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zomver

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28/12/2004
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Naissez, nous ferons le reste

Patrice Duvic


Naissez, nous ferons le reste
Illustration : Wojtek Siudmak
Première parution : 4ème trimestre 1979

 Pour la présente édition :

Editeur : Presses Pocket
ISBN : 2-266-00818-8

Ce livre est noté   (4/5 pour 2 évaluations)


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La critique du livre
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" Le progrès technologique n’abolit pas les obstacles ; il en change simplement la nature." (Aldous Huxley)





Le père (ainsi dénommé dans le livre) vient d’acheter son bébé-éprouvette : un "Hôtel-Dieu". L’enfant s’appelle Bichou. "Il sera médecin " déclare sa mère.

Effectivement, dans ce monde-là, médecin, c’est un bon job…Il y a toujours du travail car chaque individu finit par avoir rapidement des petites misères, un organe qui a des signes de faiblesse, par exemple. Cet organe, on commence à le soigner avec des médicaments (l’industrie pharmaceutique est prospère et génère des emplois) et puis quand ça n’est plus possible, on le change et comme c’est cher, on se voit proposer l’achat à crédit...

Le père, lui, a des problèmes de foie. Ah ! le foie, une des faiblesses des "Lariboisière 4". Mais enfin ! On ne va pas se plaindre, les "Pitié" font souvent des infarctus dès l’âge de quinze ans !

Jingle
"Buffal O’Bile, le médicament souverain pour le foie et les reins !"
Jingle
.
Bichou, lui, grandit bien. C’est un peu normal. Il est encore sous garantie "organes ET main d’œuvre". Il joue avec son "jeu du petit consommateur" et apprend très bien les chansons que la télévision lui destine.

Musique
"Caca, pipi, caca, pipi,
Pipi, caca, pipi, caca,
C’est mon refrain favori.
Je connais qu’ce refrain-là. "

La vie coule sur fond de bourrage de crâne et de vente forcée. Il y a les moments obligés dont on se passerait bien (Ah ! les courses de fin de semaine dans les HyperPharmacies pour faire provision des médicaments du week-end !)...

Ding ! Dong !
"Au rayon des angines, ne manquez pas notre offre exceptionnelle ..."

… mais aussi les bons moments comme ces discussions avec la sondeuse d’immeuble, cette personne qui transmet à son ministère de tutelle (le "ministère du bien être individuel et familial" (!!!)) des fiches d’informations sur ses locataires...

Jingle
" Et avec l’épluche-bananes Utilex, finie la corvée d’épluchage des bananes ! "
Jingle

Le père est parfois fugitivement critique par rapport à tout cela mais il n’approfondit pas vraiment les doutes qui lui traversent l’esprit jusqu’au jour où une grève se déclare dans son entreprise. Cette grève sera le révélateur : le père prendra conscience que quelque chose ne va pas, …

… vraiment pas.



J’avoue que je ne connaissais de Patrice

Duvic

que son sourire barbu (aperçu aux Utopiales 2005) et son excellente anthologie Demain les puces (sur le thème de l’informatique). J’ai désormais découvert le romancier et je le recommande.

Naissez, nous ferons le reste ! est la critique féroce et pleine d’humour d’une société qui a fait de la consommation, son credo ; un thème que l'on pourrait qualifier de banal en SF s'il n'était repris ici dans le contexte d'une société qui ne fait plus la différence entre un réfrigérateur et un homme et qui base son fonctionnement économique sur une obsolescence planifiée des objets comme des individus.

Regard sans concession sur les media, la recherche du profit et le capitalisme délirant (On pense souvent à cette réflexion glanée dans l’extraordinaire Tous à Zanzibar de John Brunner : "Pour vivre moderne, il ne suffit plus d’acheter aujourd’hui et de jeter demain. Il faut acheter aujourd’hui et jeter aujourd’hui" ) mais aussi sur les dérives potentielles de l'ingéniérie génétique, ce petit roman d’à peine cent cinquante pages nous immerge avec une efficacité remarquable dans un cauchemar abyssal où nous voyons l’Homme œuvrer irrémédiablement et avec zèle à son propre malheur.




Comment peut-on, en pleine grève, se payer un foie tout neuf, quand on vient d'acheter son bébé-éprouvette ?
Evidemment, les manipulations génétiques pourraient produire des hommes immunisés, mais que deviendrait l'industrie pharmaceutique ? La solution, c'est de programmer les gens pour qu'ils tombent malades. Dès la fin de la garantie.
Les usines produisent des pièces peu résistantes, qu'il faut changer souvent. Les ouvriers comprennent : c'est ainsi qu'on lutte contre le chômage. Ce qu'ils comprennent moins, c'est que leur propre corps soit si peu résistant.





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