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Je fais remonter cette critique parce que :
1. je viens de finir la Cité du Soleil
2. le livre mérite qu'on discute un peu de lui
"La Cité du Soleil", qui ouvre le recueil, est à mon avis ratée. Clairement, le récit est un prétexte pour nous parler de CAMPANELLA, et un peu aussi, de Ugo Bellagamba lui-même(difficile de ne pas l'associer au personnage de Paul). Trop didactique, trop rigide (en témoigne le développement mécanique autour du poème), le texte peut susciter un intérêt purement intellectuel, mais pas la passion. Une erreur, qui heureusement ne risque pas de se reproduire (à moins que Bellagamba ait d'autres mémoires de DEA sous le coude, mais ce serait étonnant).
La suite est nettement mieux.
"L'Apopis républicain" est un mélange original de space op et d'uchronie, qui sert de toile de fond à une réflexion sur le totalitarisme de droit divin, mais aussi et surtout sur la révolution, son bien-fondé et ses conséquences (cf. le titre, Apopis étant un dieu égyptien destructeur). Quelques défauts encore, notamment une propention à privilégier le dialogue pour donner le background, procédé à mes yeux assez artificiel. Mais l'ensemble est riche, ambitieux (c'est vraiment le mot qui vient à l'esprit), et plaisant à lire avec ça.
"La stratégie Alexandre" évoque le devenir de la république. Bien moins réussie, cette nouvelle souffre de nouveau de ce côté trop didactique observé dans la Cité du Soleil. Le personnage principal et narrateur a une psychologie trop "expédiée" à mon goût (sa relation avec son frère est un peu "cliché").
Mais de nouveau, j'ai apprécié le mélange histoire/space op.
"Dernier Filament pour Andromède" est un récit philosophico-space-op de hard-science (désolé, c'est la meilleure description que je puisse trouver). Au début, on rame sévère: les personnage sont des être d'énergie désincarnée, vivant sur des échelles de temps et d'espace innaccessibles à nos perceptions. Mais on s'accroche, et on n'est pas déçu. C'est fort intelligent, remarquablement construit, et la reflexion de fonds, mélant histoire, pouvoir, mémoire collective et devenir de l'espèce, rend le récit captivant. Un texte difficile mais réussi.
Conclusion personnelle: cet ouvrage est un laboratoire. Ugo Bellagamba est un auteur débutant mais prometteur. La postface, "de la nécessité de faire ses gammes", présente un auteur conscient de ses faiblesses (notamment stylistique), qui nous dit en substance qu'il va s'entraîner, et qu'il espère bien que ce sera de mieux en mieux.
Vous faites ce que vous voulez, mais moi, je vais garder un oeil sur ce Bellagamba. Un oeil attentif...
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