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Jim

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17/08/2005
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Chronomachine lente

Ian Watson


Chronomachine lente
Traduction : Elisabeth Vonarburg
Illustration : Keleck
Titre original : The very slow time machine
Première parution : 2ème trimestre 1981

 Pour la présente édition :

Editeur : J.C. Lattès
Collection : Titres SF

Ce livre est noté   (4/5 pour 1 évaluations)


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La critique du livre
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L' anglais Ian

Watson

fait partie de ces auteurs auxquels on associe spontanément un seul et unique ouvrage (qui plus est, son premier), L' enchâssement, référence majeur parmi les romans SF traitant le thème du langage.
Ne parurent pas moins, sous nos latitudes, douze autres de ses romans ainsi que deux recueils de nouvelles, dont cette Chronomachine lente.

En treize récits,

Watson

nous propose de nous interroger sur les limites de notre perception et nos représentations du monde, de nous confronter aux phénomènes astrophysiques les plus extrêmes et de faire quelques escales au Japon, pays où il enseigna.
Et si la tonalité d'ensemble est plutôt sombre, le plaisir de jouer avec les idées est manifeste et communicatif.

Ce recueil se compose des nouvelles suivantes :

Ton sang tel du lait : La Terre est recouverte d'une atmosphère si polluée qu'elle n'est que rarement percée par les rayons du soleil, lesquels ont leurs adorateurs, proches des chasseurs de tornades d'aujourd'hui. Les hommes sont séparés en deux castes : ceux qui rôdent au-dehors et sillonent à toute allure les autoroutes automatiques, et ceux qui se terrent dans des bâtiments aseptisés et font payer au prix cher les premiers pour les accidents qu'ils provoquent.
ça démarre sur les chapeaux de roues avec ce récit hallucinant sis dans un décor apocalyptique. Lendemains trés noirs et sortilèges du passé (avec la mythologie du dieu solaire aztèque Tezcatlipoca)...
Du grand oeuvre.

Sur un tabouret en bois d'étoile : un homme atteint d'un cancer en phase terminale ne voit son salut que dans les propriétés exceptionnelles du légendaire bois d'étoile. Un léger problème toutefois : le seul morceau dont il ait connaissance sert de tabouret au chef des terribles Moines-Yakusas...
Un court texte plein d'inventivité, aux reflets cyberpunks et au dénouement amer.

Agoraphobie an 2000 : Un astronaute japonais, sous surveillance télémétrique constante, est lâché dans le dernier espace ouvert de Tokyo.
L'homme oppressé par son cadre de vie et la technologie; une fin un peu convenue.

Une histoire d'amour programmée : Keï est hôtesse dans un cabaret où une technologie d'implantation de personnalité permet au client de passer la soirée avec le type de femme dont il rêve . Son mari, jeune homme d'affaire, l'a quitté parce qu'il s'était persuadé qu'il fallait qu'elle soit autre. Un soir, devenu client, et avec une certaine perversité, il choisira précisemment sa femme... Mais peut-on jouer impunément avec l'Amour ?
Quand les sentiments se brisent sur les conventions sociales et les rêves frelatés, une parabole belle et cruelle.

La fille qui était de l'Art : Un modèle s'illustre dans une forme d'art qui consiste à composer les tableaux des grands maîtres à l'aide d'accessoires et, surtout, de son propre corps. Une discipline exigente et livrée à la tyrannie du regard de l'autre ainsi qu'aux lois du marché.
Une réflexion sur l'Art et ses diktats, aux accents ballardiens.
Et une illustration "parfaite" de la Femme-Objet.

La belle convergence de nos amours géodésiques : La Catastrophe s'est abattue sur la planète sous la forme de champs de forces la segmentant en passant par les pôles, à la manière d'infranchissables méridiens. La géopolitique mondiale en est bouleversée et, à un degré plus intime, des êtres sont séparés. La plupart des gens s'accomodent tant bien que mal de cet état de fait; mais quelques uns, comme ce professeur nigérian et cette jeune japonaise romantique cherchent une issue et mettent cap sur le Pôle Nord.
Une splendide idée de science-fiction traitée avec rigueur et poésie.
Magistral.

