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Gui

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Geof Darrow (dessin), Frank Miller (scénario)

Hard Boiled t.1


Hard Boiled t.1
Mise en couleurs : Claude Legris
Titre original : Hard Boiled
Première parution : 1990
Série : Hard boiled (T. 1)

 Pour la présente édition :

Editeur : Delcourt
Collection : Conquistador
Date de parution : novembre 1990
Nombre de pages : 46
ISBN : 2-906187-50-X

   

Planche intérieure
Je vais être très honnête : je n’aime pas du tout le style graphique de Geof Darrow. Son sens du détail – qui donne l’impression assez claire de confiner à la schizophrénie, ou quelque chose de cet acabit – me semble hors de propos dans le registre du comics, et même de la BD en général. Si je n’ai rien contre les artistes qui détaillent leur travail, je trouve que dans ce cas précis l’artiste en fait trop : il en résulte des images souvent confuses, où l’œil du lecteur se perd dans des éléments en fin de compte peu importants et qui distraient plus que ce qu’ils informent…

Bien sûr, cette remarque n’enlève rien à l’immense talent de Darrow, et qu’il ait longtemps travaillé dans l’animation est un gage de qualité – surtout quand on sait quel niveau de dessin exige une telle industrie. Mais on se retrouve ici dans un cas d’école, dans le sens où Darrow refuse la compromission et au lieu de ça impose sur un média donné – le comics – une norme qui correspond à un autre média – l’animation. Sa volonté était peut-être d’expérimenter, ce qui est immensément respectable, mais le résultat final reste pour le moins sujet à caution (1).

Car ici la profusion de détails rend impossible une colorisation réellement informative : si la mise en couleur permet en général de pallier à certaines « carences » du trait (2), en soulignant les contrastes à partir desquels l’œil parvient à discerner les volumes et donc les espaces (3), un tel travail est ici impossible à réaliser compte tenu de l’immense quantité d’éléments à coloriser. Il en résulte des couleurs hâtivement disposées à grand coup d’aplats sur de larges surfaces et qui noient les détails en rendant ainsi leur lecture encore plus difficile.

En bref, Darrow est un dessinateur au sens strict du terme : tout l’art chez lui se résume au trait et rien qu’au trait, ce qui suffit pour dire qu’il n’est pas un plasticien – rien de répréhensible jusque-là – mais surtout que ses planches manquent singulièrement de mouvements – ce qui est déjà plus dommageable, surtout pour une production de ce genre, c’est-à-dire très musclée. Car mis à part quand il décide de représenter l’action sur un fond vide, ou de l’augmenter d’une explosion aux couleurs vives, celle-ci devient presque invisible.

Quant au scénario, il surprend par une linéarité et une simplicité auxquelles Frank Miller ne nous avait pas habitué. Néanmoins, le récit dispose assez vite des éléments dont le mystère qui s’en dégage attise la curiosité du lecteur, mystère qui atteint son apogée au milieu du volume en impliquant toute la famille du personnage principal à travers une scène pour le moins surprenante. Puis l’histoire embraye sur une course-poursuite haute en couleurs, action et ultra-violence dont la conclusion laisse bien assez de suspense pour vouloir se jeter sur la suite…

(1) je rappelle que Kia Asamiya, par exemple, fut lui aussi animateur avant de devenir mangaka : toute la différence avec Darrow est qu’Asamiya parvient à garder son travail lisible, même sans utiliser de couleurs, en acceptant d’adapter sa touche graphique au support de la narration graphique qui n’a fondamentalement aucun rapport avec l’animation.

(2) j’utilise des guillemets car de telles carences sont en général volontaires : dans de tels cas, l’artiste dessine en sachant très bien qu’une mise en couleur suivra qui comblera les manques en finalisant le dessin ; ce n’est donc pas une carence au sens négatif du terme.

(3) j’invite ici le lecteur à consulter la première partie de mon tutorial sur les techniques d’éclairage en level design s’il souhaite en savoir plus sur le sujet de l’importance des contrastes dans les représentations picturales.


Note :

Cette courte série valut au tandem Darrow/Miller un Prix Will Eisner en 1991, pour la meilleure équipe Scénariste/Dessinateur.




Il s’appelle Seltz. Carl Seltz.

Il est enquêteur en assurances.

Une femme, deux enfants, trois hypothèques sur son appartement en banlieue… La belle vie.

Alors, pourquoi Carl Seltz fait-il des rêves si violents, où il se voit livrant des combats sans merci dont il sort aux trois-quarts détruit ?

En définitive, la vie de Carl Seltz – à moins qu’il ne s’appelle Carl Burns, ou encore Harry Seltz ? – pourrait bien ne pas être aussi ordinaire qu’elle le paraît…




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Critique enregistrée le 23 juillet 2010 à 14h20     (mise à jour le 27/07/2010 à 19h30)

Science-fiction

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