Niogret
doublement récompensées par le Grand prix de l’imaginaire et le Prix des imaginales. Au risque de se répéter, mais autant enfoncer le clou, Jean-Philippe Jaworski et JustineNiogret
sont à mon avis les têtes de pont d’une « école » de fantasy française qui ne dit pas son nom et dont la principale vertu réside en une revivification de la langue françaiseportée par le parler médiéval et l’exploration des mythes chrétiens voire scandinaves. L’auteur de ces lignes garde en mémoire les premiers paragraphes de La guerre du feu dictés jadis en classe de 6ème et ce n’est pas folie d’imaginer que les textes des deux écrivains précités fassent l’objet du même traitement au profit des nouvelles générations.Chien du Heaume est le surnom d’une mercenaire qui subsiste en faisant le commerce de peaux ou en offrant ses services de guerrière. Elle a acquis une certaine expérience dans le maniement de la hache et un archer dépêché par un commanditaire inconnu pour l’éliminer en fait la désastreuse expérience dès le premier chapitre. La jeune femme arpente un monde évoquant un haut Moyen-Age que la chrétienté n’aurait pas encore conquis, même si l’on y trouve à l’instar de La Sonde et la Taille quelques moines esseulés ou regroupés en rares confréries. Tout est Bois et Hivers rigoureux dans ce rude univers que Chien du Heaume parcourt animée par une quête, celle de son nom. Quelques rares souvenirs et l’image des serpents entrelacés gravés sur son arme entretiennent ses errances à défaut de lui fournir des pistes sérieuses. C’est ainsi qu’elle trouve refuge dans le castel du seigneur de Broe.
Ce qui aurait pu constituer l’achèvement d’une Geste s’éparpille alors en récits enchâssés d’hommes de guerre vieillis, cloitrés dans l’hiver et les souvenirs, malgré l’ire d’une fillette trop tôt mariée et résolue à se venger. L'écriture est envoutante et on se souviendra de quelques beaux personnages et de cet aphorisme « L’amour ne se love en cœur que pour mieux y mordre ».
















