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solaris

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La maison des feuilles

Mark Z. Danielewski


La maison des feuilles
Traduction : Claro
Illustration : Eric Scala
Titre original : house of leaves

 Pour la présente édition :

Editeur : Denoël
Collection : Denoël et d'Ailleurs
Date de parution : 2002
ISBN : 2.207.25200.0

La critique du livre
Lire l'avis des internautes (8 réponses)

L'idée du labyrinthe, creusée jusqu'à l'épuisement, sous tous ses aspects. c'est le thème de ce livre très spécial et très beau esthétiquement. L'auteur se perd dans les méandres de son idée et le lecteur s'y perd aussi, avec effroi. L'originalité de l'oeuvre est multiple:
D'abord l'histoire, Johnny commente le livre de Zampano qui commente le film de Navidson. Johnny est un junkie mal dans ses baskets et perdu dans ses cauchemars, il met dans ses commentaires son journal intime, qui s'imbrique dans les chapitres.
Zampano a regroupé beaucoup de notes érudites et de témoignages autour du film et de la notion de labyrinthe, Il fait aussi des inventaires déments comme si le film l'avait rendu fou.
Navidson vit et filme une aventure troublante, il découvre que sa maison est plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur, puis qu'elle renferme de nouveaux couloirs, pièces, escaliers, dans l'obscurité totale. D'expedition en expedition, on comprend que cette maison fantastique n'a pas de sens, ni de début, ni de fin , elle est en constante mutation, sans aucune logique compréhensible. Les explorateurs y vivent des expériences proches de la folie, simplement par la solitude, l'angoisse ou l'obscurité ( amateur de grand guignol s'abstenir ).
Ensuite l'édition, Chaque page du livre est imprimée de façon différente, en rond, en carré, en biais, en changeant de typo, un exploit, la seule constante est le mot maison toujours en bleu.
Enfin la construction, Il y a 467 annexes en bas de pages. et de la 547 à 709 s'accumulent citations, documents, photos, lettres, poèmes, bref tout un bric à brac de textes et d'images qui sont censés nous éclairer et qui nous perdent encore plus.
L'auteur a mis douze ans à écrire ce "roman labyrinthe", qui est tout sauf superficiel. c'est une expérience vraiment surprenante pour le lecteur. Je vous conseille vivement d'essayer, c'est intelligent et bien pensé, et puis je n'ai pas vu le minotaure alors, pas de danger!
une image d'une des pages :
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« Je fais encore des cauchemars. D'ailleurs, j'en fais si souvent que je devrais y être habitué depuis le temps. Ce n'est pas le cas. Personne ne s'habitue vraiment aux cauchemars. .. Ainsi parle Johnny Errand au seuil de cette Maison des feuilles, et de poursuivre sa mise en garde : « Ça ne se produit pas immédiatement, mais sans prévenir vous vous apercevrez que les choses ne sont pas telles que vous pensiez qu'elles étaient. Livre subversif, livre défendu, le lecteur est prévenu... et bien entendu tenté.

Dans son introduction, Johnny explique comment il a trouvé un mystérieux manuscrit à la mort d'un vieil homme aveugle, décidé de le mettre en forme et de l'annoter de façon très personnelle. Le texte se présente comme un essai sur un film, le Navidson Record, réalisé par Will Navidson, un photoreporter, lauréat du prix Pulitzer. Will, qui vient d'emménager avec sa famille dans une maison en Virginie, filme son installation, réalisant une sorte de "home movie". Tout s'annonce bien jusqu'à ce qu'il découvre une pièce qui jusqu'alors n'existait pas. Passé l'étonnement, il se rend à une évidence troublante : la maison est plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur. Navidson tente d'explorer les lieux mais, après avoir manqué se perdre, il engage des explorateurs professionnels. L'horreur commence alors. Aussi bien pour les membres de l'expédition que pour le lecteur - lui-même égaré dans le dédale des notes qui envahissent les pages comme un lierre maléfique. Que cache la maison? Quel est ce grondement qu'elle émet de temps en temps? Pourquoi Johnny a-t-il ces cicatrices ? Pourquoi le manuscrit de Zampanô semble-t-il le rendre fou?

A la fois jeu de piste, récit fantastique, dérive personnelle, essai faussement académique, La Maison des feuilles a pour effet de changer progressivement le lecteur en apprenti sorcier, monteur de salle obscure, détective amateur, spectateur. Une lecture littéralement habitée.



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