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Gracie

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Quinzinzinzili

Régis Messac


Quinzinzinzili
Première parution : 1935

 Pour la présente édition :

Editeur : L'Arbre vengeur
Date de parution : 2007
ISBN : 978-2-916141-18-3

La critique du livre
Lire l'avis des internautes (5 réponses)

Il y a longtemps que je voulais faire cette chronique et puis, manque de temps, autre chose à faire, etc.
Vraiment cette "vieillerie" déterrée de derrière les fagots par cette petite maison d'édition est vraiment un petit bijou. Car cette lecture ne manque pas d'originalité ni de surprendre malgré son grand âge. Donc un chef-d'oeuvre oublié, à mon avis.

D'abord, une guerre absurde, idiote avec des alliances et des trahisons insensées.

Messac

ne manque pas d'humour et de cynisme ( p.36, l'épisode de l'or "japonais" ou comment monter une histoire idiote ou tout le monde s'engouffre pour partir vaillamment à la guerre)
Et puis un savant pas très futé et sans scrupule invente une arme dévastatrice qui détruit tout, y compris ceux qui ont eu le mauvais goût de l'utiliser contre leurs ennemis.

Gérard Dumaurler et un groupe d'enfants tuberculeux survivent car ils étaient à ce moment là en train de visiter une grotte.
Notre narrateur n'a rien d'un héros et il ne va pas tenter de sauver ce qui reste de l'humanité. Au contraire il sombre dans la dépression et les pleurnicheries des enfants vont faire naître en lui un profond mépris pour ces gosses idiots. Non, nous ne sommes pas dans le politiquement correct !

Gérard Dumaurier va se contenter de jouer un rôle d'observateur prétentieux, moqueur, cynique, désabusé et dépressif dans cette histoire.
En fin de compte, il pose sur cette nouvelle civilisation en train de germer un regard très "civilisé" et méprisant sur ce qui n'est en fait qu'une caricature à une toute petite échelle de sa propre civilisation tant regrettée, alors que lui-même en bon humain qui se respecte, s'avère incapable de faire son autocritique.

Au final nous avons donc une oeuvre qui parle de la civilisation humaine sur un ton très sarcastique et méprisant, complètement désenchanté. Il s'y moque de la guerre, de la religion, du pouvoir, de la nature humaine etc. Et au travers de cette mini civilisation ridicule et méchante on ne peut que reconnaître la notre.

Un roman pessimiste mais drôle. Désenchanté mais plein d'originalité. En plus de 70 ans, il n'a pas pris une ride.




Bien sûr, cela fait des décennies que la littérature nous annonce l’anéantissement de la race humaine, notre capacité à nous détruire ne se discutant plus. Beaucoup de livres pour un sujet aussi crucial, mais dans le lot peu de chefs-d’oeuvre...
Quinzinzinzili, ce roman au titre improbable, est pourtant de ceux-là, ses rares lecteurs n’en démordent pas, qui s’étonnent toujours de son ironie visionnaire, de son pessimisme halluciné et de ses trouvailles géniales. Publié en 1935, il a été imaginé par Régis Messac (1893-1945), considéré comme l’un des précurseurs du genre, et nous entraîne après le cataclysme, à la suite du dernier des adultes, témoin stupéfait de la renaissance du genre humain : sous ses yeux désabusés, un groupe d’enfants réinvente une Humanité dont l’Histoire a disparu. Et Messac, qui sait que la Civilisation est mortelle, nous offre le spectacle d’une poignée de gosses en train de lui régler son compte...
Stupéfiant, Quinzinzinzili renaît et devrait susciter l’admiration de ceux qui croient davantage aux vertus des Lettres qu’à celles de l’Homme.

Formidable précurseur, Régis Messac, né en 1893, fils d’instituteur, qui deviendra enseignant, il est le premier Français à s’être intéressé de près au « roman de détection » — appellation d’époque du polar — , en le portant sur les bancs de l’université avec une thèse qui fait date, « Le »Detective novel« et l’influence de la pensée scientifique », rédigée à son retour d’un long séjour en Amérique du Nord. Auteur prolifique sur une courte période, habile à manier l’anticipation et la chronique sociale, il s’était très tôt rebellé contre un système (on lui doit un pamphlet À bas le latin !) qui le marginalisera.
Blessé à la guerre, il est un pacifiste convaincu. Il a une intense activité de critique (il écrit les premiers essais littéraires sur la S.F.), de traducteur et de romancier durant les années 30. Gagné par un pessimisme acide, il imagine des contre-utopies : Quinzinzinzili (1935), La Cité des Asphyxiés (1937) ou le posthume Valcrétin indiquent que rien de l’avenir « messacien » n’est souriant. Motivés par la provocation dont il espère qu’elle conduira à un soubresaut moral (« Où est le bonheur ? Dans l’accord avec son milieu. Si nous vivons parmi les Crétins, soyons crétins. »), ses récits présentent une vue panoramique de sociétés futures ou parallèles.
Arrêté par les Allemands en 1943, déporté « Nacht und Nebel », il disparaît en Allemagne en 1945.Quinzinzinzili


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