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lacroute

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La vieille anglaise et le continent

Jeanne-a Debats


La vieille anglaise et le continent
 Pour la présente édition :

Editeur : Actusf
Collection : Nagopi
Date de parution : 2ème trimestre 2026

La critique du livre
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Les Nouvelles Editions ActuSF ont inauguré, il y a peu, sous le titre générique de « Nagopi », une collection dédiée aux novellas de SF, de Fantastique et de Fantasy. On y trouve « La vieille anglaise et le continent » de Jeanne-A

Debats

. C’est une réédition de 2008, issue du catalogue Griffe d’Encre. Pour l’occasion, le titre en renaissance est agrémenté en postface d’une courte interview de l’auteure qui remet en actualité ses thématiques internes. C’est le troisième volume de la collection. L’ouvrage eut son heure de gloire en territoire SF, quand il fut couronné de prix (Julia Verlanger, Rosny aîné, Grand Prix de l’Imaginaire, Prix du lundi). La une de couverture est illustrée par Melchior Ascaride qui participe à chaque occurrence de la collection et que l’on croisa aux « Moutons Electriques ». La 4 de couv, en bas à droite, affiche la mention « Ce livre est 100% humain, sans recours à l’IA » ; des temps éditoriaux étonnants sont à venir. Là, on est prévenus et c’est légitime.. !

« La vieille anglaise et le continent » pourrait prendre place aux sommaires d’éditions réactualisées d’« Histoires écologiques » et « … de clones », en Livre de Poche, dans « La Grande Anthologie de la Science-Fiction », au titre des nouvelles significatives ayant exploré récemment ces thématiques. Mais son format, celui de novella, l’en empêche … mais ce n’est pas un défaut, bien au contraire, l’espace laissé à sa disposition lui convient à merveille.

La novella est un espace littéraire cher à la Science-Fiction. Le genre, par le passé, a su tirer des fruits succulents des limites qu’elle impose aux auteurs qui souhaite s’y essayer. C’est un format quantitatif qui se situe, en nombre de signes, à équidistance du carcan resserré de la nouvelle et du format plus classique du roman. L’hypertrophie digressive du cycle, parfois démesurée, lui est hors d’atteinte, appartenant à d’autres mondes où la crédibilité vient de la somme des détails accumulés. La novella autorise, sur le fil de postulats simples rapidement essorés de leurs conséquences, des territoires scénaristiques oscillant entre le strict nécessaire et la boulimie de mots des séries à rallonges. Face à face: d’un côté, économie d’idées et de mots ; de l’autre, effervescence de signes et intrigues boursoufflées. Ainsi, pour un auteur, au cœur d’une troisième voie, la novella offre la sensation d’encore prendre son temps entre, brièveté oblige, économie d’intentions et espaces littéraires infinis. Il y a sprint d’un côté, course de fond de l’autre ; au mitan se trouve une formule dans laquelle, ici, Jeanne-A

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va nous proposer « La vieille anglaise et le continent ». Elle s’y sent à l’aise. A nous d’en profiter… !

La novella qui nous occupe suit deux fils narratifs parallèles (dont l’un est à la première personne du singulier) qui, convergents et enchevêtrés au plus serré, n’occupent qu’une centaine de pages entre écologisme baleinier radical et sa contre-partie industrielle, hard sf biologique et poésie narrative, par instants, de toute beauté. Les postulats de départ sont passionnants et judicieux ; tout autant que d’actualité car l’on vient d’annoncer, ces jours-ci, la découverte d’un gigantesque cimetière de baleines dans l’Océan Indien. Le Continent imaginé par l’auteure ?

Mine de rien (mais est-ce, après tout, étonnant, le Sens of Wonder induit est si proche … !) nombre de romans SF, en backgrounds spectaculaires, mettent en scène des cétacés comme moteurs d’intrigues science-fictives: baleines et cachalots volants qui, en compagnie d’Hommes-Jonas, participent à « La Compagnie des Glaces » de G.J. Arnaud ; celles, spatiales, de « Baleinier de la nuit » de Robert-F. Young … et en cousins d’espèce, les dauphins de David Brin et de Robert Merle… etc. Jeanne-A

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, quant à elle, jette sur la thématique baleinière un regard d’eco-warrior en écho aux convictions de la « vieille anglaise » acariâtre et désabusée qu’elle met en scène. C’est une héroïne qui, à l’agonie d’un cancer généralisé, dans un ultime baroud d’honneur écologique, accepte « la transmission d’esprit », que la science lui propose, dans le dans le corps d’un grand cachalot male. C’est l’équivalent « homme/animal » du transfert « homme/clone » présent dans « Carbone modifié » de Richard Morgan, « La jungle hormone » de Robert Reed, « « Reconstitué » de Sean Williams…). « La vieille anglaise » s’y résigne à deux doigts de l’ultime instant de bascule entre vie et mort, comme solution transhumaniste vers le bonus de vie, de bouts de survie en bouts de survie, voire l’immortalité. Un esprit donneur à un corps receveur, d’un être à l’agonie vers un corps ô combien différent … l’ébauche de moyens de lutte nouveaux au profit d’une espèce en voie de disparition.

La suite, pour ne pas spoiler, appartient à un récit … à qui est offert une deuxième vie à l’usage des lecteurs qui, comme moi, sont passés à côté de la première… Ils ne regretteront pas d’être passés par là...






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