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Gui

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Yoshikazu Yasuhiko

Jaburo 2ème partie


Jaburo 2ème partie
Traduction : Daniel Andreyev
Première parution : novembre 2004
Série : Mobile suit gundam: the origin (T. 8)

 Pour la présente édition :

Editeur : Pika
Collection : Shônen
Date de parution : mars 2008
Nombre de pages : 256
ISBN : 978-2-84599-826-1

La critique du livre
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Le White Base parvient enfin à Jaburo. Alors que Bright et Mirai font un rapport détaillé aux officiers de la base, l’équipage passe une visite médicale où Amuro subit des examens très poussés. L’État-major de la Fédération promeut beaucoup de membres d’équipage du White Base à divers grades, y compris les civils réfugiés. Seila reconnaît les médicaments que les chercheurs ont prescrit à Amuro et lui conseille d’abandonner ce traitement, ainsi que de ne plus se soumettre aux analyses des chercheurs…

Du côté de Zeon, Char et ses hommes infiltrent Jaburo alors que le chef de la garnison du secteur prépare une attaque par voie aérienne. Au petit matin, les jeunes protégés de FrauKikka, Letz et Katz – s’enfuient de la garderie et arrivent dans le hangar des mobile suits que la Fédération a produit en série à partir des performances du Gundam ; mais les commandos de Zeon ont farci ce bâtiment d’explosifs. Les enfants mettent les bombes dans un véhicule qu’ils parviennent à conduire hors du hangar : très vite, ils sont retrouvés par les adultes à leur recherche qui prennent la situation en main.

Pendant ce temps, les hommes de Char s’emparent d’une salle de contrôle d’un des portails d’accès de la base et ouvrent le passage à leurs camarades en divisions blindées et aéroportées. Mais ces derniers se heurtent aux mobile suits de la Fédération qui contre attaquent en masse. Perdus dans cette installation gigantesque qu’ils ne connaissent pas, les attaquants sont vite repoussés vers une zone de la base en travaux où ils tombent dans un piège sanglant improvisé par les officiers de Jaburo. Dans les docks, le commando dirigé par Char s’attaque aux vaisseaux parqués là : Amuro intervient et, avec l’aide de quelques soldats de Jaburo aux commandes de véhicules blindés, il parvient à repousser Char.

Alors que les derniers mobile suits de Zeon sont achevés, des soldats inspectent les alentours de la base pour s’assurer qu’il n’y subsiste plus aucun ennemi : ainsi Seila croise-t-elle Char, qui lui ordonne de quitter la Fédération et le bord du White Base au plus vite, sous peine de périr au combat elle aussi. L’arrivée de Mirai coupe court à leurs retrouvailles, et Char disparaît dans les ténèbres en laissant Seila seule avec ses pensées…


Si jusqu’ici nous avions eu l’occasion d’observer la Fédération que de façon indirecte, à travers les instructions que celle-ci faisait parvenir au White Base tout au long de son périple, ce tome nous donne enfin l’occasion de voir les choses de l’intérieur. Et la première idée qui s’en dégage est que les choses n’y sont pas forcément très différentes de chez Zeon

Par exemple, les tests médicaux que subit Amuro restent exempts de toute considération à l’égard du « patient » comme il devrait pourtant être le cas dans toutes les nations qui se réclament de la démocratie. Les habitués de la franchise ne s’en étonneront pas d’ailleurs, surtout ceux d’entre eux qui ont vu Zeta Gundam et qui savent très bien ce que les chercheurs de la Fédération ont pu faire à Rosamia Badam ou Four Murasame… Mais les expérimentations en sont encore ici à un stade assez embryonnaire de sorte qu’on peut ainsi constater le désarroi des savants fédéraux devant ce fameux « concept newtype » qui leur échappe totalement, du moins comparé à l’état des recherches à l’Institut Flanagan de Zeon dont il est du reste fait mention pour la première fois de l’histoire dans ce volume ; on ne s’étonne pas non plus de voir les chercheurs jeter le blâme sur les politiciens et les militaires, ce qui permet au passage de comprendre d’une part que la Fédération ne fait pas vraiment bien cas des progrès scientifiques et technologiques, et d’autre part qu’elle a encore une fois un sérieux train de retard sur ses ennemis : ainsi comprend-on mieux comment le Duché de Zeon a pu tenir la dragée haute à ses ennemis durant les deux premiers tiers de la guerre alors que la Fédération avait pourtant accès à bien plus de ressources, dans tous les sens du terme.

C’est aussi l’opportunité de voir d’un peu plus près ce qui trotte vraiment dans la tête d’Amuro et qui reflète bien les diverses angoisses du jeune homme passé en l’espace de quelques semaines à peine de simple lycéen à pilote d’élite, avec tout ce qu’implique un tel chemin nécessairement pavé de larmes et de sang ; un passage de la narration qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant car, si on en croit le docteur Freud, les rêves servent entre autre d’exutoire aux angoisses et au stress en demeurant ainsi un des meilleurs remparts naturels contre les pathologies mentales. Mais la meilleure aide que reçoit Amuro vient encore de Seila car les études en médecine de cette dernière lui permettent de reconnaître le traitement prescrit par les chercheurs au pilote du Gundam comme un puissant psychotrope, c’est-à-dire une médication capable de modifier les perceptions, les sensations, l’humeur et la conscience, c’est-à-dire la personnalité et donc le comportement… À ce stade, il est devenu assez clair qu’Amuro est bien moins un patient qu’un cobaye ce qui en dit assez long sur les méthodes de la Fédération.

