'absorber les âmes des peuples de rencontre, sans perdre les leurs.
Voilà qui devrait attiser j’espère votre curiosité!
Merci Olivier pour cette découverte marquante ! Le titre et la couverture avaient déjà beaucoup titillé ma curiosité.
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dernière édition : 03/03/2017 à 16h51
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L'avis des internautes (3 réponses)
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