Forum SF
  Critiques
  Critiques BD
  A propos du site
  L'Atelier
  Remue-méninges
    Le bistrot
    Annonces (une dédicace ? vous venez de publier un livre ?)
Pseudo :
Passe :
  Pas encore enregistré ?
  Mot de passe oublié ?
7 visiteurs actuellement
  Les forums de Culture SF
Tank-Girl

Inscrit le :
07/12/2005
9 critiques
239 messages
Consulter le profil de Tank-Girl
Envoyer un message privé à Tank-Girl

Les puissances de l'invisible

Tim Powers


Les puissances de l'invisible
Titre original : Declare
Première parution : octobre 2003

 Pour la présente édition :

Editeur : Denoël
Collection : Lunes d'encre

La critique du livre
Lire l'avis des internautes (15 réponses)

1963, Andrew Hale se voit rattrapé par son passé à la suite d’un coup de téléphone codé. Il va devoir quitter sa petite vie tranquille de Prof de lettres à Oxford afin de replonger dans les méandres du projet DECLARE. C'est son ancien chef, le mystérieux Théodora, responsable du non moins mystérieux SOE, branche pas franchement officielle des services secrets anglais, qui lui propose de reprendre du service afin de mettre un terme à ce projet DECLARE qui fut un échec total lors de la précédente expédition sur le mont Ararat en 1948.
Andrew Hale est un espion aux services de sa majesté, et ce depuis l'age de sept ans. Il fut recruté par Théodora à cause de son histoire familiale mystérieuse et particulière. Pendant la deuxième guerre mondiale, il fut encouragé à rejoindre le partie communiste et une fois en poste dans le Paris occupé par les allemands, il devait retranscrire des messages pour les envoyer sur les ondes directement en Russie. C'est durant cette période qu'il tombe amoureux de sa jeune camarade Elena Ceniza-Bendiga, qui elle, récupérait les informations à chiffrer. Mais c'est aussi à partir de cette période trouble qu' Andrew devait pour la première fois faire face à des évènements dont l'implication irait bien au delà du simple espionnage. Une série de rencontres avec des agents doubles et des manifestations surnaturelles ponctueront la vie de l'agent Hale, pour finir par la désastreuse mission de 1948. Apres cet échec, il retrouve le confort de sa petite vie tranquille de prof, mais Théodora ne l'a pas oublié et DECLARE est réactivé...

En quoi consiste ce projet DECLARE ? c'est toute la question que l'on se pose dans le premier tome. En effet, ce livre est vraiment composé de deux parties bien distinctes (était-ce pour autant nécessaire de publier deux tomes ?). Dans la première partie,

Powers

jongle avec le temps. Il passe de la seconde guerre mondiale à 1963 à un rythme soutenu, ce qui demande au lecteur une attention toute particulière afin de ne pas s'embrouiller dans les époques.
Mais la récompense est au bout de l'effort car cela permet de bien ancrer le récit sans dévoiler tout de suite la trame principale du récit. La part du fantastique, est dans ce volume, distillé à dose homéopathique. Des petites touches de surnaturel viennent ponctuer le récit d'espionnage et mettent en appétit pour le second volume. La deuxième partie est plus classique dans son architecture, mais l'histoire reste complexe et le rythme enlevé. Trois services secrets qui se tirent dans les pattes (Russes, Français et Anglais), des espions qui passent d'un camps à l'autre, des évènements surnaturels effrayants, on est très loin de s'ennuyer de la première à la dernière page.

L'autre point fort de ce roman, est sont ancrage dans la réalité. Tim

Powers

a su, avec brio, mêler des personnages réels à son histoire tout en respectant scrupuleusement les faits et gestes historiques des dits protagonistes (un peu à la manière de Dan Simmons avec "les forbans de Cuba " mais de façon plus travaillée ). C'est ainsi que l'on découvre une toute nouvelle interprétation de la vie de Kim Philby, le plus connu des agents doubles russes, ainsi que le rôle de Lawrence d'Arabie et Burgess. Mais l’histoire donne également une toute autre interprétation à la grandeur de l'empire soviétique et à sa chute. Tout se tient si bien, tout est si minutieusement ficelé (par rapport à ce qui s’est réellement passé) que l'on finit par y croire vraiment. Finalement pourquoi cette explication serait-elle plus improbable que les autres ?
C'est lorsque que l'on se penche sur les notes de l'auteur en fin de livre que l'on se rend compte à quel point le travail de recherche de

Powers

a été poussé concernant cette période des services secrets russes et anglais (c'est sans doute son projet le plus ambitieux).

Les inconditionnels de

Powers

ne seront pas déçus, car le style et la patte de l'auteur sont toujours bien présents. Les petites chambres de bonnes dans le Paris sous l'occupation, les rues de Berlin au jour de l'édification du mur, la gorge d'Ahora et le mont Ararat, autant de lieux qui prennent vie à la lecture, tant l'atmosphère est bien retranscrite (tout comme le Londres de l'incontournable "Les voies d'Anubis"). Les personnages, même s'ils gardent une part de mystère (ce sont des espions tout de même !) n'en sont pas moins profonds et lorsque l'un ou l'autre décide de changer de camps, on comprend parfaitement les raisons de ce retournement.
On ne peut également éviter de penser au clin d’œil à "Poker d'âmes" lorsque Hale et Philby se lance dans une mémorable partie de poker High-Low.

Au final on retiendra un formidable hommage à John le Carre (l'élève a même surclassé le maître) avec un roman haletant et plein de rebondissements agrémentés d'une histoire fantastique, qui n'est certes pas des plus originales, mais qui agrémente de façon admirable cette histoire d'espionnage. Mais vous l’aurez compris, il faut vraiment aimer les romans d’espionnage pour ce lancer dans ce livre…




1948, le jeune Andrew Hale, membre des services secrets britanniques depuis l'âge de sept ans, quitte la gorge d'Ahora en laissant derrière lui un nombre impressionnant de cadavres ; la dernière phase du projet DECLARE est un échec retentissant. 1963, Andrew Hale, professeur d'université depuis une dizaine d'années, mène une vie sans histoire jusqu'à ce que son ancien employeur, James Theodora, reprenne contact avec lui. DECLARE est réactivé et il est impératif de s'allier avec les anciennes puissances du mont Ararat avant les Soviétiques. Le sort du monde libre en dépend. Récit d'une guerre occulte et démesurée, Les Puissances de l'invisible est à l'œuvre de Tim Powers ce qu, L'Echiquier du mal est à celle Dan Simmons. Un chef-d'œuvre récompensé par le World Fantasy Award


Vous aimez ce livre ou cette critique ? Faites-en part à vos amis !   
  



Lire l'avis des internautes (15 réponses)

Peut-être aimerez-vous aussi ces livres du même auteur ?
Les voies d'Anubis   

Les voies d'Anubis

    

Tim Powers



Cette critique est signée oman
4 réponses y ont été apportées. Dernier message le 07/06/2012 à 18h25 par lacroute

Science-fiction

, fantastique, fantasy : Culture SF, toutes les littératures de l'imaginaire

© Culture SF 2003 / 2014 - Conception et réalisation : Aurélien Knockaert - Mise à jour : 08 juin 2014

nos autres sites : APIE People : rencontres surdoués - Traces d'Histoire