On en trouve un autre exemple, particulièrement flagrant, dans les diverses promotions attribuées à certains membres de l’équipage du White Base, et surtout celles qui échoient aux pilotes civils de mobile suits. En se retrouvant ainsi promus à un grade qu’aucun d’eux n’a demandé, ils font de facto partie de l’armée sans pour autant s’être portés volontaires. Ce qui n’est ni plus ni moins qu’un enrôlement de force, d’autant plus que ces civils sont tous mineurs et donc ne peuvent être appelés sous les drapeaux comme ce serait le cas lors d’une mobilisation générale. Bien sûr, ces jeunes gens ont eu accès à des éléments militaires classés top secret au cours de leur périple depuis Side 7, de sorte que l’État-major de la Fédération n’avait le choix qu’entre cet enrôlement forcé et une isolation – quelle que soit la forme de celle-ci – pour éviter toutes fuites de données sensibles vers des agents de Zeon mais le fait est qu’on ne leur a à aucun moment donné le choix, ce qui laisse pour le moins dubitatif de la part d’un état qui prétend combattre la tyrannie.

Aussi le comportement de Zeon peut-il étonner en comparaison, car au lieu d’user de la force pour extirper d’une tribu locale les renseignements nécessaires afin de s’infiltrer dans Jaburo, Char choisit de négocier avec le chef des autochtones : si ce n’est plus vraiment surprenant de sa part à ce stade du récit, ce détail souligne néanmoins davantage la complexité d’un personnage décidément bien en porte-à-faux des clichés du « méchant ». De plus, le dialogue entre Char et le chef de la tribu laisse clairement penser que la relation entre ces deux hommes est assez ancienne, ce qui cadre bien avec divers éléments de l’histoire présentés dans les tomes précédents et permet de constater que l’ensemble du scénario n’a pas été improvisé au petit bonheur la chance mais a au contraire été bel et bien échafaudé avec soin. Enfin, c’est aussi l’occasion de capter les premiers détails de la philosophie de Zeon Zum Deikun qui a, bien malgré elle, précipité la sphère humaine dans l’horrible tragédie qu’est la Guerre d’Un An. Mais les tomes suivants nous donneront quelques occasions d’examiner plus en détails cet aspect majeur du récit…

Signalons aussi, après un passage assez long impliquant les trois orphelins Kikka, Letz et Katz et qui se veut nécessairement comique ou en tous cas peu sérieux, comme il l’était déjà dans la série originale d’ailleurs, signalons le comportement pour le moins abject des pilotes de mobile suits de la Fédération après que la manœuvre ourdie par l’État-major de la base ait anéanti l’attaque de Zeon : en dépit des directives du Général Revil, les pilotes fédéraux ne montrent aucune compassion envers leurs ennemis pourtant de toute évidence incapables de riposter, et dont certains montrent même très clairement leur volonté de cesser toutes formes d’hostilités. C’est un massacre méthodique, froid et sans aucun scrupule – une extermination, donc – qui se produit dans les tréfonds des souterrains de Jaburo, ce qui en retour scelle de façon définitive l’opinion du lecteur sur le camp auquel appartiennent pourtant les principaux héros de l’histoire. À la décharge des pilotes fédéraux, on peut toutefois avancer l’hypothèse que ces hommes ont saisi l’occasion qui s’est présentée à eux de prendre enfin leur revanche sur cet ennemi qui, jusqu’à présent, s’était montré quasiment invulnérable ou en tous cas impossible à arrêter. La guerre, après tout, n’est jamais que le règne des passions les plus obscures et Gundam n’a jamais failli dans leur représentation…

Enfin, deux derniers éléments méritent d’être mentionnés. Le premier, plutôt anecdotique mais néanmoins assez intéressant, se trouve dans l’aspect désormais « légendaire » qu’a acquis le Gundam, tant auprès des soldats fédéraux que de ceux de Zeon : en effet, lors de la riposte des troupes de Jaburo, les attaquants confondent les mobile suits de la Fédération (des appareils de type GM – pour Gundam Mass-produced) avec le Gundam lui-même, ce qui a pour effet immédiat d’induire un sentiment de pure terreur chez les pilotes de la Principauté – terreur qui joue bien entendu un rôle non négligeable dans le succès des défenseurs. Ce détail de la narration démontre très bien combien les soldats de Zeon ont appris à craindre le mobile suit d’Amuro, ce qui est un revirement pour le moins spectaculaire après neuf mois de victoire écrasante contre la Fédération et à peine quelques semaines depuis l’entrée du Gundam dans la guerre. Le second élément à mentionner pour finir concerne une simple réplique de Seila à Char dans laquelle elle lui fait savoir qu’elle a compris pourquoi il travaille pour Zeon : s’il y a fort à parier que cette révélation ne laissera pas le lecteur indifférent, elle reste néanmoins encore assez sommaire ; mais ce détail arrive malgré tout à point nommé car c’est précisément dans le tome suivant que toute l’histoire de cette fratrie commencera à être révélée, et dans les moindres détails qui plus est.

Pour le plus grand plaisir des aficionados, ce flashback s’étalera sur de nombreux volumes et présentera des éléments de l’histoire jusque là laissés à l’imagination du spectateur, quelles que soient les itérations du récit qu’il a pu connaître. S’y trouveront aussi expliquées en détail toutes les origines de la Guerre d’Un An, depuis la présentation du « concept newtype » de Zeon Zum Deikun jusqu’à l’éclatement du conflit en passant par la montée progressive des tensions politiques avec la Fédération et le coup d’état de la famille Zabi, entre autres. Si avec tout ça vous n’avez pas envie d’en savoir plus…

Les +

- scénario riche en péripéties et en rebondissements
- le camp des « gentils » est montré sous son vrai jour
- la conclusion est particulièrement alléchante

Les -

- bien que fidèle à la série originale, un passage comique tend à nuire au réalisme du récit…




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