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Olivier

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02/09/2004
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Elle qui chevauche les tempêtes

George R. R. Martin

,

Lisa Tuttle


Elle qui chevauche les tempêtes
Traduction : Patrick Marcel
Titre original : Windhaven
Première parution : 1999

 Pour la présente édition :

Editeur : Denoël

La critique du livre
Lire l'avis des internautes (11 réponses)

Il est des livres qui se font attendre.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que celui-ci en est un de premier choix : 18 ans pour la traduction française, puis presque 8 ans de plus pour le voir arriver en poche !
La couverture indique qu’il s’agit d’un roman, alors que nous sommes en fait dans un fix-up entre trois novellas avec un personnage récurent, encadrées par un prologue et un épilogue.
Passées ces considérations de forme, intéressons-nous à la substantifique moelle du fond.
Cela fait 700 ans qu’un vaisseau humain s’est écrasé sur la planète où se déroule l’intrigue. Jamais nommée ni située, nous savons simplement qu’elle est avant tout aquatique, parsemée d’îles et d’îlots et battue de forts vents marins.
L’humanité s’est rapidement scindée en deux castes totalement hermétiques. La basse caste des " Rampants ", qui sont souvent agriculteurs ou pêcheurs. La haute caste étant celle des " Aériens ", qui volent grâce aux ailes que leur ont transmis leurs parents. Tout est décidé à la naissance, et seules de rares adoptions peuvent faire passer un rampant à la caste des aériens, pour peu que ses parents adoptifs n’aient pas de descendant.
C’est un peu ce qui arrive au personnage fil rouge des trois novellas, Mariss. Née dans une famille de rampants, elle ne rêve que de voler. Adoptée par l’aérien Russ, elle va pouvoir réaliser ce rêve, jusqu’à ce que le fils naturel de ce dernier devienne majeur. Dès lors, Mariss n’aura d’autre choix que de redevenir une Rampante.
La première novella raconte donc sa révolte contre le code strict de cette société féodale. Elle va tenter d’imposer son point de vue : donner les ailes aux plus méritants. Comme le monde est beau et les humains gentils (au moins dans le livre). Seule (ou presque) contre tous et contre la tradition, elle va quand même réussir à l’emporter. Comme ça, juste parce qu’elle a du charisme, et que personne n’avait a priori eu l’idée avant elle.
C’est vraiment trop gentillet pour que le lecteur puisse vraiment y croire.
Avec la victoire de Mariss, on va voir fleurir les écoles d’apprentis, dont le but sera de devenir des Aériens. C’est justement le sujet de la deuxième novella, centrée sur les personnages de Mariss et surtout de Val. Apprenti hautain et cassant, ivre de revanche sociale, Val ne rêve que de s’arracher à sa condition de Rampant. La principale réussite du texte tient à la personnalité de Val, mais aussi aux conséquences de la révolution de Mariss. Les Aériens de naissance acceptent mal de devoir mériter ce qu’ils pensent leur être dû. Tout n’est donc pas si rose, mais nous sommes bien loin de la moindre noirceur, qui sied pourtant si bien à

TUTTLE

en solo.
Le troisième texte, le plus longuet, nous conte le déclin de Mariss, blessée suite à un accident de vol, tandis que les tensions se font de plus en plus vives entre Aériens et Rampants. Enfin vient l’épilogue et le lecteur peut clore cette science-fantasy.

Qu’en penser ?
Tout d’abord, que le prologue et l’épilogue sont passablement superflus. Mariss est un personnage sympathique, certes. Mais les autres personnages, si l’on excepte Val, manquent singulièrement de consistance. La psychologie des personnages, en particulier Mariss et Val, est trop basique et gentillette pour que l’on puisse vraiment s’identifier à eux. Nous sommes bien loin des personnages torturés que l’on trouve habituellement chez

TUTTLE

.
La société est très rapidement brossée, et aurait gagnée à être plus approfondie. Quant à la forme, en fait de roman, les trois novellas se lisent plutôt de façon indépendante, comme trois épisodes distincts, trois époques différentes de la vie de Mariss : l’enfance, la maturité et le déclin. Le roman manque donc passablement de liant.
Au final, nous avons trois novellas qui se lisent sans déplaisir, dont l’écriture et la traduction sont même agréables. Un bon divertissement vancien (on pense à "Un monde d'azur"), mais vraiment rien de plus. Point de réflexion politique, à l'instar de LE GUIN ("Les dépossédés"), alors que le livre aurait pu s'y prêter à merveille. Rien de plus qu'un divertissement donc, mais rien de moins non plus. Si, dans notre monde de brutes, le cœur vous en dit…




"Mariss chevauchait la tempête à trois mètres au-dessus de l'eau, domptant les vents de ses larges ailes en métal tissé. Elle volait, féroce, intrépide, ravie par le péril et le contact des embruns, indifférente au froid. Le ciel était d'un menaçant bleu de cobalt, les vents montaient, et elle avait des ailes ; cela lui suffisait. Si elle mourait à l'instant, elle mourrait heureuse, en vol."
Sur une planète océane, où les naufragés venus de la Terre se sont divisés en deux castes : les « Rampants » et les « Aériens », Mariss la rampante a appris à voler et ne vit désormais que pour cela. Mais voici qu'elle doit rendre ses ailes car telle est la tradition, elle doit les laisser à Coll, le fils de son mentor, qui lui ne rêve que d'une chose, devenir barde. Mariss saura être plus forte que la tradition, plus forte que tous les autres, car c'est elle qui chevauche les tempêtes et nul autre.

Récit d'une lutte passionnelle, magnifique aventure aérienne, Elle qui chevauche les tempêtes est l'unique collaboration de George R.R. Martin et Lisa Tuttle.

George R.R. Martin est l'auteur de plusieurs romans de science-fiction remarquables, comme Armageddon Rag, L'Agonie de la lumière. Mais c'est avec les six tomes de sa série Le Trône de fer qu'il connaît enfin un succès mondialement mérité.
Lisa Tuttle a été abondamment publiée par Denoël : Le Nid, Gabriel, Futurs perdus. Au fil de son oeuvre, elle a su créer une série de personnages féminins plus impressionnants les uns que les autres.


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Cette critique est signée Olivier
5 réponses y ont été apportées. Dernier message le 26/06/2014 à 21h57 par Jim

Science-fiction

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