Rêves d'immunité : Un chercheur est obsédé par le rôle du cancer dans l'organisme humain et un lien qu'il croit déceler avec la théorie des catastrophes de René Thom. Il est persuadé qu'il va développer la maladie et que le remède réside dans une nouvelle approche de mécanismes subconscients. Ses manies mettront en péril son équilibre personnel et relationnel.
Des questionnements intéressants par leur interdisciplinarité mais une fin plutôt abrupte.

Mon âme à la nage dans un bocal à poisson rouge : Atteint de violentes quintes de toux, un quidam crache son âme dans le lavabo. A quoi ressemble une âme ? A rien de grandiose ou d'éthéré, juste une petite chose molle qui gigotte telle un têtard.
Kafkaïen, simple et fort. Une belle nouvelle tragi-comique.

Les réfugiés de Roentgen :Une étoile proche de la Terre a explosée, l'irradiant d'une dose massive de rayonnements cosmiques. Une petite partie de la population (essentiellement blanche et riche, pourvue des moyens de se protéger) a survécu et arpente les cendres du monde ancien.
Un texte ouvert, à l'ambiance millénariste.

Nos rêves renversés : Quarante ans après le premier acte de colonisation, une expédition de contrôle vient se rendre compte des progés accomplis sur une planète lointaine, et constate, étonnée, une stagnation sinon une régression. Un échec qui ne peut être dû aux insaisissables autochtones des lieux, au comportement si pacifique...
Ce récit à l'idée de départ très classique sert à démontrer que les humains, conquérants de l'espace, restent en proies au temps.

De la cuisson du Héros-Prime au printemps : D'affables extraterrestres modeleurs d'argile sont le sujet d'étude d'une équipe de savants terriens qui n'ont de cesse de s'interroger sur leur étrange langage, lequel ne semble formé que d'un seul mot !
Une histoire d'ethnoSF qui permet à l'auteur d'approcher son violon d'Ingres, la linguistique. Décalé et plaisant.

L'horizon évènementiel : Au coeur du trou noir, au-delà du "décalage infini vers le rouge", réside "l'horizon évènementiel", un (non-)lieu où toute physique et toute logique telles que nous pouvons les concevoir n'existent plus. Un endroit où nul système pensant, nécessitant un minimum d'organisation, ne saurait vivre. Et pourtant...
Un audacieux voyage dans l'inconscient collectif.

La machine à voyager très lentement dans le temps : Un chronoscaphe apparaît subitement dans un laboratoire de recherche et se met à reculer très lentement dans le temps. Son occupant fait objet de toutes les attentions et, bientôt, d'une véritable adulation.
Narré sur un mode factuel avant de prendre des inflexions messianiques, une nouvelle drôle d'abord, inquiétante ensuite.

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Paradoxal, cérébral mais aussi poétique, Ian

Watson

de belles dispositions pour la forme courte.
Il serait bienvenu que les éditeurs pêchent pour nous d'autres de ses perles, qu'elles tirent leur éclat des profondeurs de l'inconscient ou de l'espace entre les étoiles.




(1990) La Machine à Voyager Très Lentement dans le Temps, pour plus de commodité la MVTLT, fit sa première apparition à midi exactement, le 1er Décembre 1985, dans un espace inoccupé au Laboratoire National de Physique. Elle signala son arrivée par une détonation violente, et une rafale de vent. Ce fut un moment d'extrême confusion, et la confusion persista puisque l'occupant de la MVTLT se trouvait être non seulement dans un flux temporel inverse du nôtre, mais encore dans la démence la plus totale !
Un recueil de treize nouvelles fascinantes, pleines d'inventions, d'audace, de paradoxes originaux, de gags brillants.


Ian Watson né en 1943 est l'un des maîtres de la science-fiction britannique. Après avoir enseigné l'anglais en Tanzanie et au Japon, à Tokyo, il s'installe à Oxford. Depuis la révélation de son premier roman, L'Enchâssement, il vit de sa plume. Il a déjà publié dans Titres/SF Orgasmachine.


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L'enchâssement   

L'enchâssement

    

Ian Watson



Cette critique est signée Olivier
4 réponses y ont été apportées. Dernier message le 01/04/2017 à 19h15 par BouquetdeNerfs

Science-fiction

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