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Le jour des fous

Edmund Cooper


Le jour des fous
Traduction : Gerard Colson, Xavier Mauméjean
Illustration : Eric Scala
Titre original : All fool's day
Première parution : 1966

 Pour la présente édition :

Editeur : Terre de Brume
Collection : Poussière d'étoiles
Date de parution : octobre 2008
ISBN : 978-2-84362-387-5

La critique du livre
Lire l'avis des internautes (4 réponses)

Terre de Brume a souvent l’excellente idée de rééditer de bons livres, ce qui est encore une fois le cas avec Le Jour des Fous d’Edmund

Cooper

. Une fois passé la couverture sobre et tout à fait à propos, on s’engage dans 288 pages aux pays des fous.

Nous sommes en 1971, en plein été, tout est ensoleillé, tout est beau, tout est calme. Étrangement, on constate une légère augmentation des suicides…Enfin légère, disons une augmentation notable. Puis l’été se prolonge, de façon anormale, et le taux de suicides atteint des sommets. Chose encore plus étrange, cette vague de suicides ne touche pas les excentriques et les gens un peu fous. L’ampleur de ce phénomène est tel que les scientifiques cherche sa cause et la trouve : ce serait les rayons Oméga d’éruptions solaires qui affecteraient la psyché humaine et révéleraient des pulsions de mort. Bientôt l’Angleterre, où l’histoire prend place, se vide de sa population et voit ses villes puis son système tomber en ruines au gré des morts qui s’entassent.
Greville est un homme ordinaire, enfin si on excepte qu’il a tué sa femme en projetant sa voiture contre le pilier d’un pont. Et peut-être de ce fait, il ne compte pas au rang des victimes, mais au rang des survivants. En pleine Angleterre où les chiens, les chats, les cochons ou encore les rats s’organisent en meutes, où l’homme doit se terrer ou bâtir sa propre harde, en cette Angleterre, Greville survit tant bien que mal lorsqu’en allant commémorer la mort de sa femme dans un Londres revenu à l’état sauvage, Greville tombe sur une femme étrange qui fuit une meute canine…

En quelques pages, Edmund

Cooper

dévoile une écriture fluide lui permettant d’introduire Greville et son passé mais surtout la fin du monde et de l’Angeleterre. Cette fin du monde d’ailleurs ne manque pas d’avoir quelque chose de très drôle, mais aussi quelque chose de très fort, c'est-à-dire d’essayer de changer les choses en partant du postulat que si la normalité a conduit l’homme là où il en est, essayons de donner le pouvoir au fous et aux excentriques, aux illuminés de tout bord pour voir ce qu’il en adviendra.

C’est un postulat assez excitant et qui permet bien de belles choses à

Cooper

, à commencer par la description d’une Angleterre en déliquescence, tant au point de vue sociétaire qu’au point de vue urbain. L’homme se raréfiant, les animaux reprennent leurs droits et

Cooper

ne manquera pas de nous décrire ce qu’il devient des chiens et autres rats dans un chapitre tout à fait excellent. Et à côté de ça on visite une Angleterre qui tombe en ruines, un Londres désert, un Londres ancien champ de Bataille, un Londres qui n’est plus que l’ombre de lui-même.

Outre ces belles pages, L’auteur va développer une histoire, bien qu’assez classique au final, qui est non seulement parcourue de personnages barrés, du prêtre jardinier entouré de ses « filles » garde du corps au général Alexandre version noir et nain en passant par un expert en psychologie des transnormaux (ainsi que se nomment les survivants), mais une histoire aussi bien garnie en divers groupuscules qui tentent de reconstruire leur « humanité » à eux. On y retrouvera des moines à tendance destructrice, des anarchistes convaincus ou encore des pseudo-moyenâgeux bellicistes.

C’est un roman désenchanté, une vision pessimiste qui un temps, on le croit, veut voir de manière optimiste une possible reconstruction de l’humanité. On craint un moment que l’auteur ne choisisse la facilité avec un happy-end convenu mais ce n’est pas le cas. Subtilement et intelligemment, la conclusion tirée est simple, fou ou normal, l’homme ne change pas ses vieilles habitudes, cette manie qu’il a inventé bien avant de faire du feu, cette habitude de s’entretuer.

Au final, il faut bien se rendre à l’évidence, bien entendu ce roman n’est pas un chef d’œuvre mais c’est une œuvre très recommandable et lucide. Si le roman peut verser dans des raccourcis faciles, on ne peut que se dire que déjà

Cooper

avait tout compris à l’homme, fou ou pas. C’est une fin du monde à la fois mélancolique, tragique et drôle, qui éclaire sur la nature de l’homme, de sa civilisation, une de ces fins qui suscite l’interrogation dans l’esprit de son lecteur. Si ce Jour des Fous est avant tout celui des illuminés, c’est aussi celui d’un grand auteur, trop peu connu sous nos latitudes, peut être un auteur fou dans un monde normal …ou ne serait-ce pas l’inverse ?
Le lecteur en sera seul juge…




Rappelez-vous l'été 1971. Un temps magnifique, une chaleur idyllique. Presque le paradis, n'étaient-ce ces nouvelles taches solaires apparues sur l'astre du jour, alors même que le taux de suicide augmentait de manière inquiétante un peu partout.
Et le merveilleux été s'est poursuivi une décennie entière, durant laquelle le Suicide Radieux a atteint des proportions gigantesques de par le monde, menaçant jusqu'à la survie de la race humaine. Seuls les fous, les artistes, les excentriques et autres psychopathes ont échappé à l'épidémie ; au point, bientôt de constituer une nouvelle — la seule — normalité.
Une normalité à laquelle Matthew Greville, survivant malgré lui dans ce monde devenu fou, espère encore prétendre...

Ce roman désenchanté est avec Le Jour des Triffides de Johne Wyndham et quelques autres, l'une des perles de la science-fiction catastrophique britannique. James Lovegrove, l'auteur de Days, lui a récemment rendu un évident hommage avec son Royaume désuni.

Edmund Cooper (1926-1982) a abandonné l'école à l'âge de quinze ans pour devenir cultivateur avant d'entrer dans la marine marchande britannique durant la Seconde Guerre mondiale. Dès 1946, alors qu'il vient d'embrasser la carrière d'enseignant, il commence à écrire, et voit bientôt paraître ses premières nouvelles. Il publiera par la suite presque un livre par an jusqu'à sa mort.


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